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Un esprit de synthèse hors du commun et un communicateur exceptionnel

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Paul Lacoste  1923-2009

Paul Lacoste, qui s'est éteint le 22 aout, a contribué à façonner l'Université de Montréal telle qu'elle existe aujourd'hui. À titre de recteur, poste qu'il occupa de 1975 à 1985, mais également comme vice-recteur exécutif aux côtés de Roger Gaudry et comme professeur de droit et de philosophie.

«Mon premier contact avec Paul Lacoste fut à titre d'étudiant à la Faculté de droit. Un des cours qu'il donnait avait lieu le vendredi après-midi. C'était à l'hiver 1964. En dépit de l'horaire tardif, ce cours était un des plus fréquentés. Ses qualités de professeur étaient telles que ses cours étaient suivis par un nombre important d'étudiants qui appréciaient non seulement sa connaissance intime de la matière, mais également la clarté de ses exposés», a raconté Michel Lespérance, ex-secrétaire général de l'Université, dans un hommage livré aux funérailles de M. Lacoste le 2 septembre dernier.

En cela, tous les témoignages concordent: Paul Lacoste possédait une très vive intelligence et un don pour la communication.

«Paul Lacoste était doté de trois immenses qualités: une très grande intelligence, un don exceptionnel de communicateur et une intuition politique rare», selon Jacques Boucher, qui fut secrétaire général de l'Université puis doyen de la Faculté des études supérieures.

Et du sens politique, il en aura fallu au recteur Lacoste à qui l'on doit, ainsi qu'à d'autres, l'adoption de la première charte laïque de l'Université en 1967. M. Lacoste avait dû aller à Rome pour que l'UdeM obtienne l'autorisation de se détacher de l'Église. Mais il avait soigneusement préparé son projet, ayant au préalable obtenu l'appui indispensable du cardinal Paul-Émile Léger.

Cette charte consacrait le caractère laïque de l'Université de Montréal, mais elle faisait bien plus. Elle établissait des principes fondamentaux qui demeurent au cœur du fonctionnement universitaire, à commencer par la participation des professeurs à l'administration de l'Université.

«Il importait grandement à M. Lacoste d'éviter une concentration du pouvoir entre les mains d'une seule instance ou d'un seul groupe. Il me disait souvent, rappelle Michel Lespérance, que ce qu'on avait voulu par cette charte, c'était de faire en sorte que tous aient du pouvoir, mais que personne ne l'ait en entier.»

Paul Lacoste s'est donc assuré que l'Université de Montréal ne serait pas laissée-pour-compte dans la Révolution tranquille qui secouait la société québécoise. Plus, elle contribuerait aux changements en cours.

Cette attitude n'étonne pas de la part d'un homme aussi créatif et moderne mais également aussi actif dans sa communauté. Car Paul Lacoste a été membre du Conseil supérieur de l'éducation, animateur d'affaires publiques à Radio-Canada, secrétaire adjoint de la commission Laurendeau-Dunton et membre du conseil de la Ville de Montréal et de la Communauté urbaine de Montréal.

À l'Université, c'est à M. Lacoste et à Roger Gaudry, avec qui il travailla neuf ans à titre de vice-recteur exécutif, qu'on doit le modèle de la carrière universitaire telle qu'on la connait aujourd'hui.

Le recteur, Luc Vinet, a souligné ce volet majeur du travail de Paul Lacoste dans l'éloge funèbre qu'il a prononcé. Le modèle élaboré par MM. Gaudry et Lacoste, a-t-il mentionné, a permis de donner un nouvel essor à la recherche et aux études aux cycles supérieurs.

«À toutes les étapes de sa carrière, M. Lacoste a eu une conception très élevée et très exigeante de l'Université», a aussi dit M. Vinet.

Paul Lacoste réunissait un ensemble de qualités qui ont fait de lui un grand recteur. Michel Lespérance indique qu'il était doué d'une capacité de synthèse hors du commun, associée à une faculté de placer toute problématique dans son contexte plus large.

«Une fois qu'il avait parlé, il n'y avait souvent plus rien à redire», résume-t-il.

P.d.R.