Élections 2018: deux chefs de parti se sont adressés à la communauté de l’UdeM

  • Forum
  • Le 25 septembre 2018

  • Martin LaSalle
De nombreux membres de la communauté de l'UdeM ont assisté aux présentations de Jean-François Lisée, le 11 septembre, et de Gabriel Nadeau-Dubois, le 24 septembre - ou les ont écoutées par l'entremise de Facebook Live.

De nombreux membres de la communauté de l'UdeM ont assisté aux présentations de Jean-François Lisée, le 11 septembre, et de Gabriel Nadeau-Dubois, le 24 septembre - ou les ont écoutées par l'entremise de Facebook Live.

Crédit : Maryse Boyce

En 5 secondes

À l’occasion de la campagne électorale, Jean-François Lisée et Gabriel Nadeau-Dubois ont accepté l’invitation de l’UdeM et de la FAÉCUM à venir présenter leur programme aux membres de la communauté.

Il y a quelques semaines, l’Université de Montréal et la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) ont invité les chefs des quatre principaux partis politiques à venir parler de leur programme en vue du scrutin du 1er octobre. Deux ont accepté l’invitation.

Le 11 septembre dernier, c’est le chef Jean-François Lisée, du Parti québécois, qui s’est présenté devant l’auditoire réuni à la salle K-500 du pavillon Roger-Gaudry, tandis que le 24 septembre, c’était au tour de Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, d’en faire autant.

UdeMNouvelles vous résume les idées et engagements exprimés par les deux dirigeants politiques.

Deux grands défis, selon le chef du Parti québécois

Maryse Boyce

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Pour M. Lisée, il existe «deux grands défis dans ce nouveau siècle: l’environnement et la crise climatique, ainsi que les écarts de revenu».

• Environnement et crise climatique
«Nous avons déposé le plan le plus ambitieux, global et pragmatique pour freiner la crise climatique, a-t-il dit d’emblée. C’est plus qu’un danger: nous sommes entrés dans la crise et il faut faire des gestes chez soi, au quotidien.»

Les Québécois doivent se faire entendre «dans les enceintes politiques où [la crise climatique] se discute. Le Canada est une puissance pétrolière dont les intérêts vont à l’encontre des efforts de réduction des gaz à effet de serre», a-t-il ajouté.

• Inégalités salariales
«Il faut un avenir ouvert pour tous, a affirmé Jean-François Lisée. On forme une des sociétés les plus égalitaires d’Amérique du Nord, et parmi les plus sécuritaires.

«Au Québec, on résiste fortement à la hausse des inégalités [et] il faut travailler au bout des deux chaînes des inégalités en aidant le bas et en disciplinant le haut.»

Au bas de cette chaîne, «l’éducation est la clé absolue de l’équité sociale, elle doit être une priorité permanente au Québec: nous voulons insérer l’éducation dans une loi bouclier qui inclura les coûts de système; c’est une mesure essentielle».

Selon le chef du Parti québécois (PQ), il faut aussi «donner des chances égales à ceux qui sont nés dans des familles inégales, corriger inégalités de naissance et de revenu: nous avons créé les centres de la petite enfance [CPE], qui sont des joyaux de dépistage précoce […] La science nous dit que la qualité [éducative] est dans les CPE et pas dans les garderies privées. Toutes les nouvelles places seront dans les CPE, en modulant le coût selon le nombre d’enfants».

Et dans les universités il y aura «gratuité pour la classe moyenne» par les bourses d’études. Du même coup, Jean-François Lisée a promis de hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure.

Revenant à ce qu’il a nommé le «haut de la chaîne des inégalités», le député de Rosemont a fait savoir qu’un gouvernement péquiste augmenterait les impôts des plus riches. «L’éthique de la modération a sauté depuis l’ère Reagan et la logique est d’en avoir toujours plus, a-t-il soutenu. Les plus riches gagnent 200 fois plus que le salaire moyen, [ce qui est] une menace à la cohésion des sociétés et à la croissance également!»

M. Lisée a en outre mentionné vouloir s’attaquer «aux paradis fiscaux et aux gloutons: légalement, ceux qui cachent leurs avoirs dans les paradis le peuvent sans payer d’impôts, [car] le Canada a signé des ententes pour légaliser l’évasion fiscale; on n’est pas d’accord. On va se retirer des ententes Canada-paradis fiscaux pour que les investisseurs paient leur part d’impôts».

Soulignant par ailleurs que le salaire maximal dans la fonction publique serait gelé à 250 000 $ par année, le chef du PQ entend obliger les entreprises cotées en Bourse à «divulguer le salaire des dirigeants et les salaires [versés] et on va leur donner trois ans pour qu’elles corrigent le tir».

