Des membres de l’Université de Montréal sont décorés de l’Ordre national du Québec

Crédit : Amélie Philibert

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L’Ordre national du Québec accueille des professeurs et des diplômés de l’Université de Montréal.

Des membres de l'Université de Montréal ont été décorés de l’Ordre national du Québec le 22 juin, à l’occasion d'une cérémonie qui s’est déroulée à la salle du Conseil législatif de l'hôtel du Parlement.

L’Ordre national du Québec est la plus haute distinction décernée par l'État québécois. Les récipiendaires de l'Ordre sont des personnes qui par leurs réalisations, leurs valeurs et leurs idéaux ont marqué l’évolution et le rayonnement du Québec.

«C'est, encore une fois, un réel plaisir pour moi d'accueillir des femmes et des hommes d'exception dans les rangs de l'Ordre national du Québec, et ce, au nom du peuple québécois. Ces personnes contribuent au rayonnement du Québec tout en repoussant les limites dans leurs sphères d'activité respectives. En ce sens, elles ont le pouvoir d'inspirer toute une société», a souligné le premier ministre, Philippe Couillard.

Professeurs

Pierre Nepveu

Insigne d'officier

Poète, essayiste et romancier, Pierre Nepveu, nommé professeur émérite en 2011, a enseigné la littérature à l’Université de Montréal pendant plus de 30 ans. On doit à ce spécialiste de l’œuvre poétique de Gaston Miron des essais consacrés à la poésie québécoise contemporaine et la biographie Gaston Miron: la vie d’un homme (Boréal, 2011). Ses principales recherches ont aussi porté sur la littérature juive montréalaise et les littératures francophones des Amériques. Il est membre de l’Académie des lettres du Québec et de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois. Pierre Nepveu est sans doute l’un des premiers à s’être intéressé, dans la littérature canadienne de langue française, aux écritures migrantes. À travers le prisme de celles-ci et sous l’angle du pluralisme, il a contribué, par ses travaux critiques et par ses textes d’opinion, à la réflexion sur l’évolution, depuis les années 60, de l’identité québécoise.

Isabelle Peretz

Crédit : Christian Fleury

Isabelle Peretz, professeure au Département de psychologie de l'Université de Montréal, est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neurocognition de la musique et de la Chaire Casavant en neuropsychologie et cognition musicale. Elle codirige le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son depuis 2005.

Les recherches de la professeure Peretz ont pour point central les processus cognitifs en jeu dans les activités musicales. Elle a notamment démontré les fondements biologiques de la musique, le fait que celle-ci repose sur des bases neurologiques et cognitives pouvant être étudiées en laboratoire. Dans ses travaux, elle aborde également la compréhension fine du potentiel musical de la population en général. Mme Peretz a ouvert la voie de la «neurocognition de la musique» et en a fait un champ disciplinaire effervescent. Grâce à elle, Montréal est aujourd’hui la capitale mondiale de l’étude du «cerveau musical».

Guy Rocher

Guy Rocher, professeur de sociologie de l’UdeM, est un intellectuel engagé qui n’a pas hésité à s’occuper d’affaires publiques. D’après Le petit Larousse, ce membre influent de l’historique commission Parent a joué «un rôle décisif en matière de politique linguistique, culturelle et scientifique» pour le Québec. Dans les cercles universitaires, il est surtout connu pour avoir élaboré la sociologie du droit. Il a d’ailleurs été chercheur associé (1979-2014), puis chercheur honoraire au Centre de recherche en droit public, où il a brillé par ses travaux. Devenu professeur émérite en 2010, il continue, à 90 ans passés, à garder un lien avec l’Université de Montréal en tant que professeur associé.

Lorraine Vaillancourt

Crédit : Bernard Préfontaine

Insigne de chevalier

Chef d’orchestre et pianiste, Lorraine Vaillancourt est fondatrice et directrice artistique du Nouvel Ensemble moderne, en résidence à la Faculté de musique de l’Université de Montréal depuis 1989. Professeure à cette même faculté, elle y a dirigé l’Atelier de musique contemporaine à partir de 1974 et jusqu’à sa retraite de l’enseignement, en 2016. Régulièrement invitée par divers ensembles et orchestres tant au Canada qu’à l’étranger, Mme Vaillancourt s’est démarquée en s’engageant dans les sentiers peu explorés de la musique contemporaine, et ce, avec une rigueur et une détermination hors du commun ainsi qu’avec le souci constant de préparer et d’accompagner la relève musicale.

Le Conseil québécois de la musique lui a remis le prix Hommage des 21es prix Opus 2018 pour souligner son statut d’artiste incontournable du milieu de la musique et couronner sa carrière.

Lorraine Vaillancourt était l’invitée de la 5e Conférence de la montagne de l’Université de Montréal, tenue en mars 2018. Revoir la conférence.

Fred Saad

Scientifique parmi les plus consultés dans le monde, Fred Saad est professeur de chirurgie urologique à l’UdeM et titulaire de la Chaire Raymond Garneau en cancer de la prostate. Ses collaborations se sont traduites par de nouveaux traitements qui améliorent la qualité de vie et la survie des hommes atteints de ce cancer. Le Dr Saad a établi, en 1993, l’une des premières cliniques multidisciplinaires spécialisées en cancer de la prostate sur le continent.

