Une professeure de l’UdeM redessinera l’oratoire Saint-Joseph

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  • Le 27 juin 2018

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le projet de réaménagement retenu prévoit une descente en spirale à l'intérieur du dôme de l'oratoire.

Le projet de réaménagement retenu prévoit une descente en spirale à l'intérieur du dôme de l'oratoire.

Crédit : Atelier TAG et Architecture49

En 5 secondes

Manon Asselin, professeure à l’École d’architecture de l’UdeM, réaménagera l’intérieur du dôme de l’oratoire Saint-Joseph à partir de 2020.

C’est l’Atelier TAG, dirigé par Manon Asselin et son mari, Katsuhiro Yamazaki, qui a été choisi pour piloter la quatrième phase du plan d’aménagement de l’oratoire Saint-Joseph de Montréal, consistant à redessiner l’intérieur du dôme. «Pour notre équipe, c’est un immense honneur que de s’attaquer à un projet de cette ampleur, une œuvre architecturale emblématique de Montréal», dit cette architecte qui enseigne à l’École d’architecture de l’Université de Montréal depuis 10 ans.

Le projet prévoit pour le visiteur une montée rapide par escaliers vers l’observatoire situé au sommet du dôme, suivie d’une descente en spirale le long du mur intérieur. «Cette idée du pèlerinage jusqu’au point le plus élevé, où l’on a une vision périphérique de Montréal, nous plaisait beaucoup. En redescendant, le visiteur pourra observer les éléments architecturaux et voir les projections murales», explique Mme Asselin, rencontrée récemment dans son bureau de la Faculté de l’aménagement.

Dès les années 30, l’architecte bénédictin qui a conçu le dôme, dom Bellot (Paul Louis Denis Bellot, 1876-1944), avait prévu une découverte verticale de l’oratoire. Mais de multiples problèmes se sont posés avant que cette composante se concrétise. Ce n’est qu’en 2016 que l’oratoire a lancé officiellement son projet de rénovation, dont le budget, financé par les trois ordres de gouvernement et par une campagne maison, s’élève à 13,5 M$.

Le jury du concours, remporté par l’Atelier Tag devant ses rivaux Provencher_Roy, EVOQ Architecture et Affleck de la Riva/Henri Cleinge architecte, a souligné «la force évocatrice de la proposition, rehaussée par une présentation habile et une équipe d'expérience».

Enseignante, architecte et… maman

Manon Asselin

Crédit : Pierre Longtin

Partageant son temps entre sa pratique professionnelle, l’enseignement et la vie de famille – le couple a deux enfants de 12 et 14 ans –, Manon Asselin renoue en 2018 avec le succès. Un de ses précédents projets, le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal, vient de recevoir une médaille du Gouverneur général en architecture. «Le Pavillon pour la Paix atteint magnifiquement et efficacement son but en offrant aux visiteurs des galeries, un escalier tout-en-un, un corridor et des aires de détente linéaires qui mènent jusqu’à l’étage supérieur», a déclaré le jury. Le soir, ajoute-t-il, le Pavillon «se transforme en une lanterne illuminée, offrant ainsi une transition transparente et accueillante entre le musée et la ville».

Pour un architecte, dessiner un pavillon de musée est déjà une consécration. Prendre le relais d’un architecte comme dom Bellot, c’est un pas de plus vers le sommet.

«Nous avons choisi de travailler en petite équipe et de nous associer en consortium pour les projets majeurs», précise Mme Asselin, qui mentionne les associations de l’Atelier TAG avec des bureaux comme Jodoin Lamarre Pratte architectes pour le Pavillon pour la Paix et Architecture 49 pour le dôme de l’oratoire.

Le travail de Mme Asselin se nourrit de l’enseignement qu’elle assure auprès des apprentis architectes de l’Université de Montréal, où elle donne des cours sur la conception architecturale. «J’ai eu l’occasion d’embaucher plusieurs de mes anciens étudiants dans le cadre de différents projets. Je suis même parfois en compétition avec des architectes que j’ai formés.»

Son bureau du ghetto McGill, à Montréal, qu’elle partage avec son mari, est aussi la maison familiale. «Nous arrivons à concilier la vie professionnelle et la famille», commente-t-elle.

Quand on lui demande quelles sont les qualités d’un bon architecte, elle hésite avant de répondre qu’elle ne saurait le dire avec précision. «C’est une question très complexe. Je crois qu’il faut aimer l’humain et savoir bien s’entourer pour exprimer sa créativité.»

  • Après avoir atteint l'observatoire, les pèlerins pourront admirer les projections sur le mur intérieur du dôme.

    Crédit : Atelier TAG et Architecture49