«L’Université n’a de comptes à rendre qu’à la vérité.» – Paul Gérin-Lajoie

Paul Gérin-Lajoie lors d'une célébration hommage en 2012, à l'Université de Montréal.

Paul Gérin-Lajoie lors d'une célébration hommage en 2012, à l'Université de Montréal.

Crédit : Pierre-Étienne Bergeron

En 5 secondes

L’Université de Montréal souligne la contribution exceptionnelle de Paul Gérin-Lajoie à la société québécoise, mais aussi à sa faculté de droit, dont il était diplômé et professeur invité.

L’Université de Montréal joint sa voix à celles du Québec tout entier pour souligner les qualités exceptionnelles de l’homme politique et du philanthrope Paul Gérin-Lajoie, décédé le 25 juin. Diplômé de la Faculté de droit en 1942, il aura laissé une empreinte magistrale sur le milieu de l’éducation et sur la société québécoise en général, et marqué tout aussi durablement le développement de l’UdeM et de sa faculté de droit en particulier. L’Université lui décernait un doctorat honorifique en 1963.

Un premier centre de recherche universitaire en droit

C’est à l’initiative de Paul Gérin-Lajoie que le gouvernement libéral de Jean Lesage participe à la création, en 1962, de l’Institut de recherche en droit public, connu aujourd’hui comme le Centre de recherche en droit public. Alors ministre de la Jeunesse, M. Gérin-Lajoie tenait déjà pour essentiel le rôle critique que peuvent et doivent jouer les organismes voués à la recherche, comme en témoigne son discours à l’inauguration de l’Institut: «L’Université n’a de comptes à rendre qu’à la vérité.»

Cette unité devint le premier centre universitaire de recherche en droit au Québec et au Canada, constituant ainsi un tournant dans la discipline universitaire du droit. Comme le soulignait la Faculté de droit de l’Université de Montréal: «La faculté se transformait alors en un lieu où le droit était saisi en fonction de ses liens avec le social, l’économique et le politique et où ses professeurs se définissaient également comme des chercheurs.»

Une mine d’or à la Bibliothèque de droit

En 2005, Paul Gérin-Lajoie faisait don à la Bibliothèque de droit de plusieurs centaines de documents en droit, en histoire et en science politique, ainsi que d’une copie de tous les discours et allocutions qu’il avait prononcés jusqu’alors.

En 2011, l’Université de Montréal remettait à M. Gérin-Lajoie la Médaille de l’Université en reconnaissance de sa contribution remarquable à l'avancement de la société québécoise en matière d’éducation.

Paul Gérin-Lajoie

Considéré comme le «père de l’éducation moderne du Québec», Paul Gérin-Lajoie est à l’origine de la création du ministère de l’Éducation, dont il est devenu le premier titulaire en 1964. On lui doit notamment la fréquentation scolaire obligatoire jusqu’à 16 ans, les principes de gratuité et d’accessibilité, ainsi que la création des polyvalentes. Son apport aura également été de taille en matière de relations internationales et de coopération: président de l’Agence canadienne de développement international de 1970 à 1977, il a mis sur pied en 1977 la Fondation Paul Gérin-Lajoie, vouée à l’éducation, à l’alphabétisation et à la formation professionnelle dans les pays en développement.