Au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), il est chef du service d’urologie et directeur de l’oncologie urologique. Il est également directeur du laboratoire d’oncologie moléculaire et de la recherche clinique en cancer de la prostate de l’Institut du cancer de Montréal. En 2014, il a reçu le prix d’excellence du Centre de recherche du CHUM pour sa carrière de chercheur.

Diplômés

Insigne d’officier

Grand serviteur de l’État et éclaireur de la conscience du peuple québécois sur de multiples enjeux, Jean-Pierre Charbonneau (criminologie 1977) a marqué la vie sociopolitique du Québec sur une très longue période. Il s’est illustré avec éclat en tant que journaliste, parlementaire, coopérant international, conférencier et analyste politique.

Francine Lelièvre (lettres 1969) a transformé le Musée Pointe-à-Callière en la Cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, un pôle culturel et touristique de classe mondiale qui regroupe plusieurs lieux historiques au moyen d’un parcours souterrain inédit au cœur de vestiges archéologiques. Au fil des ans, sous sa houlette, Pointe-à-Callière en est venu à tisser des liens avec plus de 150 musées étrangers pour offrir des expositions à caractère international ou universel. Mme Lelièvre a reçu un doctorat honoris causa de l’UdeM.

Louise Mailhot (droit 1964) a été reçue avocate à une époque où l’accès aux professions juridiques était difficile pour les femmes, soit en 1966. Pourtant, Me Mailhot est devenue juge à la Cour supérieure, puis à la Cour d’appel du Québec (première femme pour le district de Montréal). Elle a été la première avocate élue, en 1974, au conseil d’administration du Barreau du Québec.  

Andrée-Lise Méthot (sciences 1997) a contribué, au Québec, à la naissance de tout un écosystème économique ou d’affaires favorable à l’essor du secteur des technologies dites «propres». Dans ce secteur prometteur, elle a monté l’entreprise Cycle Capital Management, qui réunit des investisseurs semi-étatiques industriels et stratégiques dans des domaines allant de l’agriculture à la chimie verte en passant par les biocarburants de nouvelle génération, les réseaux intelligents de distribution d’électricité, les mégadonnées et les technologies destinées aux villes intelligentes.

Insigne de chevalier

Michèle Boulanger-Bussière (FEP 1981) a contribué à renforcer la filière mode québécoise sur divers aspects: la formation de la main-d’œuvre spécialisée, l’essor durable de la relève, la conception de l’image de l’industrie et la promotion des créatrices et créateurs à l’étranger. Son nom est intimement associé à la toute première formation en mode offerte au Québec au collégial, puis à l’université, avec les cursus création, commercialisation et gestion de la production. De 1995 à 2006, elle a été coprésidente puis directrice des affaires administratives à l’École supérieure de mode de Montréal.

Chercheur scientifique et entrepreneur, André Gosselin (sciences 1987) a cofondé trois sociétés: Les Fraises de l’île d’Orléans (1979), Les Serres du Saint-Laurent (1987) et le Centre de recherche en horticulture (1990). Ce lauréat des prix Lionel-Boulet et Roland-Harnois s’est vu conférer plusieurs titres honorifiques: commandeur de l’Ordre du mérite agronomique, fellow de l’American Society for Horticultural Science et grand diplômé de l’Université Laval. M. Gosselin appuie divers organismes caritatifs, Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, Moisson Québec et Les Diabétiques de Québec.

Paul-André Linteau (histoire 1975) compte parmi les historiens les plus réputés du Canada. Pionnier de l’histoire économique du Québec et spécialiste du passé de Montréal, il figure en bonne place parmi les artisans de l’histoire moderne québécoise en tant que champ d’études. S’estimant «historien du contexte», il s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de mettre en lumière la complexité et la diversité des trajectoires historiques qui ont forgé la société québécoise.

Par ses efforts soutenus de recherche, Patrick Paultre (Polytechnique Montréal 1981) accroît la sécurité mécanique des bâtiments et des ouvrages d’art. En 2001, cet Haïtien d’origine a lancé le Centre d’infrastructures sismiques majeures interuniversitaire du Québec, qu’il a dirigé à ses débuts. En 2006, il a fondé un autre organisme international: le Centre d’études interuniversitaire des structures sous charges extrêmes. Après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti en 2010, il y a assuré un rehaussement des codes de construction parasismique ainsi que la formation afférente nécessaire aux ingénieures civiles et ingénieurs civils et aux architectes.

Lili-Anna Pereša (Polytechnique Montréal 1987) se démarque par ses réalisations d’ordre sociocommunautaire et humanitaire. Elle a consacré l’essentiel de sa carrière au mieux-être collectif, principalement en dirigeant des organismes d’appui aux populations démunies ou vulnérables, par exemple Les Petits Frères, le YWCA de Montréal, One Drop et Amnesty International France. Depuis 2013, elle est à la tête de Centraide du Grand Montréal, où elle s’emploie à diversifier l’action philanthropique dans une perspective de développement social.

Gestionnaire culturelle de talent, Danielle Sauvage (science politique 1964) a été successivement directrice des communications et du marketing au Musée des beaux-arts de Montréal, directrice de la Fondation du Centre canadien d’architecture et directrice générale du Conseil des arts de Montréal. Dans ces différentes fonctions, elle a toujours mis de l’avant la démocratisation et la décentralisation de la culture, privilégiant l’appui à la relève artistique, l’inclusion des artistes de la diversité et le renforcement des liens arts-affaires.