L’UdeM actualise son plan directeur des espaces

Le déménagement des départements de sciences au campus MIL entraînera une série de déplacements en cascade sur le campus de la montagne.

Le déménagement des départements de sciences au campus MIL entraînera une série de déplacements en cascade sur le campus de la montagne.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Le plan directeur des espaces de l’UdeM, adopté en 2008, fait l’objet d’une mise à jour en prévision de l’ouverture du campus MIL, en 2019.

En août 2019, le campus MIL ouvrira ses portes. Au cours de l’été, les départements de chimie, physique, sciences biologiques et géographie, ainsi que les bibliothèques des sciences, auront déménagé dans les nouvelles installations, libérant du même coup une superficie de plusieurs milliers de mètres carrés sur le campus de la montagne.

Pour le vice-recteur aux finances et aux infrastructures, Éric Filteau, l’espace ainsi libéré offre une occasion historique de repenser l'aménagement et l'affectation des locaux sur le campus de la montagne. «Il y a bien entendu un effet domino, provoqué par le déménagement de quatre de nos départements de sciences au campus MIL. Mais il y a aussi des décisions à prendre relativement à notre occupation de certains bâtiments, comme les conciergeries sur le boulevard Édouard-Montpetit, les bâtiments en location ou encore le pavillon J.-Armand-Bombardier», précise M. Filteau, qui présentait devant l'Assemblée universitaire, le 4 décembre, une version actualisée du plan directeur des espaces (PDE) adopté par le Conseil de l’Université en 2008.

De la montagne au campus MIL

Cette nouvelle mouture du PDE conserve les assises du plan de 2008, tout en proposant de solides balises de développement de nos campus pour les 10 années à venir. Elle se résume difficilement, tant le jeu des déplacements est fonction d'une foule de facteurs. Mais il y a quelques points saillants.

Le plan a été conçu afin de renforcer la cohérence géographique de nos pôles d’enseignement: ce critère a été le premier à guider les professionnels chargés d’établir le plan. Le plan vise en outre à donner plus d’espace aux unités qui en manquent, à libérer les lieux en location et à recréer des aires de vie étudiante sur le campus de la montagne.

Dans les déplacements prévus, l'Université se propose notamment de céder à Polytechnique Montréal la partie du pavillon J.-Armand-Bombardier qui lui appartient, soit 50 % du bâtiment. L'école affiliée, qui a elle aussi besoin d'espace, récupérerait les locaux occupés par l'UdeM, à l'exception d’un laboratoire de chimie. Avec les revenus de la vente, l'UdeM disposerait d'une marge financière pour lancer des projets mieux adaptés à ses besoins.

Le plus structurant de ces projets serait l'aménagement d'une nouvelle aile au pavillon des sciences, sur le campus MIL. Cette aile accueillerait en toute logique les départements de mathématiques et de statistique et d'informatique et de recherche opérationnelle, ce qui aurait pour effet de consolider le pôle scientifique du campus MIL. Les démarches auprès du gouvernement seront entreprises dès le printemps prochain.

L'Université est également en pourparlers avec Québec pour la construction d'un bâtiment, au 1000, avenue Beaumont, qui permettrait de loger les unités administratives actuellement installées en location au 7077, avenue du Parc. De plus, ce nouvel immeuble pourrait éventuellement héberger les centres de recherche en intelligence artificielle, l’Institut de valorisation des données (IVADO) et l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA), qui sont en forte expansion.

Du mouvement sur la montagne

Le déménagement des départements de sciences au campus MIL, jumelé à d'autres projets de moindre ampleur, entraînera bien entendu une série de déplacements en cascade sur le campus de la montagne. Outre les services, les facultés de médecine et des arts et des sciences ainsi que l'École de santé publique de l’UdeM (ESPUM) seront les principales touchées par ces mouvements. 

Le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université et le Département de science politique seront ainsi déménagés au pavillon André-Aisenstadt après le départ de plusieurs départements de sciences. L'espace libéré dans ce pavillon serait suffisamment grand pour recevoir l'ESPUM, actuellement dispersée en trois lieux et dont l’emplacement a longtemps fait l'objet de toutes sortes de scénarios.

Le pavillon Marie-Victorin, où sont déjà installés les départements de psychologie et de psychoéducation, aurait comme nouveaux occupants l'École de travail social, le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son et le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant. Ce regroupement aurait un effet structurant sur l'enseignement et la recherche de tout le domaine des études psychosociales.

La Faculté de médecine rapatrierait au pavillon Roger-Gaudry les écoles de réadaptation et d'orthophonie et d'audiologie, qui sont situées actuellement sur l’avenue du Parc. Elle concentrerait aussi son secteur des disciplines fondamentales, puisqu'elle disposerait d'assez d'espace pour garder le Département de biochimie et médecine moléculaire là où il est.

La Faculté des sciences infirmières et le Département de nutrition prendraient de l'expansion au pavillon Marguerite-D'Youville, tandis que la Faculté de l'aménagement gagnerait près de 700 m2 avec le déménagement du Centre d'exposition au campus MIL.

