Déjeuner-causerie public sur les avancées dans la lutte contre le cancer le 1er février

  • Forum
  • Le 23 janvier 2018

  • Martin LaSalle
Le déjeuner-causerie aura lieu le 1er février, de 7 h à 9 h, au pavillon Marcelle-Coutu, 2950, chemin de Polytechnique, à Montréal.

Le déjeuner-causerie aura lieu le 1er février, de 7 h à 9 h, au pavillon Marcelle-Coutu, 2950, chemin de Polytechnique, à Montréal.

En 5 secondes

Pour marquer ses 15 ans d’avancées scientifiques dans la lutte contre le cancer, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’UdeM tiendra un déjeuner-causerie public le 1er février.

Tous les cancers ne sont pas encore guérissables, mais les récentes avancées scientifiques – ainsi que d’autres à venir – illustrent que les chercheurs arrivent de mieux en mieux à démythifier la maladie et que de cette compréhension émergent de nouvelles solutions pour court-circuiter certains cancers.

Pour faire état de ces avancées, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal tiendra un déjeuner-causerie destiné au grand public.

Intitulée «Le cancer: espoir et défis» et animée par le journaliste scientifique Yanick Villedieu, l’activité marquera la Journée mondiale contre le cancer, qui a lieu tous les 4 février.

À cette occasion, quatre chercheurs phares de l’IRIC exposeront de quelle façon les travaux qu’ils réalisent avec leurs équipes multidisciplinaires en recherche fondamentale sont susceptibles de conduire prochainement à des solutions thérapeutiques pour des cancers jusqu’ici incurables. Il s’agit de Michel Bouvier, directeur général de l’IRIC, de Marc Therrien, directeur scientifique de l’IRIC, du médecin Claude Perreault et de la chimiste Anne Marinier.

Vers de nouveaux médicaments anticancéreux

Marc Therrien est à la tête d’une équipe de 28 unités de recherche aux expertises complémentaires. M. Therrien brossera un tableau de la recherche actuelle sur le cancer.

Il parlera notamment d’une approche prometteuse qui consiste à cibler une protéine – la protéine RAF – dont le rôle est prépondérant dans la formation des tumeurs et qui a fait l’objet de recherches menées par des compagnies pharmaceutiques pour désigner les molécules qui freinent (ou inhibent) l’activité de RAF. Or, ces inhibiteurs ont plutôt tendance à stimuler la croissance des cellules cancéreuses au lieu de la réduire.

Toutefois, les chercheurs de l’IRIC ont découvert de nouveaux éléments qui expliquent ce paradoxe et qui permettent d’établir les caractéristiques que devra posséder la nouvelle génération d’inhibiteurs de RAF afin d’entrer dans la fabrication de médicaments efficaces contre les cancers.

Ainsi, le groupe de recherche du professeur Therrien et l’équipe de chimistes médicinaux de l’IRIC, sous la gouverne de la professeure Anne Marinier, sont déjà sur la piste de ces nouveaux traitements anticancéreux.

D’ailleurs, le fruit de ces travaux fera prochainement l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue Nature.

Renforcer le système immunitaire des patients leucémiques

En immunothérapie, les équipes du Dr Claude Perreault ont élaboré une stratégie afin de mettre au jour différents marqueurs qui se trouvent à la surface des cellules leucémiques et pouvant être reconnus par le système immunitaire des patients.

Par immunothérapie, on entend l’utilisation du système immunitaire pour éliminer les cellules cancéreuses, une approche particulièrement encourageante qui repose sur deux types d’observations très solides.

D’une part, dans tous les cancers, la réaction spontanée du système immunitaire contre les cellules cancéreuses permet de prédire la survie des patients: plus il y a de cellules immunitaires à l’intérieur de la tumeur, plus la survie sera longue.

D’autre part, dans les cancers tels le mélanome ou le cancer du poumon, l’administration de stimulants «non spécifiques» (qui ne sont pas dirigés contre une molécule en particulier) du système immunitaire permet de faire régresser les tumeurs partiellement et parfois totalement et de manière souvent plus efficace que la chimiothérapie.

Ces observations ont permis de concevoir une thérapie où des marqueurs apprennent aux cellules immunitaires (les lymphocytes T) d’un donneur à reconnaître les molécules «étrangères» sur les cellules cancéreuses du receveur lors d’une transplantation pour le traitement de la leucémie.

Cette approche, au stade de l'étude clinique à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, améliorera le traitement de la leucémie et pourrait, à plus long terme, être étendue à d’autres types de cancers et même conduire à des vaccins anticancers.

Une molécule pour multiplier les cellules souches utilisées contre les maladies du sang

Les équipes de la professeure de chimie Anne Marinier et du Dr Guy Sauvageau ont mis au point une molécule – nommée UM171 – qui permet la multiplication de cellules souches dans une unité de sang de cordon ombilical. Les cellules souches issues du cordon ombilical servent à des transplantations visant la guérison de plusieurs maladies du sang, dont la leucémie, les myélomes et les lymphomes.

Grâce à cette nouvelle molécule, il est maintenant possible de multiplier les cellules souches en culture et d’en produire suffisamment pour traiter les adultes, notamment des non-Caucasiens, qui ont un accès limité à la greffe en raison du manque de donneurs potentiels. Cette percée mondiale des équipes de l’IRIC permettra à des milliers de patients à travers le monde de bénéficier d’une transplantation de cellules souches sécuritaire.

D’ailleurs, une étude clinique entreprise auprès de patients traités au Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est sur le point de finir et ses résultats s’avèrent positifs, puisque le taux de mortalité est nul! Ces résultats paraîtront dans une revue scientifique au cours des prochaines semaines.

La recherche… fondamentale pour vaincre le cancer

Pour Michel Bouvier, ces exemples de découvertes prometteuses illustrent à quel point la recherche fondamentale joue un rôle essentiel dans l’élaboration de thérapies destinées à vaincre les cancers de tous les types.

Toutefois, le soutien gouvernemental à la recherche fondamentale a stagné ou même régressé au cours des dernières années.

«La réduction du soutien de l’État a pour effet de réduire le pôle des recherches qui peuvent mener à d’autres découvertes, en plus de tarir le bassin des jeunes chercheurs qui voudraient se joindre à nous, tandis que nous déployons beaucoup d’efforts pour attirer les meilleurs chercheurs.»

Avec quelque 1000 publications scientifiques dans des revues à facteur d’impact élevé, l’IRIC est un vaisseau amiral de la recherche sur le cancer. «Nous avons constitué des équipes pluridisciplinaires dont la mission est de continuellement augmenter les connaissances sur les dérèglements des cellules, en plus de nous être dotés de moyens humains et technologiques pour amener les découvertes jusqu’à l’étape de la thérapie potentielle, notamment par l’entremise d’IRICOR, qui permet de créer de petites entreprises qui collaborent avec l’industrie pharmaceutique», conclut Michel Bouvier.

Participez au déjeuner-causerie de l’IRIC: c’est gratuit!

Pour participer au déjeuner-causerie «Le cancer: espoir et défis», il suffit de s’inscrire d’ici le 26 janvier sur le site Internet prévu à cet effet.

L’activité aura lieu le 1er février, de 7 h à 9 h, au pavillon Marcelle-Coutu, situé au 2950, chemin de Polytechnique, à Montréal.

Il sera aussi possible de suivre la conférence en direct sur le Web.