«Une aidante naturelle comme les autres»

Janine Gagnon-Corbeil est l'auteure de l'ouvrage «Une aidante naturelle comme les autres».

Janine Gagnon-Corbeil est l'auteure de l'ouvrage «Une aidante naturelle comme les autres».

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Trois questions à Janine Gagnon-Corbeil (psychologie 1957), auteure de «Une aidante naturelle comme les autres».

Les diplômés: Vous avez accompagné votre mari atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA). Pourquoi avoir livré ce témoignage?

Janine Gagnon-Corbeil: «La littérature voit dans le présent les tempêtes du passé», écrivait Jean d’Ormesson. Durant toutes ces années comme aidante naturelle, j’ai été active au sein de la Société de la SLA du Québec, que mon mari avait mise sur pied. Comme psychologue, j’y animais des rencontres mensuelles pour les proches aidantes. J’avais été frappée par leur misère physique et morale, par la solitude dans laquelle elles étaient enfermées et par l’incompréhension à laquelle elles se heurtaient dans leur vie quotidienne. J’ai voulu témoigner pour mettre en pleine lumière ce type d’héroïsme au quotidien, aussi vieux que l’histoire de l’humanité, mais qui a toujours été ignoré, voire méprisé, et n’a jamais été rétribué de quelque façon que ce soit.

LD: À qui s’adresse votre livre?

JGC: Aux proches aidants et aidantes, mais aussi au grand public en ce qu’il veut contribuer à un éveil des consciences politique et sociale d’un problème occulté qui, avec le vieillissement de la population, n’ira qu’en augmentant. Cette prise de conscience est non seulement socialement et financièrement de la plus grande importance, elle est aussi urgente.

LD: Vous montrez que la majorité des aidants naturels sont des femmes, que vous qualifiez d’«héroïnes du quotidien»…

JGC: L’esprit d’entraide est commun à tous les humains. Pour des raisons de survie de l’espèce, alors que les hommes allaient à la chasse, à la guerre, protégeaient le territoire, les femmes prenaient soin des enfants, des malades, des vieillards. Ce partage de responsabilités, indispensable à l’origine, a contribué à une rigidification des rôles et a fait que, tout comme l’histoire des femmes en général, l’héroïsme de type féminin a été totalement masqué. L’héroïsme des hommes est d’ordre public et se  manifeste par des actions d’éclat. Il a été et est largement reconnu et honoré. Celui des femmes est fait de gestes continus dans la sphère du privé, donc passé sous silence malgré son côté bien concret. C’est surtout ce type d’héroïsme dont la société aura dorénavant besoin.

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«Une aidante naturelle comme les autres»
Janine Gagnon-Corbeil

Del Busso Éditeur, 2018
184 pages, 19,95 $