Une étudiante veut aider les enfants du préscolaire à bien s'intégrer à la maternelle

  • Forum
  • Le 28 novembre 2017

  • Mathieu-Robert Sauvé
Un enfant sur 14 arrive à la maternelle sans avoir fréquenté de services de garde. Leur intégration est en général plus difficile.

Un enfant sur 14 arrive à la maternelle sans avoir fréquenté de services de garde. Leur intégration est en général plus difficile.

Crédit : Thinkstock

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Quatorze pour cent des enfants montréalais arrivent à la maternelle sans jamais avoir fréquenté un service de garde à l’enfance. Une étudiante veut les aider à bien s'intégrer à l'école.

Au Québec, 14 % des enfants entrent à l’école maternelle sans avoir fréquenté un service de garde à l’enfance. «La transition est parfois très difficile pour eux. Non seulement ils pourraient avoir de la difficulté à s’adapter au climat scolaire, mais leurs relations interpersonnelles pourraient en subir les contrecoups. Plusieurs vivent un stress de séparation très brutal et se sentent isolés», explique Mariam Najdi, étudiante au doctorat en psychopédagogie à l’Université de Montréal.

Dans son travail de recherche, elle a élaboré un outil d’intervention destiné aux enfants d’âge préscolaire. Il se présente sous la forme d’une «trousse d’intervention préventive» qui s’articule autour de trois axes: la prévention des problèmes d’adaptation, la participation des parents et de la chercheuse et la mise au point d’un plan d’intervention auprès de l’enfant par un ensemble d’ateliers thématiques.

L’intervention précoce et personnalisée sert à soutenir le développement global de chaque enfant participant en s’appuyant sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, sur la participation parentale et sur des bases scientifiques pédagogiques solides. Mme Najdi a baptisé son outil le «PPP», pour participer, prévenir et promouvoir.

Elle se prépare à faire usage de cet outil auprès d’enfants qu’elle va recruter dans l’arrondissement de Saint-Laurent, au nord-ouest de Montréal. «Mon objectif est d’utiliser mon outil auprès d’enfants qui vont faire leur entrée à la maternelle en septembre prochain», dit-elle.

Au cours de la prochaine année, Mariam Najdi suivra de près un groupe d’enfants afin de documenter dans les détails les éléments qui faciliteront leur entrée à l’école. À long terme, le PPP pourra servir à une plus large échelle. «Plusieurs enfants issus de l’immigration ont souvent des difficultés d’adaptation lorsqu’ils entrent en contact avec le système scolaire. Même la langue leur est étrangère et les parents manquent souvent de ressources pour les aider», commente la chercheuse.

Entrée difficile

Mariam Najdi

Crédit : Amélie Philibert

Selon l’Enquête montréalaise sur l’expérience préscolaire des enfants de la maternelle, menée par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal en 2012, le chômage d’un des parents, le manque de places dans les garderies, la présence d’un parent à la maison et le fait que les parents refusent de faire garder leurs enfants expliqueraient que «1 enfant sur 14 ne bénéficie pas des bienfaits des services éducatifs universels à l’enfance que le Québec a mis en place depuis 20 ans», estime Mme Najdi.

La chercheuse précise qu’un certain nombre d’enfants issus de milieux aisés sont inclus dans ce nombre. Ceux-ci font aussi partie de sa clientèle cible. C’est délibérément que les parents ont choisi de ne pas profiter des services de garde financés par l’État, parfois au prix d’une personne payée pour en prendre soin à la maison. Mais ce soin n’est pas toujours de type «éducatif».

Le recrutement des jeunes sujets sera lancé par une affiche publicitaire qui sera distribuée dans des milieux scolaires et communautaires de l’arrondissement de Saint-Laurent et partagée sur les plateformes des réseaux sociaux WhatsApp et Facebook. Parmi les critères de sélection, l’enfant devra être inscrit à son école de quartier pour la prochaine année scolaire et n’avoir jamais fréquenté de garderie.

Mme Najdi a passé avec succès l’examen de synthèse. Son projet de recherche a été approuvé par un jury départemental composé de trois professeurs experts en psychologie et en petite enfance qui l'ont considéré comme novateur et important pour le monde de l’éducation. Actuellement, Mme Najdi attend le certificat éthique pour commencer sa collecte des données.

À terme, son outil permettra d’enrichir le monde des services éducatifs au préscolaire par de nouvelles stratégies d’intervention préventive basées sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication. Le projet PPP comportera un ensemble d’activités personnalisées pour accroître les compétences des enfants de moins de six ans ayant échappé au système éducatif préscolaire public.