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Présence d'agents anti-infectieux dans les cours d'eaux

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Des agents antibiotiques, antimicrobiens et antifongiques s'infiltrent dans les voies d'eaux de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'Extrême-Orient, selon une enquête parue dans le journal scientifique Environmental Health Perspectives (EHP). Des chercheurs de l'Université de Montréal et d'Environnement Canada ont constaté que la consommation humaine d'agents anti-infectieux et leur utilisation en agriculture sont des causes importantes de leur présence dans l'environnement et même dans l'eau potable.

« Des agents anti-infectieux sont constamment déversés, sous forme de résidus, dans les eaux naturelles près des centres urbains et des zones agricoles, affirme le directeur de la recherche, Sébastien Sauvé, professeur de chimie analytique et environnementale à l'Université de Montréal. Leur impact potentiel sur la propagation de la résistance des bactéries aux agents anti-infectieux et leurs autres effets sur le biota aquatique suscitent des préoccupations. »

L'équipe de chercheurs a compilé des données publiées sur trois catégories d'antibiotiques (macrolides, quinolones et sulfamides) et le composé triméthoprime qui sont présents dans les eaux usées urbaines en Extrême-Orient, en Europe et en Amérique du Nord. Les scientifiques ont trouvé des concentrations plus élevées de ces produits pharmaceutiques dans les eaux usées brutes que dans les eaux usées traitées.

« Tout indique que plusieurs de ces composés sont responsables de la contamination des rivières, des ruisseaux, des lacs, des estuaires, des bassins, de l'eau de mer et de l'eau de puits », a souligné le professeur Sauvé, ajoutant qu'une enquête antérieure de son équipe avait également démontré que le rejet de produits pharmaceutiques dans l'environnement peut favoriser le développement de la résistante microbienne.

L'étude met en garde contre l'utilisation accrue des agents anti-infectieux dans les fermes qui pourrait entraîner, à l'avenir,  la hausse leur concentration dans les eaux usées agricoles. L'étude prévoit également que les stratégies vitales de conservation de l'eau en milieu urbain pourraient avoir comme effet secondaire de réduire le volume des eaux usées, ce qui signifie une dilution moindre, donc une plus grande concentration d'agents anti-infectieux dans les eaux usées. « Les agents anti-infectieux pourraient avoir des répercussions plus importantes dans les pays en développement où les systèmes d'épuration des eaux d'égout peuvent être déficients, les taux de médicaments en vente libre plus élevés et les émissions industrielles moins réglementées », ajoute Pedro A. Segura, premier auteur de l'enquête et doctorant à l'Université de Montréal.

À propos de l'étude :
Les auteurs de l'étude intitulée « Review of the Occurrence of Anti-infectives in Contaminated Wastewaters and Natural and Drinking Waters », publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, sont Pedro A. Segura, Matthieu François et Sébastien Sauvé de l'Université de Montréal et Christian Gagnon de la Division de la recherche sur la protection des écosystèmes aquatiques d'Environnement Canada.

Partenaires de recherche : Cette étude a été financée par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies, le Plan d'action Saint-Laurent, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et la Fondation canadienne pour l'innovation.

Sur le Web :
À propos de l'Université de Montréal
À propos de l'article cité paru dans Environmental Health Perspectives
À propos du Département de chimie
À propos de Sébastien Sauvé

Personne-ressource auprès des médias :
Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
Téléphone : 514 343-7593
Courriel : sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca