Deux artistes rapportent des «Merveilles célestes» du mont Mégantic

  • Forum
  • Le 26 septembre 2018

  • Mathieu-Robert Sauvé
Bettina Forget, «Lunar Orbiter 4 mission print», 1966/2017, impression photographique sur papier Kodak.

Bettina Forget, «Lunar Orbiter 4 mission print», 1966/2017, impression photographique sur papier Kodak.

Crédit : Bettina Forget

En 5 secondes

Deux artistes visuels exposent les œuvres produites à l’occasion de séjours à l’Observatoire du Mont-Mégantic.

Bettina Forget

Yann Pocreau

«Émerveillement!» C’est le mot qui vient à l’esprit de Yann Pocreau quand on lui demande de résumer les 15 nuits qu’il a passées à l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) entre mars et juillet 2018 à l’occasion d’une résidence d’artiste, une première pour ce laboratoire unique de l’Université de Montréal situé au sommet d’un mont de l’Estrie.

«J’ai adoré l’endroit, où j’ai pu être témoin du travail des chercheurs et chercheuses en astrophysique. Certaines nuits, j’ai été ému aux larmes d’avoir ainsi un accès privilégié à l’Univers», dit ce passionné de l’esthétique de la lumière qui a créé plusieurs œuvres à la suite de son expérience. Le fruit de son travail est exposé jusqu’au 15 décembre au Centre d’exposition de l’UdeM, au pavillon de la Faculté de l’aménagement. L’exposition présente également des œuvres de Bettina Forget, l’autre artiste retenue à la suite de l’appel lancé l’an dernier par le Centre d’exposition en collaboration avec l’OMM et l’Institut de recherche sur les exoplanètes (iREx).

«C’est un projet qui a très bien fonctionné du début à la fin», relate l’astrophysicien Olivier Hernandez, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan. C’est lui qui, avec Myriam Barriault Fortin, agente de promotion et de liaison au Centre d’exposition, a mis sur pied ce programme de stage nocturne alors qu’il était responsable des communications à l’iREx. Devant l’abondance des candidatures qui ont été soumises au comité de sélection (une quarantaine), on a décidé de doubler la mise et d’offrir deux bourses aux artistes (4000 $ chacune) plutôt qu’une seule.

Le regard de Bettina Forget, qui fait actuellement un doctorat en enseignement des arts à l’Université Concordia, cohabite bien avec celui de Yann Pocreau. Son travail récent se «concentre sur la place des femmes dans les sciences, la sémantique utilisée dans la colonisation du système solaire et les préoccupations concernant la protection de l’environnement planétaire», comme on peut le découvrir sur un des panneaux de l’exposition.

Bettina Forget expose, dans Merveilles célestes, des œuvres picturales, mais aussi une collection de sculptures représentant des planètes extrasolaires. Produits à l’aide d’une imprimante 3D, les objets aux formes étonnantes ont été conçus à partir de données scientifiques et validés par les astrophysiciens.

Échanges fertiles

Les séjours à l’OMM, qui célèbre ses 40 ans cette année, ont permis à Yann Pocreau et Bettina Forget «d’explorer de nouvelles avenues, des lieux, des technologies et d’amorcer des échanges avec des chercheurs», selon Mme Barriault Fortin. Elle souligne en entrevue que les astronomes et astrophysiciens ont beaucoup apprécié ces échanges avec les artistes.

Cette diplômée en histoire de l’art tient à préciser que Merveilles célestes se rapproche davantage de l’installation que de l’exposition classique. On peut y voir «des traces de recherches, des artéfacts trouvés au sein de l’Université de Montréal qui ont été le moteur de réflexions, des œuvres en cours d’élaboration et d’autres finales».

Les visiteurs pourront découvrir, entre autres, l’une des premières images obtenues par l’OMM en 1978: un amas d’étoiles qu’on surnomme M13 ou le Grand Amas d’Hercule.

Yann Pocreau a eu accès au puissant télescope de l'Obervatoire avec son appareil photo et il a saisi la chance de photographier la Lune dans un cycle complet – une projection qu’il propose aux visiteurs de l’exposition.

M. Hernandez n’avait pas encore pu admirer les œuvres imaginées dans le cadre de ce programme de résidence quand il s’est présenté au vernissage, le 27 septembre. «Ces occasions de faire converger arts et sciences sont vraiment intéressantes. Il y a plus de points communs qu’on pense entre les artistes et les scientifiques: la curiosité, la créativité, la rigueur», a-t-il mentionné.

 

Merveilles célestes, au Centre d’exposition de l’Université de Montréal, 2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, pavillon de la Faculté de l’aménagement, local 0064. Entrée libre. Ouvert du mardi au samedi de 11 h à 17 h et le jeudi jusqu'à 20 h.
  • Yann Pocreau, «Diffraction 3», 2018, épreuve numérique, 26 po x 26 po.

    Crédit : Yann Pocreau
  • Yann Pocreau, «Les prismes 1», 2018, épreuve numérique, 30 po x 40 po.

    Crédit : Yann Pocreau
  • Bettina Forget, graphiques d'exoplanètes en vue d'une impression 3D.

    Crédit : Bettina Forget