Parallèlement, si le Parti québécois est élu, il tiendrait «un forum sur la modération et sur l’éthique». Grâce au resserrement des procédures d’attribution des contrats publics, «la corruption désinhibée est derrière nous et ça va beaucoup mieux, mais passons à une autre étape, plus large: nous avons une responsabilité collective de lutter contre le travail au noir», a-t-il ajouté.

Dans son mot de la fin, M. Lisée a déclaré que «environnement, équité, égalité des chances, c’est un beau projet de société dans un Québec libre!»

Visionnez la présentation complète sur YouTube.

Gratuité scolaire et stages étudiants rémunérés, promet Québec solidaire

Maryse Boyce

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois a d’abord rappelé que, depuis 1976 (année de l’accession du PQ au pouvoir), «le bipartisme québécois est en train d’éclater et, si la tendance se maintient, notre génération fera son entrée la tête haute à l’Assemblée nationale en partie grâce au mouvement étudiant de 2012».

À l’époque, M. Nadeau-Dubois était porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, qui réclamait la gratuité scolaire. Cette proposition est maintenant au cœur des engagements de Québec solidaire en matière d’éducation.

• Fin de l’austérité en éducation
«La gratuité scolaire pour tous les étudiants du cégep et des universités est inscrite dans notre cadre financier et il en coûtera un milliard de dollars par année, a-t-il expliqué. C’est l’équivalent de la dernière hausse accordée aux médecins spécialistes québécois. Il s’agit d’une dépense qui représentera un investissement rentable pour les entreprises et l’ensemble de la société.»

Le député de Gouin a ajouté que la gratuité scolaire est une «vision inachevée de la réforme de l’éducation que proposait le rapport Parent en 1963, qui est le certificat de naissance de notre système d’éducation public».

«Parler de droit à l’instruction en 1963 alors que les universités étaient réservées à l’élite était un acte révolutionnaire! a lancé Gabriel Nadeau-Dubois. Le premier ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, a suivi le rapport Parent et, en 1967, le réseau des cégeps a été créé, puis l’Université du Québec a été fondée l’année suivante.»

Or, la gratuité scolaire ne s’est pas réalisée. «Les gouvernements successifs n’ont pas fini le travail et, peu à peu, la gratuité a fait place à la marchandisation de l’éducation avec le discours de la concurrence et des besoins du marché et des entreprises en main-d’œuvre; c’est le mouvement étudiant qui a permis de garder vivant le discours sur la gratuité scolaire», a-t-il poursuivi.

«Québec solidaire veut aussi continuer à investir dans le réseau des universités et des cégeps, mais le problème est le mode de financement; nous voulons établir une nouvelle formule plus équitable tout en rejetant les carottes financières qui encouragent la hausse des droits de scolarité pour les étudiants étrangers, a-t-il indiqué. On s’engage à mettre en place des droits de scolarité fixes pour les étudiantes et les étudiants [de l’extérieur du pays] afin d'empêcher qu’ils deviennent des vaches à lait pour les établissements universitaires.»

Désireux de reconnaître le «rôle important des chargés de cours» en améliorant leur statut et leur salaire, Québec solidaire entend «mettre fin au sous-financement chronique des universités en créant une commission consultative des universités indépendante pour étudier l’offre [pédagogique] des universités afin de corriger les inégalités et d’éviter les dédoublements».

• Stages rémunérés
Si la gratuité scolaire allège le fardeau financier des étudiants, elle ne fera pas disparaître la nécessité de travailler pour plusieurs d’entre eux. «On va augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure dès mai 2019 afin de permettre aux étudiants de travailler moins et de se concentrer davantage sur les études», a de plus signalé Gabriel Nadeau-Dubois.

Parallèlement, Québec solidaire «donnera une définition juridique et légale aux stages, et réunira le gouvernement, le milieu de l’éducation et les donneurs de stages pour établir une politique qui encadrera tous les stages et qui inclura l’obligation de les rémunérer. Le travail, même si ça s’appelle un stage, est un travail et tout travail mérite un salaire», a affirmé M. Nadeau-Dubois.

Dans son mot de la fin, il a invité les étudiants à rejoindre les rangs de «notre mouvement d’ici au jour du scrutin: le vent est en train de tourner et il ne reste qu’une semaine pour concrétiser cet élan. On a besoin de vous pour faire la différence, faire sortir le vote, dont celui de notre génération».

Visionnez la présentation complète sur YouTube.

Les programmes, engagements et idées des partis politiques

Vous souhaitez mieux connaître les programmes, engagements et idées des quatre principaux partis politiques en vue de l’élection de lundi prochain? Cliquez sur le nom du parti de votre choix; les partis sont présentés en ordre alphabétique.

Coalition Avenir Québec

Parti libéral du Québec

Parti québécois

Québec solidaire