Symposium sur le microbiote: les premiers pas du professeur Yves Brun à la Faculté de médecine de l’UdeM!

  • Forum
  • Le 31 octobre 2018

  • Martin LaSalle
Crédit : Getty

En 5 secondes

Le réputé professeur Yves Brun sera conférencier le 2 novembre au symposium sur le microbiote, organisé par la Faculté de médecine de l’UdeM, qui l’accueillera en janvier prochain.

Le 1er Symposium sur le microbiote, qui réunira d’éminents chercheurs le vendredi 2 novembre à l’Université de Montréal, sera l’occasion pour le professeur Yves Brun de faire connaissance avec de nombreux collègues qu’il côtoiera à compter de janvier prochain: il sera conférencier à cette rencontre organisée à l’occasion du 175e anniversaire de la Faculté de médecine.

En effet, celui qui est actuellement professeur de biologie à la Chaire Clyde Culbertson et professeur distingué à l’Université de l’Indiana à Bloomington rejoindra, dès 2019, les rangs du Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’UdeM. Il sera titulaire de la Chaire de recherche Canada 150 sur la biologie cellulaire bactérienne.

Le monde caché des bactéries

Yves Brun

Crédit : Université d'Indiana

À l’occasion de ce symposium, le spécialiste de la microbiologie prononcera une conférence plénière où il abordera le monde caché des bactéries sous l’angle de ses deux champs de recherche: comment les bactéries parviennent à se lier à une surface pour la coloniser et de quelles façons elles se métamorphosent.

«Je décrirai les nouveaux outils pour l’étude des bactéries par microscopie, avec des exemples allant de la croissance et la morphogenèse bactérienne à la production de bioadhésifs pour l’attachement des bactéries aux surfaces lors de la formation de biofilms», a-t-il indiqué au cours d’une entrevue téléphonique.

En 2006, Yves Brun et son équipe de recherche multidisciplinaire ont fait une importante découverte: afin de parvenir à s’accrocher à une paroi – comme l’intestin –, une bactérie nommée Caulobacter produit une sorte de colle très résistante dès qu’elle entre en contact avec cette surface et à laquelle plusieurs milliards de bactéries se greffent pour constituer une colonie, aussi appelée «biofilm».

«L’apparition d’un biofilm est préoccupante, notamment chez l’humain, car elle peut être une source d’infections, explique Yves Brun. Et l’an dernier, nous avons découvert le sens du toucher de cette bactérie: la cellule projette cette colle un peu comme on lance une ligne à pêche et, lorsqu’elle atteint une surface, elle mord et s’y agrippe.»

Le professeur Brun a aussi imaginé une méthode par microscopie pour marquer, par fluorescence, la manière dont le mur qui maintient la forme des cellules bactériennes – le peptidoglycane – est synthétisé pour permettre la division cellulaire. Cette méthode est désormais utilisée à travers le monde.

«Elle permet de comprendre la croissance de la bactérie, sa division et sa morphogenèse, mentionne le scientifique. Ce mur cellulaire demeure l’une des meilleures cibles pour élaborer de nouveaux médicaments capables de faire fi de la résistance aux antibiotiques.»

La science comme un jeu

Lorsqu’il fréquentait l’école secondaire au Nouveau-Brunswick, Yves Brun considérait la science comme un jeu. Il faut dire que son père, qui enseignait la chimie et la physique au secondaire, a grandement contribué à rendre la science ludique en multipliant les observations et les expériences auprès de ses enfants.

«J’étais très intéressé par la science et aussi par la littérature et la poésie, se remémore l’homme de 57 ans. J’ai hésité entre le métier d’écrivain et une carrière de scientifique et c’est un professeur de journalisme qui m’a incité à opter pour la science. Encore aujourd’hui, la science est un jeu pour moi!»

Après avoir obtenu une maîtrise en chimie de l’Université de Moncton, puis un doctorat en biochimie de l’Université Laval, Yves Brun a effectué un stage postdoctoral à l’Université Stanford, en Californie. En 1993, il est recruté par l’Université de l’Indiana à Bloomington et, depuis, il a publié plus de 120 études scientifiques et dirigé plus de 50 étudiants aux cycles supérieurs. En outre, il a été directeur du Journal of Bacteriology de 2003 à 2017 – fonction qu’il occupe de nouveau depuis 2018 – et de la revue scientifique mBio de 2013 à 2016.

Adepte de l’approche interdisciplinaire

Une fois installé à l’Université de Montréal, Yves Brun continuera à étudier les mécanismes fondamentaux des processus bactériens.

«L’intérêt qu’on porte désormais au microbiote est important, mais on ignore toujours comment les bactéries accomplissent certaines fonctions, dit-il. Il reste encore beaucoup à faire pour déterminer la fonction de nombreux gènes des bactéries, pour comprendre comment elles communiquent et coopèrent entre elles, et comment elles agissent sur notre état de santé.»

Pour ce faire, le professeur Brun entend miser sur l’approche qui lui a permis de faire des percées scientifiques majeures: l’interdisciplinarité.

«Il y a des raisons professionnelles et personnelles qui m’ont incité à venir poursuivre ma carrière à l’Université de Montréal, lance-t-il. Sur le plan professionnel, la possibilité de travailler avec des chercheurs d’ici et de Polytechnique Montréal dont les champs de recherche sont connexes au mien m’a grandement séduit.»

Sur un plan plus personnel, les astres étaient alignés. «Ma conjointe et moi avons vécu à Montréal dans les années 90 et nous nous étions promis d’y revenir. Et c’est tous deux à titre de professeurs que nous y revenons», confie-t-il avec un sourire dans la voix.

En effet, sa conjointe, Julie Auger, est linguiste spécialisée dans l’étude du picard et elle fera sous peu son entrée au Département de linguistique et de traduction de l’UdeM!

Ce n'est donc pas impossible, alors, qu'Yves Brun – grand amateur de littérature – se remette un jour à l’écriture: après avoir remporté le premier prix de poésie à deux reprises à un concours littéraire interprovincial (Nouveau-Brunswick et Québec) en 1980 et en 1981, il a continué à écrire jusque vers le milieu de son doctorat.

«À l’époque, j’ai cessé d’écrire par manque de temps, mais avec mon retour à Montréal, qui sait?»

Symposium sur le microbiote: aide-mémoire

Le 1er Symposium sur le microbiote, qui aura lieu le vendredi 2 novembre, s’inscrit dans le contexte des célébrations du 175e anniversaire de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Les conférences, qui auront lieu à l’amphithéâtre Ernest-Cormier (salle K-500) du pavillon Roger-Gaudry, aborderont six grands thèmes:

  • la recherche fondamentale,
  • la résistance aux antibiotiques,
  • les maladies du système neuronal,
  • la cancérologie,
  • les maladies cardiovasculaires,
  • la santé animale et humaine.

En savoir plus sur ce symposium.