Cinq questions au directeur du Centre de pédagogie universitaire

Bruno Poellhuber

Bruno Poellhuber

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Présentation de la quatrième action réalisée du plan «Transcender les frontières»: la création d’un centre d’innovation et de soutien pédagogique.

L’enseignement est au cœur de la mission universitaire. Et il est au centre du plan d’action élaboré dans le cadre de la transformation institutionnelle, qui prévoyait la création d’un centre d’innovation et de soutien pédagogiques. C’est maintenant chose faite! Lancé en 2017, le Centre de pédagogie universitaire (CPU) est venu remplacer les Services de soutien à l’enseignement. Un changement de nom qui témoigne surtout d’un changement de cap: devenir un centre de veille de l’innovation pédagogique dans le monde et accompagner nos professeurs et nos chargés de cours dans la maîtrise de nouvelles approches d’enseignement. Le premier directeur du CPU, Bruno Poellhuber, professeur au Département de psychopédagogie et d’andragogie de la Faculté des sciences de l’éducation, nous explique ce qui change dans le domaine du soutien à l’enseignement à l’UdeM.

Pourquoi avoir changé le nom des Services de soutien à l’enseignement pour le Centre de pédagogie universitaire?

Tout soutien à l’enseignement passe de nos jours par une solide compréhension de l’évolution des techniques et des approches pédagogiques. C’est particulièrement vrai en milieu universitaire, où l’on étudie cette évolution. En abandonnant le terme de «service» pour celui de «centre», nous voulions clairement marquer notre intention de ne plus simplement répondre aux demandes des professeurs, mais de leur faire des propositions. Nous souhaitons passer de «clinique pédagogique» à un véritable centre de veille sur les innovations pédagogiques et technopédagogiques.

Mais vous offrez toujours des services de soutien à l’enseignement?

Bien entendu. Nous avons même bonifié considérablement notre offre de services, en particulier pour ce qui est des formations. Deux nouvelles formations connaissent un grand succès: la conception universelle d’apprentissage, qui donne aux professeurs des clés pour abaisser les barrières d’apprentissage chez les étudiants en situation de handicap, et notre atelier sur la classe inversée, une méthode de pédagogie active qui intervertit les pôles traditionnels de l’apprentissage – les devoirs en classe, la théorie magistrale à la maison. Ces formations affichent souvent complet! Bref, nous continuons d’offrir des services de soutien à l’enseignement. Mais je vois le CPU comme un accompagnateur davantage qu’un prestataire de services spécialisés. Avec un volet stratégique affirmé.

Donnez-nous un exemple de la fonction stratégique du CPU.

Nous sommes intervenus à certaines étapes de la construction du pavillon des sciences au campus MIL. Certaines salles de classe ont été redessinées pour en faire des lieux d’apprentissage du 21e siècle. Nous avons proposé une approche plus flexible de l’aménagement des locaux pour favoriser le travail de groupe et l’utilisation des technologies, particulièrement efficace en enseignement des sciences. Autre exemple d’intervention du CPU: notre équipe participe de près aux complexes processus d’agrément qui permettent aux facultés d’offrir des programmes en adéquation avec les besoins de la discipline et du marché du travail à l’échelle canadienne et parfois nord-américaine. Cet exercice qui peut s’étirer sur plusieurs années demande une expertise particulière.

Le CPU accompagne les professeurs, mais en dernière analyse n’est-ce pas les étudiants qui profitent, même indirectement, de votre travail?

Tout à fait. Un de nos objectifs, c’est d’offrir aux étudiants et étudiantes de l’UdeM une expérience pédagogique de qualité, adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Nous accompagnons notamment les facultés et départements – le Département de psychoéducation par exemple – dans l’implantation d’approches-programmes ou d’approches dites «par compétences», qui visent à enrichir le curriculum extradisciplinaire de l’étudiant. C’est notre contribution indirecte à ce qu’on pourrait appeler la signature UdeM: des programmes distinctifs qui, au-delà de la transmission du contenu disciplinaire, préparent nos futurs diplômés à une vie professionnelle et à un engagement citoyen au diapason de la société.

Et qu’en est-il des cours en ligne?

C’est un autre exemple de diversification de l’expérience d’apprentissage. L’UdeM s’est engagée plus formellement dans la formation à distance ces dernières années. L’idéal serait que tout étudiant ait l’occasion de suivre au moins un cours en ligne pendant son cursus. Le CPU travaille, parfois de très près, avec des professeurs et des facultés pour la création de cours en ligne ouverts à tous et de formations à distance [voir l’encadré]. Nous avons maintenant systématiquement recours à des appels d’offres pour l’élaboration des cours en ligne sous toutes leurs formes. De toute évidence, il y a une demande à la fois pour des formations entièrement en ligne et pour des cours hybrides.

  • Le CPU vise à offrir aux étudiants et étudiantes de l’UdeM une expérience pédagogique de qualité, adaptée à la réalité d’aujourd’hui.

    Crédit : Amélie Philibert

Les avantages du CPU, selon Garine Papazian-Zohrabian, professeure au Département de psychopédagogie et d'andragogie

Auteure d’une thèse sur les deuils et traumatismes de guerre, Garine Papazian-Zohrabian a vu l’intérêt pour son sujet exploser à la suite de l’arrivée massive d’immigrants d’origine syrienne. Avec l’aide du Centre de pédagogie universitaire (CPU), elle a conçu un cours en accès libre destiné aux directions d’école et à tous ceux que la question intéresse. «Nous avons déjà 160 inscrits et le cours n’est même pas officiellement lancé», explique cette professeure du Département de psychopédagogie et d'andragogie de la Faculté des sciences de l’éducation, arrivée à l’Université de Montréal en 2011.

Pour enregistrer et mettre en ligne ce cours, d’une durée totale de 30 heures, Mme Papazian-Zohrabian a travaillé étroitement avec l’équipe du CPU. «En plus de nous fournir un financement, le Centre nous a encadrés avec des technologues pédagogiques, un caméraman, un monteur et des assistants de recherche. Sans eux, je n’aurais pas pu réaliser tout ce travail en moins de six mois», commente-t-elle à quelques heures du lancement de son cours.

Voilà un bon exemple des services qu’on peut trouver au CPU, souligne son directeur, Bruno Poellhuber. «Notre mission consiste à contribuer à la valorisation de l’enseignement, en soutenant le personnel enseignant et les facultés dans leur développement pédagogique», déclare-t-il.