Le CSCP sensibilise les membres de la communauté aux problèmes de santé mentale

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  • Le 1 février 2018

  • Marilou Garon
Virginie Allard-Cameus, directrice du Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l’UdeM.

Virginie Allard-Cameus, directrice du Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l’UdeM.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Le Centre de santé et de consultation psychologique de l’UdeM a organisé une conférence sur la santé mentale à l’occasion de la journée Bell Cause pour la cause.

Lorsqu’il était enfant, Philippe Hudon rangeait sa chambre, pliait ses vêtements et tenait un agenda. Ce qui passait, aux yeux de ses parents, pour de charmantes manies s’est cependant transformé en trouble obsessionnel-compulsif (TOC) à l’adolescence. C’est de son expérience de la maladie mentale que l’étudiant a parlé dans une conférence organisée par le Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l’Université de Montréal à l’occasion de la journée Bell Cause pour la cause.

Philippe Hudon est atteint d’un TOC dit de perfection et son histoire résonne dans le milieu universitaire, où le dépassement de soi et la quête de l’excellence sont de puissants ressorts. Hockeyeur de haut niveau, il s’envole pour les États-Unis à l’âge de 15 ans pour suivre un programme élite de sport-études. Repêché par les Red Wings de Detroit, il entre à l’Université Cornell avec la pression de performer dans ses cours comme sur la glace. «La barre était très haute et je cherchais sans cesse à dépasser les attentes. Les traits perfectionnistes de ma personnalité se sont alors accentués. Au plus fort de ma maladie, je passais jusqu’à six heures par jour à nettoyer et à réorganiser ma chambre. J’en oubliais de manger et d’étudier.»

Pour la directrice du CSCP, Virginie Allard-Cameus, le témoignage de Philippe Hudon est une occasion de sensibiliser les membres de la communauté universitaire à la réalité des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale. L’année dernière, le Centre a effectué 11 650 consultations psychologiques individuelles auprès des étudiants pour des motifs tels que les troubles anxieux, la dépression, le stress, les enjeux de sommeil, les idéations suicidaires.

«La clinique fonctionne à plein rendement cinq jours sur cinq, de 8 h à 20 h, 12 mois par année, précise Mme Allard-Cameus. Ce qui est rassurant, c’est que le secteur de la psychologie du CSCP est l’un des services les plus connus de nos étudiants.» Ce qui ne dispense pas le Centre de participer activement à des journées de sensibilisation à la maladie mentale comme celle du 31 janvier. Cette année, des psychologues du CSCP étaient présents à différents kiosques sur le campus afin de répondre aux questions des étudiants et de fournir, au besoin, une amorce d’aide.

Savoir demander de l'aide

Philippe Hudon

Crédit : Amélie Philibert

Le premier pas vers la demande d’aide est d’ailleurs crucial. Philippe Hudon en sait quelque chose: il a souffert en silence pendant de nombreuses années avant de se confier à la suite d’une grave crise survenue pendant sa première année d’université. «Avant ma crise, je ne parlais pas de mes obsessions avec mon entourage parce que je voulais éviter de révéler une faiblesse. Admettre le problème est difficile, mais c’est à mon avis l’étape la plus importante.» Selon le hockeyeur, le soutien des autres et la possibilité de parler ouvertement de ses difficultés font partie du processus de guérison.

Mme Allard-Cameus rappelle l’importance pour les professeurs, les chargés de cours et le personnel de soutien de demeurer vigilants devant les signes de détresse psychologique chez les étudiants. «Lorsque des professeurs, des chargés de cours ou des employés de soutien s’inquiètent à propos de l’état de santé mentale d’un étudiant, ils peuvent nous appeler au 1PSY [le poste 1779 sur le campus]. Nous pourrons leur donner des conseils sur la meilleure façon de composer avec la situation ou de suggérer à l’étudiant de consulter un psychologue du CSCP.»

Bien que le hockey ait toujours été son refuge, Philippe Hudon a pris la décision de quitter les Red Wings et l’Université Cornell. «C’était trop tôt dans le processus de guérison. La meilleure décision était de revenir à la maison pour me rapprocher de mes parents», raconte-t-il. Aujourd’hui étudiant en finances à l’Université Concordia, il joue toujours au hockey, dans l’équipe des Stingers.

L’histoire personnelle de Philippe Hudon se termine bien. «Grâce à la médication et aux consultations psychologiques, je fonctionne normalement et ma routine de rangement est passée de six heures à 30 minutes par jour. Mais je dois constamment travailler sur moi.»

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