Récit de voyage à la Creative Business Cup de Copenhague

Les doctorants Marc-Olivier Schüle et Marise Bonenfant représentaient le Canada à la Creative Business Cup, une compétition visant à célébrer la créativité des entreprises en démarrage du monde entier.

Les doctorants Marc-Olivier Schüle et Marise Bonenfant représentaient le Canada à la Creative Business Cup, une compétition visant à célébrer la créativité des entreprises en démarrage du monde entier.

En 5 secondes

Marc-Olivier Schüle, qui a mis sur pied avec Marise Bonenfant une plateforme d'intelligence artificielle spécialisée sur le trouble de l'autisme, raconte son périple à la Creative Business Cup.

Le 11 novembre 2017, à 22 h, Marise Bonenfant et moi montons, fébriles, dans l’avion à destination de Copenhague. Durant les prochains jours, nous aurons la chance de participer à l’une des plus grandes compétitions de créativité en entrepreneuriat du monde: la Creative Business Cup (CBC).

Myelin, notre intelligence artificielle spécialisée dans l’accessibilité de l’information en santé mentale, a en effet gagné la compétition nationale organisée par MTL Newtech et Project Hub, où nous avons été choisis pour représenter l’esprit créatif du Canada. 

Nous avons toujours considéré que Myelin était plus qu’une entreprise. C’est la représentation d’un mouvement, de la croyance profonde que tout le monde a le droit d’avoir accès aux meilleures informations et aux meilleurs soins en santé mentale. La croyance que la science doit être utilisée, intégrée dans la pratique. La croyance qu’en agissant ainsi on peut changer le monde.

Nous avons eu la chance de trouver de nombreux partenaires qui partagent cette vision et des organismes qui sont prêts à nous soutenir concrètement: la Fédération québécoise de l’autisme, l’École de psychoéducation, l’Université de Montréal et l’Institut de valorisation des données (IVADO) ont rendu ce voyage possible. 

On veut leur faire honneur!

Nous avons en tête tous ces éléments lorsque nous nous envolons pour Copenhague.

«Camp d’entraînement»

Arrivés à destination, nous consacrons nos deux premiers jours à un «camp d’entraînement», la Creative Business Academy, qui vise à nous apprendre à rédiger la meilleure présentation possible à l’intention du jury de la CBC!

Nous y rencontrons tous les autres gagnants nationaux, plus de 60 entrepreneurs qui ont misé sur la créativité dans leur entreprise. Ces deux journées sont constituées de formations et de nombreuses séances de mise en application en équipe. Le hasard a voulu que nous collaborions avec deux autres entreprises qui souhaitent utiliser les nouvelles technologies dans une perspective sociale – nous ne sommes pas une majorité –, mais cela rend les discussions passionnantes.

Au fond, nous sommes tous animés par les mêmes convictions: il existe dans le monde des inégalités insupportables. Les technologies peuvent réduire ces inégalités. Il est de notre devoir de les mettre en place.

Au cours de ces deux premiers jours, nous sommes également invités par Microsoft à en apprendre davantage sur leur programme de recherche au Danemark, notamment en matière d’intelligence artificielle. Tout comme les chercheurs de Montréal, l’équipe de Microsoft est convaincue que l’intelligence artificielle va révolutionner la société et travaille à en favoriser l’application. C’est fascinant de constater à quel point les spécialistes de l’intelligence artificielle connaissent Montréal. La volonté de faire de Montréal un pôle international en intelligence artificielle semble porter ses fruits!

À la suite de cet «échauffement», la compétition commence pour de bon! Nos journées sont partagées entre trois activités. Tout d’abord, l’exposition sur la place du marché, où chaque pays a un kiosque. C’est donc l’occasion idéale non seulement de faire connaître Myelin, mais aussi de découvrir les autres projets. 

Par la suite, nous assistons à des conférences sur des sujets aussi divers que la protection intellectuelle, la collaboration avec les médias ou les solutions relatives à la cybergouvernance. Puis, c’est l’heure de notre présentation au jury. Trois minutes de description et d’explication et 10 minutes de questions des juges. C’est peu pour aborder tous les aspects d’un projet aussi complexe, mais on y est arrivés!

