In memoriam: Louis Berlinguet

Louis Berlinguet

Louis Berlinguet

Crédit : Marc Berlinguet

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Diplômé de l’Université de Montréal et grand bâtisseur de l’Institut national de la recherche scientifique et de l’innovation au Québec, Louis Berlinguet est décédé le 21 janvier à l’âge de 91 ans.

Louis Berlinguet, illustre diplômé de l’Université de Montréal, s’est éteint le 21 janvier. Il fut un acteur important autant qu’un témoin privilégié de l’histoire scientifique du Québec.

Né à Trois-Rivières le 20 juin 1926, M. Berlinguet entame ses études universitaires au Département de chimie de l’Université de Montréal en 1943. Il fait ainsi partie de la première vague d’étudiants à fréquenter le Pavillon principal, inauguré quelques mois plus tôt. Une fois son diplôme en poche, il entre à l’Université Laval, où il obtient un doctorat en biochimie en 1950. Son directeur de thèse, Roger Gaudry, sera, de 1965 à 1975, le premier recteur laïque de l'UdeM.

Après des séjours postdoctoraux aux États-Unis et en Angleterre, Louis Berlinguet devient professeur de biochimie à la Faculté de médecine de l’Université Laval, acquérant une solide réputation en chimie organique et en biochimie. À l’époque, le professeur Berlinguet travaille notamment sur la synthèse des acides aminés, peu de temps après la découverte en 1953 de la structure en double hélice de l’ADN. En 1963, il devient directeur de son département et, en 1967, il est nommé vice-doyen à la recherche de la Faculté de médecine.

C’est à partir de ces années qu'il va s’affirmer comme l’un des grands bâtisseurs de notre système de recherche et d’innovation. Ainsi, à compter de 1968, le voilà membre de l’équipe des concepteurs du réseau de l’Université du Québec. Au début de 1969, il en deviendra le premier vice-président à la recherche et, dès l’année suivante, il cumulera cette fonction avec celle de premier président de l’Institut national de la recherche scientifique, qu’il a d’ailleurs contribué à mettre sur pied.

En 1976, on retrouve Louis Berlinguet à Ottawa en tant que premier vice-président du nouveau Centre de recherches pour le développement international. Puis, de 1980 à 1983, il est conseiller scientifique à l’ambassade du Canada à Paris. De retour à Ottawa en 1983, il sera jusqu’en 1985 sous-ministre de la Science et de la Technologie et conseiller scientifique du gouvernement canadien.

En 1985, il est nommé, à Montréal, à la direction de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail. Il y restera jusqu’en 1990, alors qu’il devient président du Conseil de la science et de la technologie du Québec. C’est à cette même époque, en 1994, qu’il reçoit du premier ministre le mandat de présider le grand comité consultatif sur l’autoroute de l’information.

Le parcours de Louis Berlinguet est jalonné de marques de reconnaissance. Il a reçu, entre autres, un doctorat honoris causa de l’UdeM et la médaille d’honneur de la Faculté des arts et des sciences (FAS) de l’Université. Accordée aux diplômés qui se sont distingués au fil de leur carrière, elle lui a été remise par Joseph Hubert, doyen de la FAS à l’époque, au cours de la cérémonie de collation des grades de 2007.

«Louis Berlinguet, vous êtes un pionnier et un ardent promoteur du système de recherche et d’innovation au Québec et au Canada. Inlassablement, vous avez déployé des efforts pour la promotion et une large diffusion de la culture scientifique, pour l’enseignement des sciences et la formation des jeunes en sciences, ainsi que pour l’encouragement aux carrières scientifiques. Tout au long de ces années, vous avez démontré une énergie, une volonté, un courage et une générosité propres aux bâtisseurs. Pour votre sens aigu du bien commun et de l’intérêt collectif, pour toutes vos réalisations, pour la dette que nous avons à votre endroit, je ressens une immense fierté à vous nommer diplômé d’honneur de la FAS», avait alors déclaré M. Hubert.