La santé intégrative fait son entrée à l’Université

  • Forum
  • Le 18 octobre 2018

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le yoga est une pratique considérée par les adeptes de la santé intégrative pour prévenir les problèmes liés au stress.

Le yoga est une pratique considérée par les adeptes de la santé intégrative pour prévenir les problèmes liés au stress.

Crédit : Getty

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La Faculté de l’éducation permanente de l’UdeM organise un colloque sur la santé intégrative le 8 novembre.

Acuponcture, ostéopathie, yoga et traitements non pharmaceutiques contre de multiples maladies sont de plus en plus considérés comme des alliés par les médecins, qui les ont longtemps vus comme des compétiteurs peu fiables. Ces approches de «santé intégrative» font l’objet d’un colloque à l’Université de Montréal le 8 novembre. «Les médecins sont de plus en plus ouverts à l’idée d’intégrer les approches non traditionnelles dans leurs traitements. Le Québec est d’ailleurs en retard sur la plupart des autres provinces canadiennes à ce chapitre», mentionne l’organisatrice de la rencontre, Chantal Lévesque, responsable de programme à la Faculté de l’éducation permanente (FEP). L’Association générale des étudiants et étudiantes de la FEP participe à l’organisation du colloque, qui se déroulera à la Plaza Centre-ville, à Montréal.

La conférence d’ouverture de la rencontre annuelle qui a attiré l’an dernier 300 personnes ‒ praticiens, universitaires et personnel hospitalier ‒ sera prononcée par la Dre Hélène Langevin, responsable du volet de la médecine intégrative à la Faculté de médecine de l’Université Harvard. Elle parlera de formation, de recherche et de partenariat avec la communauté.

Benjamin Kiegler, médecin, professeur et chercheur en médecine intégrative à l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, prononcera l’allocution suivante sur les approches complémentaires dans le monde médical américain. Il établit un lien entre la crise internationale des opioïdes et l’usage inconsidéré de produits pharmaceutiques dérivés de l’opium dans les hôpitaux, ce qui aurait multiplié les dépendances. «On sait aujourd’hui que certains produits de santé naturels ainsi que des traitements d’acuponcture peuvent être utilisés dans le traitement de la douleur de préférence aux opiacés, avec beaucoup moins de conséquences néfastes», souligne Mme Lévesque. 

Approche complémentaire

Chantal Lévesque et Pierre Haddad

Crédit : Guillaume Bell

L’approche intégrative prend en considération «l’importance des dimensions physique, émotionnelle, psychologique et spirituelle dans la recherche d’un équilibre de vie et de santé unique à chaque personne», peut-on lire dans l’introduction du programme de la journée.

«Il ne s’agit pas de remplacer la médecine moderne par des approches parallèles mais bien de travailler en complémentarité», explique le Dr Samuel Blain, médecin de famille et chargé d’enseignement clinique à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Il participe aussi à un cours d’introduction à la santé intégrative à la FEP en compagnie de Mme Lévesque.

D’autres médecins seront présents au colloque, dont Martin Juneau, cardiologue à l’Institut de cardiologie de Montréal et professeur à l’UdeM. Le Dr Juneau est depuis longtemps un partisan de la prévention comme remède aux maladies cardiovasculaires. Sa présentation portera sur les habitudes de vie comme moyen de les prévenir. Le psychiatre Hugues Cormier, pour sa part, animera une séance de méditation.

La pharmacologie aura aussi sa place parmi les thèmes abordés. Le professeur Pierre Haddad, en plus d’être coorganisateur de la rencontre, prendra part à l’atelier sur le savoir autochtone au service de la santé et du mieux-être. Ce chercheur du Département de pharmacologie et physiologie de l'Université mène depuis 15 ans des travaux sur l’usage des plantes médicinales chez les Premières Nations, particulièrement chez les Cris de la Baie-James. «Je crois qu’on a tout à gagner à tenter d’intégrer les approches traditionnelles à la médecine moderne», commente-t-il.

Depuis qu’il a été sensibilisé à ce sujet il y a 20 ans au cours d’un congrès au Maroc, il n’a jamais cessé de construire des ponts entre les deux mondes. «Et quand quelqu’un se montre surpris de mon intérêt pour les plantes médicinales, je lui réponds: “Mais d’où pensez-vous que proviennent les premiers médicaments?” Encore aujourd’hui, une bonne partie de la pharmacopée est d’origine végétale…»