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Mettre de l'ordre dans le chaos documentaire

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«Si ça n'existe pas, faisons-le.» C'est ce que se sont dit les professeurs de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) en constatant qu'il n'existait aucun ouvrage synthèse sur les connaissances en sciences de l'information.

Le résultat du défi qu'ils se sont lancés, au moment même où ils effectuaient la révision du programme de maitrise de l'École, vient de paraitre aux PUM sous le titre Introduction aux sciences de l'information. L'ouvrage collectif, codirigé par Jean-Michel Salaün et Clément Arsenault, a mis à contribution tous les professeurs de l'EBSI qui, tour à tour, se sont entourés de plusieurs autres spécialistes pour rédiger les cinq chapitres du livre.

Destiné aux étudiants à la maitrise de l'ensemble de la francophonie, ce volume cherche à faire le pont entre les pratiques nord-américaine et européenne en présentant les situations et les apports de chaque culture professionnelle liée à ce domaine.

«Non seulement ce livre comble un vide, mais il met de l'ordre dans le chaos documentaire», a déclaré Gérard Boismenu, doyen de la Faculté des arts et des sciences, au lancement de l'ouvrage.

Outre les différentes professions et les principales organisations qui composent le monde de l'information, les auteurs traitent notamment du classement, de l'indexation et de la condensation des documents, des sources et des procédures relatives à la recherche d'information, de la gestion stratégique, de l'histoire de la lecture, sans oublier l'inévitable révolution informatique qui a bouleversé le champ d'activité.

La «fracture numérique»

Pour marquer le lancement, les responsables du collectif avaient organisé une table ronde sur le thème de la permanence et des changements en sciences de l'information. «Nous avons demandé à cinq “grands lecteurs” de jeter un regard sur le livre et sur les pratiques professionnelles», a mentionné l'animateur, Jean-Michel Salaün.

Au-delà de la diversité des parcours professionnels, la «fracture numérique» a été au centre de chacune des communications. «Il ne faut pas s'inquiéter des changements à l'ère d'Internet, a dit Hélène Roussel, directrice générale de la diffusion à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Les bibliothèques ont été les premières à s'adapter aux changements informatiques avec les catalogues en ligne, et ce, avant le commerce électronique. La force des bibliothèques fait même l'envie de Google.»

Stéphanie Grenier, directrice de la bibliothèque au cabinet Fasken Martineau et qui a aussi été employée par des compagnies pharmaceutiques, s'est montrée pour sa part plus préoccupée. «Le milieu pharmaceutique possède des outils informatiques très puissants qui risquent de nous remplacer», a-t-elle affirmé. Il faut donc savoir s'adapter et intégrer ces outils à sa profession. Et, si l'on veut travailler en milieu privé, mieux vaut adopter les règles de ce milieu et savoir être rentable pour l'entreprise.

Yvonne De Grandbois, professeure à la Haute École de gestion de Genève, a souligné l'un des apports inestimables de l'informatique à la diffusion de l'information. Alors qu'elle était directrice de la bibliothèque de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle et ses collègues ont réussi le tour de force d'amener des éditeurs de revues savantes à rendre accessibles leurs publications aux pays en voie de développement par les abonnements de l'OMS. «Ces revues peuvent ainsi être gratuitement consultées par ceux qui en ont le plus besoin», a-t-elle indiqué.

Pour Diane Baillargeon, adjointe au directeur du Service de la gestion de documents et des archives de l'UdeM, on ne pourra jamais se passer d'archivistes malgré l'omniprésence de l'informatique. «Il y a des maisons sans livres mais pas de maisons sans archives, ne serait-ce que par la présence de factures d'électricité que l'on conserve», a-t-elle fait valoir. Et de nombreuses émissions de télévision comme Tout le monde en parlait ne sont possibles que grâce à l'archivage. «Ce n'est pas la première révolution que le milieu connait depuis le parchemin», a-t-elle poursuivi.

Finalement, Martin Sévigny, chef de projet à la compagnie de gestion documentaire Irosoft, a toujours navigué dans le secteur de l'information grâce à l'informatique. «En 15 ans de travail, je n'ai occupé des fonctions qui ressemblent au modèle traditionnel de la profession que pendant un an», a-t-il signalé. L'informatique documentaire couvre de nombreuses fonctions telles la gestion, la mise en marché et la diffusion de produits numériques.

Aucun de ces cinq spécialistes de l'information n'avait pensé, lors de son adolescence ou de ses études universitaires, à devenir bibliothécaire ou archiviste. Chacun a toutefois avoué être fort satisfait du choix arrêté et du travail accompli.

Daniel Baril