Des vétérinaires se mobilisent pour le bien-être des animaux

  • Forum
  • Le 30 mai 2018

  • Mathieu-Robert Sauvé
Les vaches laitières veulent plus de liberté!

Les vaches laitières veulent plus de liberté!

Crédit : Thinkstock

En 5 secondes

La Faculté de médecine vétérinaire crée un centre spécialisé dans la santé et le bien-être des animaux.

Quelque 70 chercheurs et experts de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal s’unissent pour mettre sur pied le Centre d’expertise en santé et bien-être animal (CESA). «Depuis quelques années, le bien-être des animaux est une préoccupation majeure tant chez les éleveurs que dans la population en général et nous avons cru utile d’unir nos ressources et nos expériences pour répondre aux besoins du milieu et favoriser des collaborations avec nos partenaires externes», explique le directeur du Centre, inauguré le 30 mai à Saint-Hyacinthe, le Dr Luc Des Côteaux.

Professeur au Département de sciences cliniques et vice-doyen à la formation clinique, professionnelle et continue de la Faculté de médecine vétérinaire, le Dr Des Côteaux a travaillé à la mise en œuvre de ce projet, qui visait originalement la création d’un centre de référence en santé bovine. La Faculté de médecine vétérinaire a saisi l’occasion d’étendre le champ d’action du CESA aux autres animaux de production, de compagnie et de loisir même si les enjeux en matière de santé et de bien-être sont bien différents d’un groupe à l’autre.

Grâce à l’appui du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, le CESA a déjà un premier mandat en lien avec la Politique gouvernementale de prévention en santé 2016-2026, consistant à produire une étude de faisabilité et à proposer un plan d’action pour un système de monitorage de l’utilisation des antibiotiques. Pour ce faire, le nouveau centre disposera d’un budget de 275 000 $ pour la première année, une somme dont on souhaite le renouvellement pour obtenir des subventions trisannuelles jusqu’en 2026.

Le Québec est l’une des provinces les plus progressistes en matière de droits des animaux depuis l’entrée en vigueur, en décembre 2015, de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (chapitre B-3.1), qui interdit explicitement la maltraitance. Les vétérinaires et agronomes qui sont témoins sur leurs lieux de travail de cas de cruauté envers les animaux sont tenus de les rapporter aux autorités.

Liberté!

Avec quelque 500 000 vaches laitières, le Québec est en tête des provinces canadiennes quant à la production de lait. Mais dans la plupart des fermes, les animaux sont attachés jour et nuit. «On voit de plus en plus d’agriculteurs rénover leurs étables ou en construire de nouvelles pour permettre aux animaux de se déplacer librement. Cette tendance est liée à cette préoccupation à l’égard du bien-être des animaux», illustre le directeur du CESA.

Chez les bovins, les porcins et la volaille élevés pour l’abattage, c’est l’enjeu de l’antibiothérapie qui préoccupe les experts. Des équipes sont à surveiller les pratiques d’utilisation des antibiotiques. «Actuellement, il est difficile d’avoir une idée précise de la façon dont les éleveurs administrent les antibiotiques, et la question de la résistance des bactéries nous préoccupe.»

Dans les porcheries, le confinement est aussi un enjeu préoccupant. Mais il ne faut pas régler un problème en en créant un autre. Le Dr Des Côteaux mentionne que les truies qui ne sont plus confinées dans une section de mise bas ont tendance à écraser leurs porcelets…

Trois axes

Les orientations stratégiques du CESA pour les trois prochaines années sont de trois ordres: faciliter l’accès aux services spécialisés pour les partenaires, acquérir des «savoir-faire innovants» et transférer les connaissances.

La mission du Centre consiste à «développer et mettre en valeur l’expertise en santé et bien-être animal, en mettant en place des initiatives durables, en collaboration avec nos divers partenaires».

«Nous avons fait appel à tous ceux qui travaillent, de près ou de loin, sur la santé et le bien-être animal, indique le directeur de l’organisme. Cela inclut des épidémiologistes, des microbiologistes et des cliniciens. Il y a des représentants des milieux associatifs vétérinaires et experts, des milieux de production et de l’industrie, des groupes experts agronomiques et universitaires ainsi que des instances gouvernementales sur les scènes provinciale et fédérale.»

La création du CESA est l’un des 12 chantiers désignés par le plan d’action 2016-2021 adopté par la faculté. Le CESA, peut-on lire, «abordera l’avenue de constituer un groupe d’experts autour de l’analyse de donnés et du big data dans la perspective du suivi des troupeaux et de l’épidémiologie, mais aussi dans la foulée des projets de l’Université dans ce champ de recherche».

  • Michel Carrier, doyen de la Faculté; Rachel Charbonneau, directrice des contrats et partenariats au Bureau de la recherche, du développement et de la valorisation; Christine Barthe, sous-ministre adjointe au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation; et Luc Des Côteaux.

    Crédit : Faculté de médecine vétérinaire