De Disney Research à l'UdeM: le parcours enchanté de Bernhard Thomaszewski!

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  • Le 19 avril 2018

  • Martin LaSalle
Bernhard Thomaszewski

Bernhard Thomaszewski

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Le professeur adjoint du Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’UdeM veut créer un pôle de premier plan en modélisation numérique pour l’impression 3D.

Professeur adjoint au Département d’informatique et de recherche opérationnelle (DIRO) de l’Université de Montréal depuis juin dernier, Bernhard Thomaszewski nourrit une grande ambition: constituer un groupe de recherche fondamentale d’envergure qui, d’ici cinq ans, formera un pôle de premier plan en modélisation numérique et impression 3D.

Et l’expérience qu’il possède permet de croire qu’il y parviendra: avant de se joindre au corps enseignant du DIRO, il était à la tête du groupe de recherche sur la conception informatique et la fabrication numérique au laboratoire Disney Research, à Zurich, où il a travaillé de 2011 à 2017.

Passionné de mathématiques… et de bricolage!

Les étudiants de Bernhard Thomaszewski testent plusieurs formes d'impression 3D, ici avec de l'argile.

Crédit : Amélie Philibert

Bernhard Thomaszewski a grandi près de Brême, dans le nord de l’Allemagne. Son père, un ancien électricien devenu directeur chez IBM, avait un atelier où il restaurait des meubles. L’enfant y manipulait aussi des outils «pour réparer des vélos, même si je n’étais pas cycliste moi-même, rigole-t-il. Je préférais jouer au foot!»

«J’ai toujours aimé le bricolage, mais également les mathématiques, et j’ai toujours cherché à savoir comment les choses fonctionnent. J’ai donc orienté mes études vers l’informatique et la physique, et plus tard vers l’infographie.»

À 19 ans, il quitte le nid familial pour poursuivre ses études universitaires dans le sud du pays. Il obtient sa maîtrise et son doctorat en informatique de l'Université de Tübingen, après avoir effectué des séjours d’études à Grenoble et à New York.

Il entreprend ensuite ses études postdoctorales au sein du groupe d'infographie de l'École polytechnique fédérale de Zurich. Ses travaux ont pour but de permettre aux créateurs de films d’animation de profiter de la simulation physique sans être contraints dans leur liberté artistique.

Peu de temps après, le professeur de l’École Markus Gross l’invite à le rejoindre à Disney Research, dont il est directeur.

«Il venait de créer à Zurich le laboratoire de recherche fondamentale et industrielle de Disney Research. Je pouvais travailler sur des projets de recherche pratiquement sans contrainte, en collaboration avec des chercheurs extraordinaires du monde entier, et j’ai finalement pu former mon propre groupe de recherche», se remémore M. Thomaszewski. Son mandat consiste alors à utiliser des modèles infographiques pour concevoir de nouveaux outils technologiques qui pourraient profiter aux parcs d’attractions ou aux films de la multinationale américaine.

Un jour, un ami et ancien collègue de chez Disney Research communique avec lui: Derek Nowrouzezahrai, alors professeur adjoint au DIRO, lui suggère de venir le retrouver à Montréal…

Fabrication numérique par impression 3D

Les imprimantes 3D sont plus présentes sur le marché, mais les outils pour concevoir chez soi du contenu personnalisé font largement défaut, selon le professeur Thomaszewski.

Crédit : Amélie Philibert

Dans le laboratoire qu’il dirige à l’Université de Montréal, Bernhard Thomaszewski supervise les travaux de deux étudiants postdoctoraux et de deux étudiants au doctorat qui portent sur les aspects matériels et algorithmiques de divers processus d'impression 3D et d'autres technologies de fabrication numérique d’objets de toutes sortes.

Par exemple, ils conçoivent – dans le Fab-lab nouvellement créé – des objets à l’écran qu’ils transmettent à l’imprimante 3D. Ces imprimantes peuvent aujourd’hui fabriquer des objets à partir de divers matériaux (résine, métaux, polymère, etc.).

Depuis plusieurs mois, son équipe teste une imprimante alimentée par un réservoir d’argile en pâte qui fabrique les objets couche par couche. Mais, puisque ce matériau se comporte de façon plus complexe que des plastiques, certaines imperfections apparaissent, que ce soit au cours de l’impression ou lors du séchage.

«Nous cherchons à comprendre comment réagissent les matériaux afin d’anticiper les problèmes de déformation pendant la conception numérique et pour les corriger d’une façon automatisée, à l’aide de calculs complexes, explique le professeur. Nos travaux permettront de faciliter l’utilisation des imprimantes 3D pour le grand public, alors que se dessine une culture de personnalisation de masse dans cette branche de l’économie.»

En effet, les imprimantes 3D sont plus présentes sur le marché, «mais les outils pour concevoir, à la maison, du contenu personnalisé à partir de ces imprimantes font largement défaut», indique M. Thomaszewski.

De plus en plus d’applications industrielles de l’impression 3D

Les applications industrielles de l’impression 3D et les usages qu’elle permet se rencontrent d’ailleurs de plus en plus dans de nombreux secteurs, comme l’aéronautique ou l’architecture.

Par exemple, M. Thomaszewski collabore avec Caboma, une jeune entreprise qui a imaginé un logiciel de personnalisation grâce auquel il est possible de concevoir, dans l’industrie des orthèses et prothèses, des objets entièrement sur mesure fabriqués par impression 3D.

Avec l’industrie 4.0 et la numérisation de la production, l’importance de la fabrication additive n’ira qu’en se renforçant, selon le nouveau professeur du DIRO.

«La conception en vue de la production d’objets par imprimante 3D est appelée à connaître un essor fulgurant au cours des prochaines années, et mon désir est que l’Université de Montréal devienne l’un des joueurs majeurs de la recherche dans ce domaine», conclut Bernhard Thomaszewski.

Impression 3D en accéléré
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Impression 3D accélérée d'une pyramide d'argile
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