L’UdeM entreprend un second cycle d’évaluation des programmes

Crédit : Amélie Philibert

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L’Université de Montréal entame un nouveau cycle d’évaluation de ses programmes d’études, qui s’échelonnera sur huit ans.

Qui dit études, dit évaluation. Et dans le milieu universitaire, ce ne sont pas que les étudiants et l’enseignement dispensé qui en font l’objet. En ce printemps 2018, l’Université de Montréal entame son deuxième cycle d’évaluation des programmes d’études, après un premier cycle qui aura duré 10 ans. En tout, ce sont 272 programmes de baccalauréat, de maîtrise, de doctorat et de certificat qui ont été évalués.

«L’évaluation des programmes est une démarche exigeante, mais nécessaire», plaide Claude Mailhot, vice-rectrice adjointe à la promotion de la qualité. Celle qui dirige le Bureau de la promotion de la qualité (BPQ) souligne l’ampleur du travail accompli depuis 2007 par les équipes d’enseignants et d’étudiants qui ont participé aux travaux des comités d’autoévaluation. «Cette démarche systématique vise à analyser l’ensemble des caractéristiques d’un programme et à instaurer une culture de la qualité. Et la raison d’être d’une démarche qualité, c’est d’améliorer les programmes afin d’offrir à nos étudiants la meilleure formation et le meilleur apprentissage possible.»

Si toutes les universités québécoises l’effectuent en suivant la politique générale énoncée par le Bureau de coopération interuniversitaire en 2000, chacune lui donne une orientation qui lui est propre. «Ce qui distingue le processus à l’UdeM, c’est l’approche collaborative, soutient Mme Mailhot. Les enseignants et les étudiants sont ici des acteurs clés qui prennent part à un exercice fait par les unités, pour les unités. Le BPQ est là pour soutenir les unités, mais ce sont elles, les maîtres d’œuvre du processus.»

«Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage»

La vice-rectrice adjointe à la promotion de la qualité, Claude Mailhot.

Crédit : Amélie Philibert

Maintenant que tous les programmes de grade, à l’exception des programmes soumis à un agrément, ont été soumis à une première évaluation, à quoi peuvent s’attendre les unités dans cette deuxième phase? «L’évaluation est un processus cyclique, rappelle Mme Mailhot. De par l’évolution de la société et la production rapide des connaissances, nous sommes tenus de mener régulièrement une réflexion structurée sur nos programmes.»

Mais reprendre le processus ne signifie pas le refaire de la même manière. L’expérience de la dernière décennie et les rétroactions des unités auront permis au BPQ de bonifier le déroulement de la démarche interne. «Nous avons beaucoup travaillé afin de diminuer les irritants! précise la vice-rectrice adjointe. Des enquêtes ont été réalisées auprès des participants et un groupe de réflexion a également été mis sur pied. Pour cette nouvelle ronde, l’accent sera mis sur l’utilisation d’outils plus efficaces et sur un accompagnement plus soutenu des conseillers du BPQ.» Des conseillers qui, au dire de Mme Mailhot, n’attendent qu’un coup de fil ou un courriel.

Quelques nouveautés pour le second cycle d’évaluation

  • Création d’outils plus conviviaux et qui facilitent le travail d’analyse
  • Évaluation des programmes courts: microprogrammes, diplômes d’études supérieures spécialisées, mineures et majeures
  • Révision des questionnaires utilisés pour les enquêtes auprès des étudiants, des enseignants et des diplômés, en collaboration avec la professeure et spécialiste des sondages Claire Durand.

S’il y a une amélioration dont se réjouit particulièrement Claude Mailhot, c’est la possibilité de fournir aux comités d’autoévaluation de nouvelles données. «Depuis 2017, la collaboration avec le Bureau de recherche institutionnelle, le Service de l’admission et du recrutement et le Bureau du registraire nous a permis d’obtenir de précieuses informations. Les comités d’autoévaluation ont désormais accès aux données sur la répartition des nouveaux étudiants inscrits par cote R, au taux de conversion, à la priorité de choix du programme et au taux d’échec et d’abandon dans les cours obligatoires.» Sans compter la participation de l’UdeM à un projet pilote du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur qui permet à l’Université de consulter de l’information recueillie lors de l’enquête Relance auprès des jeunes diplômés.

Qu’est-ce qu’on évalue?

Cinq thèmes structurent l’évaluation de chaque programme:

  1. la finalité et la pertinence;
  2. la population étudiante;
  3. la formation: cours, apprentissage, enseignement;
  4. les mesures de soutien aux étudiants et l’environnement d’apprentissage;
  5. les résultats de la formation et la préparation à l’insertion au monde du travail.

Encore et toujours la qualité de l’enseignement

S’il est essentiel pour les facultés et les départements de prendre connaissance des points à améliorer dans leurs programmes, la reconnaissance de leurs points forts n’est pas sans intérêt pour autant. Ce qui ressort de manière unanime? «La compétence et la qualité du corps enseignant, répond la vice-rectrice adjointe. Ce constat revient dans les rapports des évaluateurs externes et dans toutes les enquêtes faites auprès des étudiants et des diplômés.»

Les évaluations mettent également en lumière la rigueur de la formation théorique et méthodologique offerte par l’Université de Montréal, ainsi que l’esprit critique développé entre ses murs. «Les éléments à améliorer, eux, se trouvent davantage du côté de la structure des programmes, afin de faciliter le parcours des étudiants, mais aussi sur le plan des approches pédagogiques, qui pourraient être plus innovantes», explique-t-elle.

Pour Claude Mailhot, les retombées positives de la démarche qualité sont sans équivoque. «Bien sûr, elle permet une modification des programmes bien structurée et basée sur des faits, mais au-delà de ça elle fournit aux unités une occasion de s’arrêter pour réfléchir et échanger à propos de leurs programmes. Et ça, je crois que c’est hautement bénéfique.»

L’évaluation d’un programme en sept étapes

1. Analyse et rapport du comité d’autoévaluation
Composé de personnes associées de près au programme: professeurs, étudiants inscrits, chargés de cours, diplômés, responsables de programme. Le groupe met environ 10 mois à effectuer son analyse et à rédiger son rapport.

2. Visite et rapport des évaluateurs externes
Par deux évaluateurs externes considérés comme des experts dans le domaine d’études, l’un du Québec et l’autre de l’extérieur du Québec.

3. Avis sur le rapport des évaluateurs externes produit par la faculté

4. Recommandations du Conseil académique d’évaluation des programmes (CAEP)
Composé de huit personnes d’expérience issues du milieu universitaire. Son mandat est de faire ressortir les principaux constats des rapports précédents, les points forts du programme et les points à améliorer, et de formuler des recommandations basées sur l’ensemble du dossier.

5. Préparation du plan d’action par la faculté

6. Dépôt du rapport synthèse du CAEP et du plan d’action à la Commission des études

7. Suivi institutionnel de l’état d’implantation du plan d’action
Effectué par la vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études et par la vice-rectrice adjointe à la promotion de la qualité deux ans après le dépôt du plan d’action.

Consultez le site du Bureau de la promotion de la qualité pour plus d'informations sur le processus d'évaluation périodique des programmes.