Quel avenir pour le travail?

Ce nouveau projet de recherche vise à cerner les éléments qui permettraient de rendre le travail plus satisfaisant.

Ce nouveau projet de recherche vise à cerner les éléments qui permettraient de rendre le travail plus satisfaisant.

Crédit : Thinkstock

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Des chercheurs de l'École de relations industrielles et de la Faculté de droit participent à un projet international de recherche sur l'avenir du travail.

Technologies numériques, refonte des stratégies d'entreprise, croissance des réseaux de production mondiaux, transition vers le développement durable… Le travail connaît actuellement de nombreux bouleversements qui modifient la manière dont on le vit, collectivement et individuellement. C’est pour mieux comprendre ces bouleversements et leurs effets qu’une équipe de chercheurs du Centre de recherche interuniversitaire sur la mondialisation et le travail (CRIMT) de l’Université de Montréal lance un projet de recherche international sur l'avenir du travail.

Regroupant 18 centres de recherche de pointe et plus de 140 chercheurs de 12 pays, spécialistes du travail et de l'emploi, le «projet d’expérimentation institutionnelle pour un meilleur travail» vise à cerner les éléments qui permettraient de rendre le travail plus satisfaisant. Les équipes de chercheurs vont s’intéresser aux processus d'expérimentation dans les organisations et à leurs répercussions, positives et négatives, sur le travail sur les plans individuel, organisationnel et sociétal. Elles vont tenter de mieux comprendre comment les acteurs – entreprises, travailleurs, syndicats, gouvernements et autres organisations – s’approprient, mobilisent et transforment les modes de régulation afin d’améliorer le travail.

Le projet, qui vient d’obtenir une importante subvention de 2,5 M$ sur sept ans du Programme de partenariat du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, vise en outre à créer une base de données internationale et un observatoire virtuel de ces expérimentations, combinant à la fois des recherches de pointe et des exemples concrets.

À l’UdeM, le projet réunira 14 professeurs de l'École de relations industrielles et 4 de leurs collègues de la Faculté de droit. Ces derniers se pencheront notamment sur la régulation du travail et de l’emploi à l’ère du numérique, la reconfiguration des écosystèmes régionaux, les politiques sociales et la citoyenneté au travail, les nouvelles formes d’action collective et de négociation collective, et le redéploiement des politiques publiques, des pratiques syndicales et des stratégies des entreprises en matière de gestion du travail et de l’emploi.

«La vaste majorité des gens aspire à un travail motivant, inclusif, productif, stable et sécuritaire, où chacun peut exercer un contrôle sur sa vie personnelle et professionnelle et contribuer à l’essor de son milieu de travail et de la société dans laquelle il vit, ce qui renvoie à l’image d’un “meilleur” travail, explique Gregor Murray, professeur à l'École de relations industrielles et directeur du CRIMT, qui dirige ce projet de recherche. Cependant, un panorama très différent émerge lié aux changements en cours, alors que la prolifération des formes de travail fragmenté divise de plus en plus les communautés. Ce projet de recherche permettra d’approfondir notre compréhension des processus d'expérimentation institutionnelle et, tout particulièrement, de ceux susceptibles de répondre à ce défi social d’importance.»

Pour Marie-Josée Hébert, vice-rectrice à la recherche, à la découverte, à la création et à l’innovation de l’UdeM, «ce partenariat international de recherche, dirigé par des chercheurs de l’Université de Montréal, sera déterminant dans notre compréhension de l'avenir du travail. Les travaux des chercheurs et les outils qui seront conçus permettront d’adapter nos politiques publiques et surtout de prévenir les conséquences néfastes engendrées par les transformations qui touchent le monde du travail. Ce projet nous fournira ainsi des clés pour construire une société meilleure».