Bornes pour voitures électriques: des étudiants de l’UdeM s’en chargent!

  • Forum
  • Le 25 avril 2018

  • Dominique Nancy
C’est à l’aide du système de réalité virtuelle sociale interconnecté Hyve-3D, mis au point par le professeur Tomás Dorta, que les étudiants ont créé les objets et les environnements de leurs projets.

C’est à l’aide du système de réalité virtuelle sociale interconnecté Hyve-3D, mis au point par le professeur Tomás Dorta, que les étudiants ont créé les objets et les environnements de leurs projets.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Treize solutions innovantes pour recharger les véhicules électriques en ville ont été conçues par des étudiants de troisième année en design industriel.

Bientôt les automobilistes pourront recharger les batteries de leur véhicule électrique directement dans une prise de courant de leur résidence grâce au concept d’une étudiante en design industriel de l’Université de Montréal. Transportables, les batteries ne nécessitent qu’une prise de 110 volts. Plus besoin de tourner en rond à la recherche d’une borne installée en bordure de rue près de son domicile!

C’est du moins ce que propose Ivona Sosic, qui a imaginé ce concept afin de démocratiser la voiture électrique pour ceux qui habitent en ville dans des immeubles à logements. «Je voulais redonner un peu de pouvoir à l’usager de sorte qu’il ne soit pas dépendant d’un service, dit-elle. Il est possible d’avoir un plein contrôle de nos batteries de voiture tout comme avec nos appareils électroniques, qu’on recharge directement chez soi.»

Selon CAA-Québec, plus de 24 000 voitures alimentées à l’électricité circulent actuellement sur les routes du Québec, soit 10 000 de plus qu’il y a un an. Il devrait y en avoir 100 000 d’ici 2020, d’après le plan d’action en électrification des transports du premier ministre Philippe Couillard.

Ivona Sosic, étudiante en design industriel à l’Université de Montréal.

Crédit : Amélie Philibert

L’idée d’Ivona Sosic, qui utilise une technologie déjà accessible sur le marché, prévoit le recours à trois batteries de 14 kg facilement transportables à l’aide d’un chariot et assurant à la voiture une autonomie de 60 km, soit le double des besoins quotidiens moyens des propriétaires de voitures électriques. Élaboré dans le cadre du projet Solutions de stations de charge pour des véhicules électriques en ville, mis sur pied par l’atelier de codesign augmenté et le laboratoire de recherche en design Hybridlab, ce concept de batteries transportables faisait l’objet d’une présentation le 16 avril au laboratoire de recherche de Tomás Dorta, professeur à l’École de design de la Faculté de l’aménagement de l’UdeM. «Il s’agit d’une idée intéressante avec un tout autre paradigme que celui proposé par l’industrie, qui préconise d’abord la performance. J’aime le fait d’explorer d’autres possibilités», a mentionné le professeur, qui a félicité l’étudiante pour la qualité de son travail.

La recharge de sa voiture électrique est un élément important pour les propriétaires ou futurs acquéreurs de ce type de véhicule. Avec la popularité grandissante des véhicules électriques, de nombreuses questions relatives à l’intégration des bornes dans le paysage urbain et à l'offre de solutions de recharge se posent, estime M. Dorta. «Si la borne est assez simple à mettre en place dans une résidence, cela peut devenir plus complexe pour ceux qui vivent en appartement», signale-t-il. En ce qui concerne les bornes publiques, l’une des problématiques est la pollution visuelle dans le paysage des villes. De plus, les conducteurs de voitures à essence se stationnent souvent dans les emplacements réservés aux véhicules électriques, ce qui empêche les automobilistes de recharger leur voiture.

Une technologie électrisante!

Au total, 13 solutions innovantes ont été conçues par les étudiants de troisième année en design industriel de l'Université de Montréal. À l’aide de la réalité virtuelle sociale, les apprentis designers ont proposé une diversité de possibilités allant de dispositifs portables pour les résidants d’immeubles à logements à la charge durant la conduite et la charge d’appoint. «Ce projet vise à repenser la charge des véhicules électriques en ville du point de vue du constructeur automobile, en passant par le design d’interaction et de service jusqu’à la conception de l’infrastructure urbaine. L’objectif est de mieux intégrer différentes solutions de recharge avec de nouveaux services et de nouvelles interactions, le tout dans un paysage urbain repensé», explique Tomás Dorta.

Depuis ses études doctorales en 1993 à l’UdeM, Tomás Dorta s’intéresse à l’influence de la réalité virtuelle comme outil de visualisation sur le processus de design. Cet architecte et designer de formation étudie plus particulièrement les notions de design collaboratif, d’interaction et d’expérience ainsi que l’approche bionique appliquée en design.

C’est à l’aide du système de réalité virtuelle sociale interconnecté Hyve-3D, mis au point par le professeur Dorta, que les étudiants ont créé les objets et les environnements de leurs projets. À travers un écran et une projection, les participants sont immergés dans l’image sans la nécessité de porter des lunettes 3D.

Des projets novateurs

Des 13 travaux présentés par les jeunes designers, plusieurs étaient axés sur le partage des installations de recharge et leur mise en valeur. Comme celui de François Létourneau, qui a pour objectif d’optimiser les équipements de recharge destinés au transport en commun. «L’idée est de permettre aux usagers de recharger leurs véhicules électriques lorsque les autobus sont en circulation. On profite ainsi du matériel accessible pour faire de courtes recharges de 5 à 10 minutes», a fait valoir l’étudiant, dont le projet repose sur deux éléments essentiels: une plaque à induction placée sous la voiture qui assure la recharge ainsi qu’un système de communication renseignant l’usager sur les étapes de recharge, la facturation, etc.

Julien Jardin a, quant à lui, élaboré un concept original qui vise la commodité de la recharge et la réduction de la pollution visuelle. Son dispositif, qui intègre les lampadaires de la ville, prend en compte les besoins des usagers qui habitent dans des appartements et s’adapte à l’environnement urbain avec des câbles modulables qui risquent moins d’être endommagés par le passage des déneigeuses l’hiver ou de nuire aux déplacements. Autre avantage: la facturation est directement liée au compte d’Hydro-Québec de l’usager, ce qui lui permet de bénéficier des coûts résidentiels, soit une réduction de 50 % du tarif comparativement à une borne publique.

Tous les travaux des étudiants ont été réalisés en collaboration avec l’Université de Lorraine (France), l’Université Victoria de Wellington (Nouvelle-Zélande) et l’Université d’Australie-Méridionale à Adélaïde au moyen du système Hyve-3D.

  • Le professeur Dorta en compagnie des jeunes designers qui ont participé au projet Solutions de stations de charge pour des véhicules électriques en ville.

    Crédit : Amélie Philibert