En plein dans le mille : utiliser les jeux vidéos pour améliorer l’apprentissage

Une élève prend une pause pendant sa participation au «Discovery Tour» du jeu «Assassin's Creed: Origins», au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

Une élève prend une pause pendant sa participation au «Discovery Tour» du jeu «Assassin's Creed: Origins», au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

Crédit : Guillaume Bell

En 5 secondes

Un module de jeu éducatif du célèbre jeu vidéo «Assassin’s Creed: Origins» aide les élèves à améliorer leurs connaissances en histoire.

Les élèves du secondaire peuvent-ils améliorer leurs résultats scolaires grâce à des jeux vidéos d’action? Oui, s’ils utilisent des modules spécialement conçus pour l’apprentissage, répond un chercheur de l’Université de Montréal.

Le professeur de didactique Marc-André Éthier a testé auprès de 330 élèves dans neuf écoles de la région de Montréal le nouveau module de jeu éducatif du jeu d’action Assassin’s Creed: Origins d’Ubisoft, la visite interactive «Discovery Tour».

Les premiers résultats révèlent que les adolescents ont acquis des connaissances sur un établissement de l’Égypte antique que présente le logiciel conçu à Montréal: la célèbre bibliothèque royale d’Alexandrie.

Dans chaque école, Marc-André Éthier a interrogé environ 40 élèves à propos de la bibliothèque. La moitié d’entre eux a passé 15 minutes sur un ordinateur à effectuer une visite autoguidée de la bibliothèque et de ses environs. L’autre moitié a suivi un cours magistral sur la bibliothèque donné par un professeur d’histoire à l’aide d’une présentation PowerPoint qui comportait des faits et images semblables à ceux de la visite virtuelle. Ensuite, les élèves ont répondu à une série de questions sur la bibliothèque.

Des résultats encourageants

Les résultats ont été encourageants. Avant de voir la matière, les élèves savaient peu de choses sur la bibliothèque et avaient répondu correctement à une question sur quatre. À la suite de la visite ou du cours, leur niveau de connaissances sur le sujet avait doublé, voire triplé, passant de 22 % avant le cours à 41 % (pour ceux qui avait fait la visite virtuelle) et à 55 % (pour ceux qui avaient suivi le cours magistral). La conclusion de Marc-André Éthier? Les élèves peuvent intégrer les éléments d’information détaillés qui permettent de créer un jeu vidéo comme celui d’Ubisoft et ainsi obtenir de meilleures notes.

«L’incidence n’est ni négative ni neutre. Elle est très positive», précise Marc-André Éthier, spécialiste des méthodes d’apprentissage, qui collabore avec Ubisoft relativement aux aspects logistiques de l’étude, mais qui la réalise de façon indépendante. «Même un jeune – ou un adulte d’ailleurs – qui fait la visite virtuelle chez lui sur un ordinateur peut apprendre des choses, sans être aidé de quelque façon que ce soit. Les écoles pourraient vouloir essayer cette approche et les professeurs pourraient se partager le matériel parce qu’il est utile.»

Ubisoft, l’entreprise française qui a créé la célèbre franchise Assassin’s Creed dans son studio de Montréal, vendra le module «Discovery Tour» séparément du jeu à partir du 20 février, au prix de détail de 20 $ (il sera gratuit pour ceux qui achètent ou qui ont déjà acheté le jeu Assassin’s Creed: Origins). La collaboration d’Ubisoft avec Marc-André Éthier a confirmé ce que l’entreprise avait imaginé: le module de jeu éducatif pourrait être utile aux écoles. «Nous n’avions pas de plan d’affaires pour ce projet», indique le directeur créatif Jean Guesdon.

«On s’est juste dit que le module ne devrait pas se limiter aux joueurs, qu’il pourrait avoir une plus grande portée. Cela fait des années que les enseignants trouvent que nos jeux contiennent beaucoup de contenu intéressant qu’ils pourraient utiliser en classe, mis à part les épisodes de combat. Maintenant, ils peuvent le faire.»

Le rôle de l'enseignant

Jean-Pascal Tremblay, le professeur d’histoire embauché par Marc-André Éthier pour présenter la matière en classe dans les neuf écoles où le module a été testé, ajoute que c’est toujours un défi de motiver des élèves du secondaire à apprendre et que plus les enseignants disposent d’outils, mieux c’est.

«Il y a des façons d’intégrer les jeux à nos leçons et de se servir des séquences cinématiques des jeux vidéos pour retenir l’attention des élèves», explique Jean-Pascal Tremblay, qui enseigne à l’école secondaire du Prélude de Mascouche, dans la banlieue nord de Montréal.

«Plus on réussira à les surprendre et plus ils seront motivés.»

«Mais, au final, rien ne remplace un bon professeur», affirme Samuel Zuquin, 13 ans, qui étudie au collège Jean-de-Brébeuf, une école privée de Montréal, la neuvième à avoir accueilli Marc-André Éthier.

«D’un point de vue purement éducatif, il ne fait aucun doute que c’est mieux d’apprendre avec un professeur, a dit l’adolescent après avoir passé le test. Cela permet de voir plus rapidement ce qu’on doit apprendre parce qu’on n’a rien à faire par nous-mêmes.»

Et s’il avait le «Discovery Tour» à la maison, est-ce qu’il l’utiliserait?

«Franchement, non, répond Samuel Zuquin. Ce sera toujours plus amusant de jouer au jeu lui-même.»

  • Le professeur Marc-André Éthier supervise les élèves pendant le «Discovery Tour».

    Crédit : Guillaume Bell
  • Un élève participe au «Discovery Tour» du jeu «Assassin's Creed: Origins» au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

    Crédit : Guillaume Bell
  • Un élève répond aux questions sur la bibliothèque d'Alexandrie après avoir participé au «Discovery Tour».

    Crédit : Guillaume Bell
  • Des employés d'Ubisoft donne des instructions aux élèves avant qu'ils entament leur visite interactive.

    Crédit : Guillaume Bell
  • Des élèves participent au «Discovery Tour» du jeu «Assassin's Creed: Origins» au collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal.

    Crédit : Guillaume Bell

Relations avec les médias