Nouvelle opération de gestion des frênes à l’UdeM

L'Université de Montréal procédera à de nouvelles plantations d'arbres à la suite de l'abattage d'une centaine de frênes infestés.

L'Université de Montréal procédera à de nouvelles plantations d'arbres à la suite de l'abattage d'une centaine de frênes infestés.

Crédit : Unité du développement durable de l'Université de Montréal

En 5 secondes

L’Université de Montréal est sur le point d’entamer la deuxième phase de son plan de gestion des frênes.

Insecte dont la réputation n’est plus à faire, l’agrile du frêne poursuit son action ravageuse sur l’ensemble du continent nord-américain, et les arbres du campus principal de l’Université de Montréal ne sont pas épargnés.

«Nous sommes sur le point d’entamer la deuxième phase de notre plan de gestion des frênes, indique Johanne Malo, directrice des opérations à la Direction des immeubles. Malgré les efforts déployés en 2017 pour traiter quelque 200 frênes infestés, nous devrons cette année en abattre une centaine.»

Si l’abattage doit être fait au cours des prochaines semaines, c’est que l’agrile est présentement en dormance et que l’intervention ne présente aucun risque de contamination. «De plus, en agissant à cette période-ci, nous évitons de nuire au processus de nidification des oiseaux, en conformité avec les exigences liées à la loi fédérale», précise Mme Malo.

Si bonne nouvelle il y a, c’est que 128 frênes du campus de l’UdeM seront traités au TreeAzin entre le 1er juin et le 31 août. L’insecticide biologique est administré aux arbres dont le taux d’infestation est de moins de 30 %, seuil au-delà duquel l’arbre ne peut être sauvé.

Johanne Malo se dit très fière du sérieux avec lequel l’Université a joué son rôle de citoyenne responsable dans le dossier de l’agrile du frêne. «Nous avons été proactifs tout en respectant les exigences de la Ville de Montréal. Sans parler du fait que, en mettant à contribution les employés de la Direction des immeubles, de l’Unité du développement durable, des étudiants et des employés bénévoles, nous avons décloisonné les différentes composantes de la communauté universitaire.»

C’est en 2015 que l’Université de Montréal a élaboré son plan de gestion des frênes, accompagnée par la firme d’ingénieurs forestiers Nadeau Foresterie Urbaine. Le constat était alors accablant: près de 460 arbres sur le campus montréalais étaient infestés, dont 247 dans une proportion supérieure à 30 %; 221 arbres ont cependant pu être traités au TreeAzin et 186 ont survécu.

Reboiser pour favoriser la relation avec la forêt

Le conseiller à la biodiversité Alexandre Beaudoin souligne le travail de reboisement accompli par son équipe d’étudiants et d’employés bénévoles. Afin de compenser l’abattage des frênes infestés, ils ont planté 160 arbres à l’automne 2017 et 80 le seront ce printemps. Tous ont été donnés par la Société de verdissement du Montréal métropolitain, l’un des partenaires de l’UdeM. M. Beaudoin se désole toutefois que près d’un arbre sur trois mis en terre l’an dernier ait péri. «Étant donné le faible taux de survie de nos nouveaux arbres, nous allons revoir à la hausse le nombre d’individus à planter dans le prochain plan de reboisement et faire des efforts soutenus pour accroître le succès de l’opération.» Il garde néanmoins espoir que la prochaine plantation sera bonifiée, notamment grâce à un budget supplémentaire pour l’achat de matériel tels tuteurs, paillis et fibre de coco.

Quant au choix des essences à privilégier pour le reboisement, Alexandre Beaudoin doit d’abord s’en tenir à une liste des espèces indigènes autorisées sur le mont Royal. Outre les critères de sol et d’ensoleillement à prendre en compte, le biologiste cherche à favoriser les relations entre la forêt et ses occupants en plantant par exemple des arbres fruitiers pour nourrir la faune. Mais il pense également aux promeneurs. «Avec le temps, il se forme dans les boisés des tracés naturels faits par les piétons et qu’on nomme joliment “lignes de désir”. Bien que ce ne soit pas des sentiers aménagés, les piétons empruntent ces chemins, alors nous allons planter en bordure des amélanchiers pour que les gens puissent en cueillir les fruits et les manger.»

Les activités de reboisement seront lancées le 11 mai prochain avec la plantation d’une cinquantaine d’arbres sur le campus à l’occasion de l’inauguration de l’Université d’été en biodiversité.