Un budget 2018-2019 équilibré pour l’UdeM

Crédit : Fabien Desage

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L’Université de Montréal présente un budget de fonctionnement en léger surplus pour l’année 2018-2019, en dépit d’une baisse du nombre d’étudiants.

L’Université de Montréal atteindra l’équilibre budgétaire en 2018-2019 pour la troisième année d’affilée. Elle pourra même recommencer à rembourser le déficit qu’elle a accumulé au fil des ans. C’est ce qui ressort du budget de fonctionnement 2018-2019 de l’UdeM, adopté lundi soir par le Conseil après avoir été présenté aux instances de l’Université par le vice-recteur aux finances et aux infrastructures, Éric Filteau.

Les revenus de l’UdeM totaliseront 791,2 M$ l’an prochain, une hausse de 3,0 % par rapport à 2017-2018, tandis que les dépenses s’élèveront à 788,2 M$, en hausse de 2,6 %. Comme prévu dans les orientations budgétaires, l’excédent, de 3,0 M$, sera affecté en totalité au remboursement du déficit accumulé, qui passera ainsi de 164,3 M$ à 161,3 M$.

Un réinvestissement bienvenu

Le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, se félicite de ce retour en douceur à l’équilibre budgétaire, qu’il attribue en partie au réinvestissement gouvernemental: «Le gouvernement du Québec avait commencé, en 2016-2017, à réinjecter des fonds dans le réseau universitaire, mais c’est en 2018-2019 que cette volonté d’investir dans l’avenir s’affirmera véritablement. Le budget présenté en mars dernier par Québec comprend une appréciation notable des subventions accordées aux universités, qui se reflète dans notre propre budget. Nous ne pouvons que nous en réjouir.»

Le réinvestissement annoncé par Québec ce printemps n’est en effet pas étranger au redressement budgétaire de l’UdeM. De la centaine de millions de dollars que le gouvernement injectera dans le réseau universitaire en 2018-2019, l’UdeM prévoit dans son budget un apport de 19,5 M$, soit un montant proportionnel à son poids relatif dans le réseau universitaire du Québec. Les facultés bénéficieront de cet appui financier: la base budgétaire de chacune sera appréciée d’un seul coup de 1 %, une mesure d’une valeur de 4,1 M$.

L’UdeM profite également des effets de la gestion serrée de ses dépenses ces dernières années, dans un contexte marqué par une réduction du financement public. Entre 2015-2016 et 2018-2019, les dépenses auront augmenté de 5,6 %, tandis que les revenus devraient connaître une hausse légèrement supérieure, soit de 6,8 %: l’écart, de 1,2 point de pourcentage, explique en bonne partie le comblement progressif du déficit.

Baisse modérée des inscriptions

L’équilibre budgétaire se maintiendra en 2018-2019, et ce, même si les inscriptions seront en recul pour la troisième année de suite. Comme presque toutes les universités québécoises, l’UdeM subit en ce moment le contrecoup de la baisse démographique observée dans la tranche d’âge des 15 à 30 ans.

L’Université prévoit une diminution du nombre d’étudiants bruts l’an prochain, de 176 étudiants. À l’échelle de l’Université, l’effet sera minime, budgétairement parlant. Mais la situation est contrastée entre les différentes facultés. «Certaines de nos facultés sont plus durement touchées par la baisse des inscriptions, précise le recteur. Et même si cette baisse est circonstancielle et appelée à se résorber dans la prochaine décennie, elle a pour le moment des effets non négligeables sur les revenus de quelques unités.»

Le budget de l’an 2 de la transformation institutionnelle

Le budget 2018-2019 vient soutenir un certain nombre de projets mis en œuvre dans le cadre de la transformation institutionnelle. Lancée en 2016, celle-ci a pour double objectif d’actualiser la mission d’enseignement et de recherche de l’UdeM et de moderniser le fonctionnement général de l'établissement.

Parmi les projets qui font l’objet de réserves budgétaires, mentionnons le Centre de pédagogie universitaire, le plan de promotion de la diversité en recherche, la consolidation de la nouvelle direction des relations avec les diplômés et la stratégie numérique de formation à distance. Au total, 5,6 M$ sont alloués pour financer les projets ou les unités associés à la transformation institutionnelle. De plus, priorité est donnée dans le plan triennal des technologies de l’information à plusieurs initiatives de développement technologique liées à la transformation institutionnelle.

«L’équilibre budgétaire est toujours un défi, ajoute le recteur. Et je félicite l’ensemble de notre communauté pour l’avoir relevé. Collectivement, nous sommes maintenant mieux outillés pour mettre en œuvre les 25 projets que nous avons inscrits dans le plan d’action de la transformation institutionnelle. Cet exploit confirme également que, pour ses finances comme pour le reste, l’Université de Montréal agit en citoyen institutionnel responsable.»

Pour plus d’information :

Budget de fonctionnement 2018-2019 de l’UdeM

Le sous-financement: une question en suspens

Depuis quelques années, on parle moins du sous-financement des universités québécoises. Le phénomène n’en demeure pas moins bien réel, comme l’illustre le palmarès annuel des universités canadiennes publié par le magazine Maclean’s. Le classement est accompagné d’un tableau de la dépense par étudiant des universités dotées d’une faculté de médecine.

Dans l’édition de l’automne 2017, on y apprenait que, pour former un étudiant, l’UdeM dépensait en moyenne 9582 $, quand l’Université de Toronto dépense 15 406 $ et celle de la Colombie-Britannique 13 817 $. Un écart qui s’est considérablement élargi depuis cinq ans: entre 2006 et 2015, les dépenses de l’UdeM par étudiant ont augmenté de 5 %, celles de l’Université de la Colombie-Britannique de 50 %. Dix fois plus!

«Le réinvestissement gouvernemental vient à point, mais il ne réglera pas à lui seul la lancinante question du financement universitaire, diagnostique le recteur. Combler le fossé qui nous sépare des établissements comparables des autres provinces est une affaire collective: l’État ni les universités ne peuvent y parvenir seuls. Que notre société reconnaisse l’urgence de corriger la situation est mon souhait le plus cher, comme dirigeant universitaire, mais aussi comme citoyen soucieux de l’avenir de notre monde.»