Des élèves du secondaire en immersion à l’UdeM

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  • Le 24 juillet 2018

  • Martine Letarte
Lors de leur séjour d’immersion à l’Institut de cardiologie de Montréal, les jeunes visiteurs ont notamment pu recueillir leur ADN.

Lors de leur séjour d’immersion à l’Institut de cardiologie de Montréal, les jeunes visiteurs ont notamment pu recueillir leur ADN.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Des élèves du secondaire ont investi l’Université de Montréal, jusqu’aux laboratoires de l’Institut de cardiologie, grâce à un séjour d’immersion proposé par le projet SEUR.

Isoler des cellules cardiaques. Voir son propre ADN apparaître devant ses yeux. Observer le nœud sinusal, le chef d’orchestre du cœur, en pleine action à l’aide d’un microscope. Voici quelques éléments qui étaient au programme de cette matinée de juillet à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM), affilié à l’UdeM, pour les jeunes provenant de différentes écoles de Montréal.

Le rendez-vous était fixé à 9 h 30. Avec quelques minutes d’avance, le groupe de près de 30 jeunes attendait sagement devant l’entrée pour découvrir le Laboratoire d’électrophysiologie cardiaque cellulaire et moléculaire, dirigé par la chercheuse Céline Fiset, où l’on étudie les mécanismes de l’arythmie.

Après avoir pris connaissance des mesures de sécurité à respecter, les jeunes visiteurs, divisés en groupes de cinq ou six, ont enfilé un sarrau, mis leurs lunettes de sécurité et suivi leur animateur. Parmi eux, Samuel Cyr, étudiant à la maîtrise en sciences pharmaceutiques à l’UdeM, qui a lui-même participé au projet Sensibilisation aux études, à l’université et à la recherche (SEUR) lorsqu’il était au secondaire.

«La semaine que j’avais passée à l’UdeM, alors que je fréquentais une école secondaire publique de Montréal, m’avait convaincu de réaliser des études universitaires et confirmé que j’allais opter pour les sciences de la santé», raconte-t‑il.


Des jeunes curieux et motivés

Les jeunes rencontrés ce matin-là avaient pratiquement tous déjà développé de l’intérêt pour les sciences et la médecine. Comme Tahmina, qui commencera son 5e secondaire en septembre à l’École Marguerite-De Lajemmerais, dans l’arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve. « Les sciences m’intéressent et j’ai participé en 2e et 3e secondaire à l’expo-sciences avec des projets qui touchaient au cœur et à l’électrocardiogramme, alors j’avais envie de venir faire cette visite », raconte‑t‑elle.

D’autres avaient déjà une idée assez précise de ce qu’ils voulaient faire dans la vie, comme Constance, de l’École Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont, qui souhaite devenir urgentologue, ou chercheuse. « Dans ma famille, tout le monde est avocat, je suis la rebelle qui veut aller en médecine », affirme celle qui a fait la visite avec sa cousine, Élisabeth, qui habite à Rome, en Italie. « Je viens à Montréal chaque été pour visiter ma famille et j’ai l’intention de venir étudier ici », précise celle qui adore les cours de sciences.

L’importance des modèles

Pour la chercheuse Céline Fiset, également professeure à la Faculté de pharmacie de l’UdeM, il est extrêmement important de permettre aux jeunes du secondaire de se rapprocher des sciences et de la recherche. « C’est un monde un peu caché pour les jeunes qui ne sont pas en contact avec des chercheurs, alors il faut leur donner accès aux laboratoires et les faire rencontrer ceux qui y travaillent », explique Mme Fiset, qui s’est empressée de se porter volontaire pour faire visiter son laboratoire de recherche fondamentale lorsqu’elle a su que le projet SEUR se rendait à l’ICM cette année.

Les jeunes ont eu accès à différents profils de chercheurs. Comme celui de Samuel Cyr, qui étudie dans le cadre de son projet de maîtrise — sous la direction de Judith Brouillette et de Céline Fiset —, le trouble post-traumatique à la suite d’un trauma médical, par exemple un infarctus du myocarde.

« C’est intéressant de permettre aux jeunes d’expérimenter les activités en laboratoire, avec les béchers et les éprouvettes, mais c’est le fun aussi de pouvoir discuter avec eux et de leur expliquer qu’il y a également de la recherche qui se fait avec les patients », souligne‑t‑il.

Céline Fiset est convaincue que la proximité générationnelle fait en sorte que les jeunes du secondaire sont à l’aise de poser des questions aux étudiants des cycles supérieurs, par exemple sur leur parcours scolaire et sur les éléments pratico-pratiques des études universitaires.

Des expériences impressionnantes

Persuadée que les professeurs ont un rôle à jouer pour motiver les jeunes à poursuivre leurs études universitaires et à s’intéresser à la recherche, Céline Fiset a pris à cœur l’organisation de la visite. Un parcours de cinq stations où les élèves réalisent différentes expériences a été créé.

Le jeu en a valu la chandelle. Du côté de la station ADN, les élèves étaient au départ un peu gênés lorsqu’on leur a expliqué qu’ils devaient prendre un peu d’eau dans leur bouche et se frotter les joues avec les dents, puis cracher le tout dans un petit récipient pour obtenir des cellules de leur bouche. Mais, une fois ajoutés une solution pour ouvrir les cellules et de l’alcool pour permettre à l’ADN de se précipiter, ils ont commencé à voir les filaments de leur ADN apparaître dans leur tube. Les réactions ont été instantanées.

« Je ne m’attendais pas à ça, on ne dirait pas vraiment un ADN, mais plutôt des mouchoirs dans de l’eau », affirme Sophie, 16 ans, une élève du Collège Notre-Dame qui aime les sciences depuis qu’elle a commencé à faire de la dissection en laboratoire en 2e secondaire. Elle est ressortie de l’expérience, son tube d’ADN en main, encore plus convaincue qu’elle sera une fille de labo!

Le projet SEUR existe depuis 2000 et son volet immersion a accueilli gratuitement 9 000 élèves de 3e, 4e et 5e secondaire pour des séjours d’une semaine à l’UdeM et en entreprise afin de les familiariser avec les études universitaires et la recherche.

  • Samuel Cyr, Céline Fiset et Judith Brouillette.

    Crédit : Amélie Philibert