Longue vie à l’Institut d’études religieuses

Crédit : Benjamin Seropian

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L’UdeM a rendu hommage aux artisans de la Faculté de théologie et de sciences des religions, devenue il y a 18 mois, un institut d’études religieuses intégré à la Faculté des arts et des sciences.

«Nous sommes ici pour souhaiter la bienvenue et une longue vie à l’Institut d’études religieuses», a déclaré le doyen de la Faculté des arts et des sciences (FAS) de l’Université de Montréal, Frédéric Bouchard, devant une centaine de personnes réunies le 15 octobre dans le hall d’honneur du pavillon Roger-Gaudry afin de rendre hommage à tous ceux et celles qui, durant 50 années, ont travaillé à la Faculté de théologie et de sciences des religions (FTSR), l’une des trois facultés fondatrices de l’Université de Montréal avec la Faculté de droit et celle de médecine. «Grâce à vos expertises et en travaillant ensemble à travers les disciplines, nous pourrons aider nos communautés à se développer de manière sereine et plus humaine. Et c’est l’un des fondements de l’université que de contribuer à l’épanouissement humain.»

Parmi des diplômés de la faculté se trouvaient aussi le recteur Guy Breton, le chancelier Louis Roquet et Mgr Alain Faubert, évêque auxiliaire de Montréal et représentant de l’archevêque Christian Lépine.

Prendre part au débat public

Tous ont salué l’excellence de cette unité créée en 1878 en tant qu’antenne de la Faculté de théologie de l’Université Laval et devenue autonome en 1920 avant de faire son entrée sur le campus de l’UdeM en 1967. Mais tous ont également souhaité regarder vers l’avenir, insistant sur le rôle fondamental que doit jouer l’Institut d’études religieuses, qui a vu le jour le 1er mai 2017 et qui est désormais intégré à la FAS.

«Les études religieuses permettent de jeter un regard pénétrant sur l’âme québécoise d’hier et d’aujourd’hui tout en fournissant des clés fondamentales pour la compréhension du Québec et du monde, a mentionné Guy Breton. La diversité et le vivre ensemble sont des enjeux quotidiens. Il y a ici un extraordinaire bagage de connaissances et de savoirs à partager. Je vous encourage ainsi à participer à la discussion démocratique sur la laïcité et les signes religieux.»

Compréhension des enjeux qui se posent dans la province, mais éclairage aussi sur le monde actuel.

«Si la pratique religieuse a chuté au Québec au tournant des années 60, le fait religieux demeure l’un des phénomènes les plus puissants qui agissent sur les populations du monde, a soutenu Louis Roquet. Nous avons tous vu avec désolation le message religieux être détourné par des groupes terroristes ou servir de justification à des actes barbares. Ces évènements doivent être mieux compris et mieux analysés pour être mieux combattus. C’est aussi un rôle que peut jouer l’Institut d’études religieuses.»

«Notre société est traversée de mouvements anciens et nouveaux d’une complexité redoutable, a ajouté Mgr Faubert. Pour nous aider à les appréhender, nous avons besoin de cet institut ancien et nouveau au sein d’une université marquée par l’interdisciplinarité. Nous avons besoin de vous, chers amis de l’institut, pour mieux comprendre l’appel de l’esprit au cœur de l’être humain, au cœur de ce monde que nous avons la belle folie de croire aimé de Dieu.»

Pas d’opposition entre la religion et la science

Les divers intervenants ont tous réaffirmé le bien-fondé de la présence des études religieuses dans une université, rejetant l’opposition que certains avancent entre la religion et la science. On a notamment rappelé que la recherche en bioéthique a pris racine à la FTSR avant d’être transférée à l’École de santé publique. Et M. Roquet y est même allé d’une citation de Louis Pasteur, qui affirmait que, «si un peu de science nous éloigne de Dieu, beaucoup de science nous y ramène».

La cérémonie a d’ailleurs été l’occasion de démontrer que les études religieuses pouvaient mener à des carrières très variées. Les professeurs Solange Lefebvre et Jean Duhaime ont évoqué le passage par la faculté de plusieurs évêques dont Mgrs Lépine et Faubert, mais aussi, parmi les quelque 6000 diplômés, du syndicaliste Gérald Larose, de l’écologiste Steven Guilbault ou encore de la députée Manon Massé.

«L’histoire continue, a conclu le directeur de l’institut et maître de cérémonie, Alain Gignac. Un autre chapitre est en train de s’écrire, mais la trajectoire se situe dans la continuité. Changement et transformation; adaptation et renouveau, mais pas rupture. Que sera l’Institut d’études religieuses dans 50 ans? Je ne jouerai pas au futurologue, mais je sais que nous serons fidèles à la tradition d’excellence de la Faculté de théologie et de sciences des religions, à son souci de débattre des questions actuelles et à son écoute de l’expérience religieuse d’ici et d’ailleurs.»