Troisième édition réussie des Projets éphémères du campus MIL

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  • Le 24 novembre 2017

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Le projet du Mont Réel a réuni des architectes, des designers, des médiateurs culturels et des artistes d’Allemagne, de France et du Québec.

Le projet du Mont Réel a réuni des architectes, des designers, des médiateurs culturels et des artistes d’Allemagne, de France et du Québec.

Crédit : Maryse Boyce

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Les Projets éphémères ont vu le nombre de leurs partenaires passer de 5 à leurs débuts, en 2015, à 21, et la surface occupée a plus que doublé.

Durant tout l’été, de juin à octobre, le site des Projets éphémères du campus MIL a accueilli des projets innovants – en architecture, design, agriculture, sciences et culture – ainsi que de nombreuses activités qui ont attiré plusieurs centaines de participants, des milliers de visiteurs et animé une communauté qui s’est diversifiée.

L’une des réalisations les plus structurantes a sans doute été le Mont Réel, une montagne en bois érigée par ConstructLab, un collectif international de constructeurs d’architectures éphémères, en collaboration avec des partenaires originaires de plusieurs pays.

Rendu possible grâce à la participation du Goethe-Institut Montréal, du consulat général de France à Québec et de l’Université de Montréal, ce projet a permis à une vingtaine d’intervenants de faire vivre le site sur une période de trois semaines en juin et juillet.

Les Projets éphémères ont aussi hébergé le collectif d’architecture expérimentale Bellastock Québec, qui a conçu du mobilier urbain temporaire dans le cadre d’un projet d’aménagement sous le viaduc Van Horne, lié aux festivités du 375e anniversaire de la fondation de Montréal.

À ces installations se sont ajoutés une série de conteneurs formant le projet Le Virage, qui a été imaginé par l’organisme MTL Ville en mouvement, en collaboration avec le Laboratoire des récits du soi mobile et l’Université de Montréal.

Le lieu a, entre autres, servi de résidence au Catalyseur d’imaginaires urbains, qui y a organisé des activités de dialogue entre des chercheurs universitaires et des artistes. On y a aussi projeté plusieurs films, dont Expo 67: mission impossible, qui a attiré de nombreux spectateurs.

Le Virage a démarré l’an dernier et durera cinq ans. Mais la saison qui vient de se terminer lui a vraiment donné son envol, explique Bruno Jobin, directeur de MTL Ville en mouvement. «Nous y avons tenu deux ou trois activités par semaine. Nous sommes passés de l’étape de l’installation à celle de la bonification.» L’an prochain, la programmation sera axée sur la transmission du savoir, indique-t-il.

En août, une journée d’astronomie a été organisée par l’Institut de recherche sur les exoplanètes, l’équipe du campus MIL et plusieurs partenaires. Les jeunes et les moins jeunes ont pu participer notamment à une chasse aux planètes et assister à une démonstration mémorable de fabrication d’une comète. Et pour garder les astronomes en herbe bien éveillés, les animateurs de Folie Technique ont servi une quantité astronomique de crème glacée «spatiale» refroidie à l’azote liquide.

Les Projets éphémères n’ont toutefois pas délaissé la pratique de l’agriculture urbaine, au contraire: l’Université de Montréal a donné cette année sur le site une première formation de 40 heures sur le jardinage en milieu urbain. Les enfants d’une garderie se sont aussi mis au jardinage en créant leur propre potager, qui s’est ajouté à ceux déjà aménagés par divers organismes communautaires.

L’engouement pour l’agriculture urbaine ne cesse de croître, particulièrement dans les grandes villes comme Montréal. Cet automne, la chaîne Canal Savoir a consacré un reportage aux jardins du campus MIL.

La troisième saison des Projets éphémères s’est d’ailleurs conclue en beauté et en abondance le 23 septembre par la Fête des récoltes, où le public était invité à faire le plein de légumes et de produits locaux. Tout comme l’an passé, près de 1000 personnes s’y sont rendues.

Pas mal de chemin a été parcouru depuis 2015, constate Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité à l’Université de Montréal. «Au début, nous avions une page blanche et la volonté d’utiliser une partie de cette friche industrielle au bénéfice des communautés limitrophes», affirme-t-il.

Ses objectifs étaient clairs toutefois: verdir le chantier qui accueillera le futur Complexe des sciences, faire de la médiation avec les collectivités alentour et lutter contre la résistance à l’arrivée du campus.

«Il fallait faire vivre le site, dans une optique de biodiversité.» On a commencé par mettre de la terre sur du gravier et créer les jardins collectifs. Le projet, comptant alors cinq partenaires, a gagné le premier prix du Gala de reconnaissance en environnement et développement durable de Montréal dans la catégorie Entreprises et institutions.

En 2016, le nombre de partenaires est passé à 11. Et cette troisième saison en a attiré 21. Bien que les Projets éphémères du campus MIL aient pour but la médiation avec les communautés avoisinantes, ils ont acquis cette année une notoriété internationale. Et comme le signale Alexandre Beaudoin, «si le qualificatif éphémères est employé, la fin n’est pas pour tout de suite». Il reste encore quelques années aux organisateurs pour continuer leur œuvre, qui fait réfléchir sur l’agriculture urbaine, l’aménagement de la ville et le vivre ensemble. 

Suzanne Dansereau
Collaboration spéciale