L'AU veut favoriser l'interdisciplinarité mais sans lourdeurs administratives

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L'interdisciplinarité dans l'enseignement universitaire devient chaque jour plus essentielle à la qualité de la formation. Là-dessus, tout le monde s'entend, si l'on en juge par l'accueil fait à un rapport sur le sujet présenté à la réunion de l'Assemblée universitaire (AU) du 18 janvier.

Toutefois, plusieurs membres ont mis la direction en garde contre la tentation de créer des structures administratives qui, loin d'accélérer les choses, ne feraient qu'alourdir le processus de mise en place de programmes bidisciplinaires ou de l'une ou l'autre des structures comprises sous le vocable d'interdisciplinarité.

«Les besoins scientifiques doivent être à la source de l'interdisciplinarité. Cette dernière doit résulter des demandes des professeurs», a souligné Samir Saul.

Le groupe de réflexion qui a préparé le rapport sur l'interdisciplinarité était présidé par Louise Béliveau, vice-rectrice adjointe aux études supérieures et doyenne de la Faculté des études supérieures et postdoctorales. Le rapport recommande d'ailleurs que l'Université prévoie un mode de reconnaissance pour les professeurs qui s'engagent dans l'aventure de l'interdisciplinarité. Car des encouragements doivent être prodigués pour venir à bout de la structure en silos qui prévaut à l'Université et qui ne facilite pas l'intégration dans un second programme d'étudiants inscrits à un premier programme.

Toutefois le mouvement est bien réel. Le doyen de la Faculté des arts et des sciences (FAS), Gérard Boismenu, a indiqué que «nous ne recevons presque plus de propositions pour les cycles supérieurs qui ne soient pas interdisciplinaires». Ce qui veut dire que l'interdisciplinarité à la FAS concerne tous les cycles puisque la Faculté offre déjà 10 programmes de premier cycle bidisciplinaires.

Pas coincés

En présentant le rapport de son groupe aux membres de l'AU, Mme Béliveau a spécifié que «nous préconisons une variété de modèles, car une formule unique ne conviendrait pas à la diversité qui existe à l'Université».

Le provost et vice-recteur aux affaires académiques, Jacques Frémont, s'est d'ailleurs réjoui que le Groupe de réflexion ait opté pour diverses avenues allant de l'ouverture à l'égard d'étudiants d'autres programmes à la véritable mise en commun des savoirs, en passant par la juxtaposition de disciplines dont font partie les bidisciplinaires de la FAS. Il existe par ailleurs une voie qui conduit à l'émergence de nouvelles disciplines, mais l'Université n'en est pas encore là.

«Le Groupe aurait pu s'enfarger dans les fleurs du tapis avec une seule définition qui nous aurait coincés», a-t-il dit.

Le Groupe de réflexion sur l'interdisciplinarité a été formé à la fin de 2007. Son rapport a été présenté à la Commission des études et au Comité de la planification en mars et avril 2009. La direction a donc eu amplement le temps de formuler un avis sur les 50 recommandations du Groupe. Si elle a des réserves sur l'application de certaines suggestions, il n'en reste pas moins qu'elle appuie sans réserve l'élan donné à l'interdisciplinarité.

La direction n'a cependant pas pris d'engagement ferme en matière de soutien financier au projet compte tenu du contexte budgétaire. Mais elle pourrait appuyer certaines idées à partir du Fonds des priorités institutionnelles.

Une subvention en péril

Plus tôt, le vice-recteur exécutif, Guy Breton, avait informé l'Assemblée universitaire que le gouvernement du Québec retenait la partie de la subvention – une somme de 50 M$ – qui est assujettie à des engagements budgétaires. L'Université n'étant pas parvenue cette année à l'équilibre budgétaire comme elle s'y était engagée, le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport lui demande, à elle et à trois autres universités, de soumettre d'ici la fin mars un nouveau plan de retour à un budget équilibré.

Moratoire levé

Enfin, le recteur, Luc Vinet, a confirmé, en réponse à une question, que le moratoire sur le renouvèlement des postes avait bien pris fin le 31 décembre.

«Le moratoire est levé. Il nous faudra cependant bien planifier le déploiement de nos ressources», a confirmé le recteur en rappelant que la préparation du budget, en cours, était cruciale.

Des membres de l'AU ont laissé entendre que le nombre de professeurs devrait être augmenté vu la hausse des étudiants plus importante que prévu cette année.

Ce à quoi le vice-provost et vice-recteur à la planification, Pierre Simonet, et le recteur ont répondu que l'UdeM pouvait très bien soutenir la comparaison avec plusieurs autres universités en matière d'encadrement.

Paule des Rivières