Miser sur les sciences pour lutter contre la pauvreté

Quelques jeunes filles de Saint-Henri et de La Petite-Bourgogne membres de l'organisme Les scientifines participent à un atelier sur les télécommunications.

Quelques jeunes filles de Saint-Henri et de La Petite-Bourgogne membres de l'organisme Les scientifines participent à un atelier sur les télécommunications.

Crédit : Les Scientifines

En 5 secondes

Le projet des Scientifines fête ses 30 ans et ne cesse de grandir.

Valérie Bilodeau est directrice générale de l’organisme sans but lucratif Les scientifines depuis huit ans. Elle connaît bien l’organisation, puisqu’elle a fait partie durant plusieurs années de l’équipe des intervenantes de ce projet qui vise à lutter contre la pauvreté chez les femmes en développant des compétences individuelles à travers des activités de sciences et technologies offertes très tôt à des jeunes filles de milieux défavorisés. «En intervenant dès le primaire, on favorise l'apprentissage des mécanismes de la résolution de problèmes, on encourage la curiosité et la persévérance. Ces habiletés augmentent l’estime de soi et permettent de mieux faire face à la société technologique dans laquelle on vit», affirme Claire Chamberland, professeure retraitée depuis 2013 de l’École de travail social de l’Université de Montréal et l’une des quatre initiatrices du projet lancé en 1987.

Avec les professeures Roseline Garon et Manon Théorêt, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM, ainsi que Diane Roy, psychologue scolaire, Mme Chamberland a imaginé ce projet afin de sortir les femmes de la précarité économique et de contrer la pauvreté. Miser sur la science pour stimuler la curiosité et l’intérêt des filles pour leur permettre l’accès à des métiers et carrières non traditionnels était tout un pari à l’époque. «Aucune d’entre nous n’est issue du monde des sciences dures, indique Mme Garon. Nous provenons des sciences sociales et de ce côté il y avait tout un travail à faire. Vous savez, les visions d’avenir sont encore de nos jours stéréotypées, tout particulièrement en milieux défavorisés.»

Mais ce projet, longuement réfléchi avant son implantation, est bien vivant et ne cesse de grandir. «À nos débuts, on nous regardait comme si nous étions des Martiennes. Les scientifines sont maintenant une ressource bien perçue et très ancrée dans leur quartier», signale Claire Chamberland. En 1993, Les scientifines sont devenues un organisme sans but lucratif. Aujourd’hui, l’organisme bénéficie d’appuis financiers multiples, dont celui du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, de L’Oréal et de la Fondation Marcelle et Jean Coutu. «Jamais je n’aurais pensé qu’on fêterait un jour les 30 ans des Scientifines», confie Mme Chamberland, émue.

Effet positif

L'apprentissage précoce des sciences et de la technologie permet d'outiller les jeunes filles pour un avenir meilleur.

Crédit : Les Scientifines

Chaque soir, depuis 30 ans, une cinquantaine d’élèves des 4e, 5e et 6années du primaire viennent après l’école, de leur propre chef, faire leurs devoirs et s’initier à la science dans les locaux des Scientifines. «Notre mission est de stimuler la curiosité des jeunes filles de Saint-Henri et de La Petite-Bourgogne ainsi que leur intérêt pour les sciences et les technologies afin d’accroître la persévérance scolaire et d’élargir leur horizon de carrière», explique Mme Bilodeau. Au programme: aide aux devoirs, activités de loisirs, sorties, expériences scientifiques, programmation, rencontres avec des femmes de carrière, ateliers de journalisme scientifique, préparation à l’exposciences annuelle des Scientifines…Tout cela gratuitement.