Du plomb dans le sirop d’érable: la norme californienne est «une bonne chose», selon Sébastien Sauvé

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  • Le 14 mars 2018

  • Martin LaSalle
On sait depuis bon nombre d’années que le sirop d’érable renferme des traces de plomb, lesquelles ne représentent toutefois pas un risque pour la santé.

On sait depuis bon nombre d’années que le sirop d’érable renferme des traces de plomb, lesquelles ne représentent toutefois pas un risque pour la santé.

Crédit : Amy Bundy

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Les traces de plomb contenues dans le sirop d’érable ne représentent pas un risque majeur pour la santé, mais la norme californienne visant à les réduire est une bonne chose.

Une norme californienne visant à réduire la présence du plomb dans le sirop d’érable entrera en vigueur en 2020 et oblige les acériculteurs québécois à revoir leurs façons de faire. Ce qui est une bonne nouvelle, selon le professeur Sébastien Sauvé, du Département de chimie de l’Université de Montréal.

On sait depuis bon nombre d’années que le sirop d’érable renferme des traces de plomb, lesquelles ne représentent toutefois pas un risque pour la santé.

En fait, la sève de l’érable contient naturellement de très petites quantités de plomb, mais la concentration de ce métal est accentuée par les installations de récupération et de transformation de l’eau en sirop.

«Il est normal que le sirop contienne plus de plomb que la sève, car on réduit celle-ci 35 fois pour obtenir le sirop, indique M. Sauvé. Les traces de plomb dans le sirop sont donc potentiellement 35 fois plus élevées que dans l’eau d’érable.»

La norme californienne

En 2014, un organisme de la Californie statuait que le sirop d’érable québécois contenait des traces de plomb qui dépassaient les normes établies par l’État américain. Il a fait adopter une entente fixant à 11 parties par milliard (ppb) la quantité de plomb acceptable dans le sirop pour que celui-ci soit vendu aux États-Unis, et ce, pour les producteurs ayant plus de 20 000 érables entaillés.

Ce seuil, auquel les acériculteurs doivent se conformer d’ici 2020, est la norme de concentration qui s'applique généralement à l'eau potable. Au-delà des 11 ppb, l’inscription «Peut contenir des traces de plomb» devra figurer sur les emballages de sirop d’érable québécois destinés à la vente au sud de la frontière.

Pas de risque pour la santé

Sébastien Sauvé

Crédit : Amélie Philibert

Santé Canada a établi à 500 ppb la concentration maximale de plomb qu’il peut y avoir dans le sirop d’érable, mais les producteurs de sirop québécois se sont eux-mêmes imposé une limite de 250 ppb. Avec l’adoption de la norme californienne, nombreux sont les acériculteurs d’ici qui ont entrepris de moderniser leurs équipements.

D’après Sébastien Sauvé, les traces de plomb qu'on trouve dans le sirop ne posent pas de risque pour la santé humaine, d’autant plus que sa consommation est occasionnelle et faible en quantité. C’est toutefois l’accumulation du plomb dans le corps qui peut constituer un danger.

«Le plomb est davantage présent dans l’eau potable que nous buvons, ainsi que dans bon nombre d’aliments que nous mangeons, conclut le professeur de chimie. En fait, il y a encore beaucoup plus de plomb qu’on le pense dans l’environnement.»

Selon Santé Canada, nous sommes tous exposés à des concentrations négligeables de plomb contenues dans l'air, le sol, la poussière domestique, les aliments, l'eau potable et divers produits de consommation. Depuis le début des années 70, l'exposition au plomb a grandement diminué au Canada, surtout en raison de la disparition progressive de l'essence au plomb et des peintures au plomb et de l'élimination presque complète des soudures au plomb dans les conserves d'aliments.

Si les cas d'intoxication grave au plomb sont rares au pays, une exposition continue même à de très petites quantités de plomb peut s’avérer dangereuse, en particulier pour les nourrissons et les jeunes enfants, notamment en ce qui a trait à leur développement neurocognitif et neuromoteur.