Parmi les autres mesures inscrites au PDE, mentionnons la mise en vente des conciergeries situées au 2910, au 3050 et au 3060, boulevard Édouard-Montpetit: le Département de philosophie et le nouvel Institut d'études religieuses seront transférés au pavillon Lionel-Groulx. Le Service de l’admission et du recrutement ira rejoindre le Bureau du registraire au pavillon J.-A.-DeSève, ce qui libérera des locaux au 3744, rue Jean-Brillant pour accueillir plusieurs unités administratives, dont la direction des bibliothèques. Enfin, les étudiants ne seront pas en reste, puisque de nouveaux lieux consacrés à la vie étudiante seront aménagés, notamment aux pavillons Marie-Victorin et Roger-Gaudry.

En finir avec la location et le déficit d'espace

L'intention de l'Université, en révisant son plan directeur des espaces, est de mettre un terme à plusieurs contrats de location. «Au total, les projets inscrits dans la nouvelle version du plan directeur des espaces représentent des économies en frais de location en valeur actualisée de 62,9 M$», précise M. Filteau. Une somme rondelette qui augmentera la capacité financière de l'Université pour ses projets de réaménagement. Le gouvernement lui-même y trouvera son intérêt, puisqu'il couvre en ce moment les frais de location de l'Université à même la subvention qu'il lui verse chaque année.

Outre les bâtiments de l'avenue du Parc, l'UdeM loue quelques autres locaux à différents endroits de la ville. C'est le cas par exemple au 3333 et au 3535, chemin Queen-Mary. Les services qui logent dans ces immeubles seront appelés à transporter leurs pénates au pavillon Roger-Gaudry principalement.

La location a souvent permis à l'Université de résoudre des problèmes circonstanciels de manque d'espace. Au fil des ans, ces problèmes sont devenus chroniques et, parfois, criants. Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur reconnaît en ce moment à l'Université de Montréal un déficit d'espace d'environ 58 700 m2 nets, soit 21 % de la superficie totale de ses campus.

Une fois le pavillon des sciences construit et les autres mesures du PDE implantées, l'Université de Montréal disposera de 47 000 m2 de plus. Ce qui signifie qu'il lui manquera toujours 11 700 m2, soit l'équivalent du pavillon André-Aisenstadt au grand complet!

«Ce plan esquisse le développement de nos infrastructures sur 10 ans. En 2027, lorsqu’il aura été complètement réalisé, nous serons assurément moins à l'étroit, affirme M. Filteau. Mais nous manquerons encore de place. C'est dire à quel point la situation actuelle nécessite des correctifs pressants. La bonne nouvelle, c'est que, dès 2019, nous respirerons mieux.» Et M. Filteau insiste: l'Université disposera de l’argent nécessaire pour absorber les coûts de l'ensemble de ces travaux de construction, de réaffectation et de réaménagement, sans pression indue sur le fonds de fonctionnement.

Tous ces projets sont bien entendu sujets à des approbations préalables du gouvernement du Québec. Le Conseil de l'Université a déjà autorisé la direction à entreprendre des démarches auprès de Polytechnique Montréal pour la vente du pavillon J.-Armand-Bombardier et auprès du ministère pour la construction d'une nouvelle aile au pavillon des sciences. 

Après la présentation du PDE par M. Filteau à l'Assemblée universitaire, le recteur Guy Breton est intervenu pour souligner l'ampleur de la tâche qui attend la communauté universitaire: «Au cours des années qui viennent, nous aurons plus de difficultés avec nos espaces qu'avec nos budgets.»

La Direction des immeubles rencontrera les directions de faculté et de service au cours des prochains mois pour commencer à planifier les déménagements et les réaménagements à venir.

Précisons que les images ci-dessous ne listent que les unités qui auront à déménager, et non pas l’ensemble des unités logeant dans les pavillons.

Échéancier sommaire des travaux de réaménagement

2019: Déménagement des départements de chimie, physique, sciences biologiques et géographie au campus MIL
2019-2022: Travaux de réaménagement des superficies libérées sur le campus de la montagne
2019: Vente à Polytechnique Montréal de la partie du pavillon J.-Armand-Bombardier appartenant à l'UdeM
2022-2023: Déménagement des unités suivantes:

  • Écoles de réadaptation et d’orthophonie et d’audiologie au pavillon Roger-Gaudry
  • École de travail social au pavillon Marie-Victorin
  • Plusieurs services et des centres de recherche en intelligence artificielle (MILA, IVADO) dans le nouveau bâtiment du 1000, avenue Beaumont

2023: Vente des conciergeries du 3050 et du 3060, boulevard Édouard-Montpetit
2025:
Déménagement des départements de mathématiques et de statistique et d'informatique et de recherche opérationnelle dans la nouvelle aile du pavillon des sciences au campus MIL
2026:
Déménagement des unités suivantes:

  • ESPUM et Département de science politique au pavillon André-Aisenstadt
  • Département de philosophie et Institut d’études religieuses au pavillon Lionel-Groulx