Le pianiste John Roney sur la scène du Festival international de jazz de Montréal

Le pianiste John Roney en répétition à la Faculté de musique de l'Université de Montréal, où il enseigne le piano jazz et la composition.

Le pianiste John Roney en répétition à la Faculté de musique de l'Université de Montréal, où il enseigne le piano jazz et la composition.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

John Roney, professeur de piano jazz à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, sera l’invité du Festival international de jazz de Montréal le 7 juillet.

John Roney est considéré comme l’un des meilleurs pianistes de jazz de sa génération au pays. Professeur à la Faculté de musique de l’Université de Montréal depuis 2014, on peut dire qu’il est un habitué du Festival international de jazz de Montréal. Installé dans la métropole depuis 2001, le Torontois d’origine a notamment dirigé pendant 10 ans les populaires jam sessions du Festival, des soirées d’improvisation collective – essence même de la culture jazz – qui débutaient à la tombée de la nuit et qui réunissaient les grands noms du Festival. Cette année, c’est en tant que pianiste et compositeur que John Roney occupera la scène le samedi 7 juillet prochain, en compagnie du saxophoniste Tevet Sela.

Pourquoi avoir choisi de vous établir à Montréal?

Je n’ai pas choisi Montréal, c’est elle qui m’a choisi! J’y suis arrivé en 2001 pour faire une maîtrise à l’Université McGill et, après mes études, j’ai reçu deux offres d’emploi, dont une comme professeur au cégep Marie-Victorin. Bon, d’accord, il y avait aussi une fille…

Vous enseignez depuis l’adolescence. Comment voyez-vous votre rôle de professeur?

Je suis là pour faire découvrir aux étudiants tout le spectre de la musique de jazz afin d’en faire des musiciens complets, mais aussi dans le but de les aider à déterminer le style musical qui leur parle le plus. À l’université, ce ne sont pas des débutants, alors je vais davantage les guider. Parfois, mon rôle consiste simplement à «secouer l’arbre», pour ainsi dire, afin qu’émerge leur personnalité artistique.

Quelle est pour vous la principale différence entre la musique classique et le jazz?

En tant que musicien de jazz, on doit apprendre à défaire les codes qu’on nous a enseignés. Parce qu’ils existent bel et bien, ces codes: il y a des conventions et des structures dans le jazz, mais on cherche à atteindre le stade où l’on est en mesure de les briser afin de trouver sa propre voix. Mais à la base, je n’aime pas cette opposition entre les genres musicaux!

D’autant plus que vous avez longuement étudié la musique classique…

J’ai commencé par des études de piano classique, que j’ai abandonnées entre 12 et 16 ans, et je le regrette encore aujourd’hui! C’est grâce à mon école secondaire, une école publique qui offrait un programme de musique, que j’ai découvert le jazz et les possibilités de jouer en groupe. Je ne manque pas une occasion de le répéter: ne coupez pas les programmes d’art dans les écoles publiques! C’est ce type de programme qui m’a permis de devenir musicien professionnel. Mais au-delà de ce métier, la musique apporte tellement en termes de relations humaines, de discipline personnelle, de culture générale.

Ça vous rend nerveux de donner un concert lorsque vos étudiants sont dans la salle?

Non, j’adore ça! En fait, c’est tout le contraire, ça m’inspire. Bien sûr, il y a une certaine pression, mais c’est positif. Et s’il y a des auditeurs qui peuvent bien comprendre ma musique, ce sont mes étudiants. Ils l’ont entendue, ils ont étudié mes partitions, alors ils comprennent très bien ma démarche artistique.

Qu’avez-vous comme souhait principal pour vos étudiants?

Qu’ils se réalisent dans leur passion, peu importe la forme qu’elle prend. J’ai eu un étudiant, par exemple, qui est devenu directeur musical dans le milieu des spectacles d’humour. Sa passion n’était pas le jazz, et cela m’importe peu! Il est aujourd’hui heureux dans son élément. Je souhaite que mes étudiants poursuivent leur développement dans ce qu’ils aiment, simplement. C’est ce que je fais d’ailleurs: même si je gagnais la moitié de mon salaire ou que je ne donnais que la moitié des concerts à mon agenda, je ferais exactement la même chose.

Écoutez John Roney en plein air au Festival international de jazz de Montréal

John Roney au piano et Tevet Sela au saxophone
Concert extérieur gratuit
Samedi 7 juillet à 18 h
Club Jazz Casino à la place SNC-Lavalin, angle de la rue De Bleury et du boulevard René-Lévesque