Une salle de concert de la Faculté de musique fait peau neuve

Le doctorant Philippe Prud'homme et le professeur Jean-Eudes Vaillancourt, au piano, accompagnent un quatuor de chanteurs au concert d'inauguration de la nouvelle salle Serge-Garant.

Le doctorant Philippe Prud'homme et le professeur Jean-Eudes Vaillancourt, au piano, accompagnent un quatuor de chanteurs au concert d'inauguration de la nouvelle salle Serge-Garant.

Crédit : Andrew Dobrowolskyj

En 5 secondes

Salle intimiste destinée principalement au récital et à la musique de chambre, la salle Serge-Garant a fait l’objet d’importantes rénovations, un projet géré par la Direction des immeubles.

Les étudiants de la Faculté de musique l’ont de tout temps surnommée «la Chapelle». Non sans raison, puisque la salle Serge-Garant était bel et bien une chapelle où se déroulaient des services religieux, puis des activités musicales jusqu’à son acquisition par la Faculté de musique dans les années 80. Cependant, afin de continuer à remplir son mandat de salle de récital pour les interprètes en devenir, le lieu avait besoin d’importantes rénovations. Le démarchage effectué pour obtenir les budgets nécessaires a porté ses fruits: la nouvelle salle Serge-Garant était inaugurée en mars dernier, après 10 mois de travaux d’une valeur de 1 150 000 $.

Une salle de concert digne de ce nom

Le pianiste et doctorant Philippe Prud'homme a bien connu la Chapelle lors de ses études de premier cycle. «C’était une salle utilisée pour les concerts de classe, mais l’ambiance était somme toute assez scolaire», relate le jeune homme invité à se produire au concert inaugural du 23 mars. Selon lui, les rénovations auront permis à la salle de sortir de son cadre éducatif. «Sur les plans visuels et sonores, on se sent dans une véritable chapelle de concert, et non pas dans une salle associée à des cours. En fait, on ne se croirait pas à l’Université!»

Cette transformation n’est pas due uniquement à des modifications esthétiques. «On parle de rénovations en profondeur, précise la directrice des affaires publiques à la Faculté de musique, Dominique Poulin. Il y a eu des ajouts majeurs sur le plan acoustique: des panneaux placés sur les murs de côté; des structures pyramidales installées au plafond; un panneau à la finition de noyer dans le fond de la scène. Tous ces éléments permettent au son de mieux se propager de la scène jusqu’au public, mais aussi de mieux revenir sur scène afin que les interprètes puissent moduler leurs performances.»

M. Prud'homme confirme le succès de l’entreprise: «J’ai senti que le son circulait davantage et que le public pouvait tout entendre. Ça rend notre travail d’interprète plus facile. On peut se permettre de jouer sur plusieurs plans sonores en sachant que tout ce qu’on va faire sera perçu dans la salle.» Il note que cette circulation du son n’est pas toujours au rendez-vous. «Dans certaines salles de concert, les musiciens s’entendent très bien sur la scène, mais le public, lui, n’entend rien!»

  • Vue d'ensemble de la salle Serge-Garant.

    Crédit : Amélie Philibert
  • L'un des deux nouveaux pianos de la salle. En arrière-plan, le panneau au fini de noyer.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Des panneaux acoustiques de couleur aubergine ont été posés sur les murs de côté, entre les vitraux d'origine.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Au plafond, des structures pyramidales optimisent la diffusion du son. On trouve aussi une nouvelle grille d'accrochage pour l'équipement d'éclairage et multimédia.

    Crédit : Amélie Philibert
  • Un plus grand dénivelé au balcon offre aux spectateurs une meilleure vue lors des concerts.

    Crédit : Amélie Philibert

L’instrument fait le larron

L’un des éléments déclencheurs de ces travaux de rénovation a été l’acquisition en 2017 d’un piano de concert Yamaha CF6. «Un instrument de cette qualité doit être installé dans un endroit adéquat, explique Dominique Poulin. Même si on le souhaitait, la salle Serge-Garant ne pouvait pas alors l’accueillir, car la température de l'arrière-scène baissait beaucoup en hiver.» En projetant d’aménager à l’arrière-scène une cabine à air conditionné, il devenait possible d’envisager d’héberger le nouveau piano. Aujourd’hui, ce ne sont pas un, mais bien deux pianos de grande qualité qui se trouvent en permanence à la salle Serge-Garant.

La scène a également été agrandie pour permettre une meilleure mobilité des interprètes et plus de diversité dans les configurations instrumentales. Les aspects techniques de la salle ont été revus, avec notamment l’aménagement d’une nouvelle régie et l’installation d’une grille suspendue au plafond afin d’offrir plus de possibilités pour la vidéo et l’éclairage. Le coordonnateur à la production de la Faculté de musique, Onil Brousseau, souligne l’importance d’adapter les projets de rénovation aux nouvelles réalités du milieu musical. «Il fallait rendre la salle plus polyvalente afin de mieux répondre aux besoins de la faculté dans tous les domaines de la musique, dont celui de la musique numérique.»

Outre les améliorations du point de vue acoustique, l’expérience du public a été prise en compte dans les rénovations réalisées au balcon: changement du dénivelé afin de modifier l’angle de vue et achat de nouveaux fauteuils. Les instrumentistes verront eux aussi leur confort accru: la hauteur de l’arrière-scène a été optimisée avec la construction d’une mezzanine qui servira entre autres de loge.

Au concert d’inauguration de la nouvelle salle Serge-Garant, la doyenne de la Faculté de musique, Isabelle Panneton, a rappelé qu’avec ses 150 places le caractère intime et convivial de la salle en fait sa particularité et son charme. «La salle possédait déjà de très belles qualités sonores pour le récital, alors il fallait s’assurer de rénover sans perdre ses caractéristiques», indique Dominique Poulin. Depuis sa réouverture, les interprètes qui s’y sont produits sont rassurés; il s’agit bel et bien de la Chapelle, mais en mieux.

Qui était Serge Garant?

Compositeur québécois actif durant les années 60, Serge Garant a été professeur de composition et d’analyse à la Faculté de musique de l’Université de Montréal de 1968 à sa mort, en 1986. Ardent défenseur de la musique contemporaine, il a été l’un des fondateurs de la Société de musique contemporaine du Québec et l’un de ses chefs d’orchestre. Il aura consacré sa carrière à l’avancement de la musique actuelle et à la reconnaissance de la musique québécoise sur la scène internationale.