Nous ne connaîtrons pas les résultats avant le lendemain, mais pour meubler l’attente, une soirée est organisée par la mairie de Copenhague. À cette occasion, le maire s’adresse aux concurrents. Son discours me touche. «C’est la créativité qui change le monde. Si vous vous êtes rendus jusqu’ici, c’est que vous avez la passion pour changer le monde, alors faites-le!»

Nous profitons de cette réception pour goûter aux fameux «pancakes de Stockholm». Cette recette centenaire est jalousement gardée par le gouvernement. Il n’est donc possible d’y goûter que si vous êtes invité à l’hôtel de ville de Copenhague.

Félicitations du jury

Le lendemain, les noms des gagnants sont enfin dévoilés. Cette année, le jury a choisi de décerner des prix à des entreprises qui non seulement sont créatives dans leur fonctionnement, mais qui stimulent la créativité chez l’usager. Cette option nous a déçus, car elle impliquait que pour ainsi dire aucune des jeunes entreprises sociales ne pouvait gagner. 

Pour compenser ce désavantage, les juges ont annoncé qu’ils allaient accorder des prix supplémentaires et présenter des félicitations.

Notre cœur explose lorsque nous apprenons que nous recevons les félicitations du jury! Évidemment, ce n’est pas aussi prestigieux qu’un prix, mais, sachant que plus de 4000 entreprises dans le monde ont participé à cette compétition, être l’une de celles qui reçoivent des félicitations est un grand honneur. 

Après ces émotions, nous nous sommes rendus à la soirée de clôture. Nous en avons profité pour discuter avec les juges et connaître les points que nous devions améliorer afin que le Canada soit vainqueur l’année prochaine.

Des idées plein la tête

Nous revenons au Canada avec des idées plein la tête. Nous rêvons grand. Nous voulons révolutionner le domaine psychosocial, mais les discussions que nous avons eues à Copenhague nous ont montré à quel point la technologie que nous élaborons pourrait transformer des secteurs aussi variés que la biologie, la gestion, la médecine. Si l’on tient compte du superbe écosystème qu’est Montréal, réputé internationalement pour ses travaux en intelligence artificielle, on peut se permettre de rêver encore plus grand.

Nous avons aussi pris conscience que les liens établis à l’étranger sont irremplaçables. C’est dans ce genre de compétition qu’on peut prendre le pouls d’autres environnements, ce que cette expérience nous a permis de faire. Et c’est maintenant très clair pour nous: le monde se prépare pour la révolution de l’intelligence artificielle. Toutefois, plusieurs questionnements éthiques surgissent, à savoir si elle sera utilisée de façon socialement responsable. Montréal joue un rôle dans cette réflexion. Myelin y contribue aussi.

De retour à Montréal, nous avons discuté avec notre partenaire national, Thiago Silva, ancien étudiant de l’UdeM et organisateur de la sélection nationale de la Creative Business Cup pour 2018. Il a beaucoup d’idées pour que le Canada soit le grand gagnant de la CBC l’année prochaine, alors, créateurs ingénieux, n’hésitez pas à communiquer avec lui… Quant à nous, nous ressortons dynamisés de notre expérience et portés par de grandes ambitions. Préparez-vous, vous allez entendre parler de nous!

Marc-Olivier Schüle

  • Les deux représentants de l'UdeM ont pu discuter avec les autres participants du concours.

  • L'Université de Montréal était bien représentée à Copenhague.

  • Marc-Olivier Schüle a pu participer au concours grâce au soutien de l’UdeM et de l’Institut de valorisation des données.

  • La soirée de clôture du concours était organisée par l’Estonie, qui assumait alors la présidence du Conseil de l'Union européenne.

  • Marc-Olivier Schüle et Marise Bonenfant sont doctorants à l’École de psychoéducation de l'UdeM.