La Banque alimentaire de l’UdeM dépanne plus de 130 étudiants par semaine

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  • Le 2 novembre 2018

  • Mathieu-Robert Sauvé
C'est le lundi en après-midi que les étudiants viennent chercher leurs provisions.

C'est le lundi en après-midi que les étudiants viennent chercher leurs provisions.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Des bénévoles assurent la distribution gratuite de plus de 2,5 tonnes de nourriture par semaine aux étudiants dans le besoin de l’UdeM, notamment grâce au soutien de Moisson Montréal et de Centraide.

Éléa Gutierrez

Crédit : Amélie Philibert

Chaque lundi, de 130 à 180 étudiants dans le besoin viennent remplir à la Banque alimentaire de l’Université de Montréal deux sacs à provisions avec des légumes, des fruits et d’autres denrées qui leur permettront de s’alimenter sans frais. «Nos bénéficiaires sont des femmes et des hommes de tous les âges; plusieurs ont des enfants. Ils sont tous étudiants et vivent sous le seuil de la pauvreté», explique la responsable, Éléa Gutierrez.

Étudiante à la maîtrise en anthropologie, Mme Gutierrez a eu elle-même besoin d’une aide alimentaire lorsqu’elle était au baccalauréat. «Avec les droits de scolarité, un loyer et diverses factures à payer, je n’y arrivais plus», raconte l’étudiante française arrivée au Québec en 2014. Le plus difficile a été de surmonter la honte de faire appel à une banque alimentaire.

C’est l’organisme Moisson Montréal, soutenu par Centraide, qui fournit les denrées – de 2,5 à 3 tonnes de nourriture par semaine. L’Université de Montréal est la seule université montréalaise à envoyer des émissaires à l’entrepôt du chemin de la Côte-de-Liesse pour quérir ces aliments donnés par les grandes chaînes d’alimentation du Québec. Souvent considérés comme invendables parce que leur contenant est abîmé ou parce que la date de péremption approche, ces aliments sont parfaitement consommables.

Selon la gestionnaire des communications et du marketing de Moisson Montréal, Frédérique Gagnier, la Banque alimentaire de l’UdeM a reçu l’an dernier 79 778 kilos de nourriture, ce qui représente une valeur de 356 674 $. Il s’agit d’un volume presque deux fois plus important que l’année précédente en raison d’une augmentation substantielle de la demande.

Financé par Centraide du Grand Montréal, Moisson Montréal fournit 241 organismes communautaires agréés sur l’île de Montréal. Il s’approvisionne auprès de 304 fournisseurs agroalimentaires, dont une centaine de supermarchés.

La grande distribution

Avec une équipe de 12 à 15 bénévoles – qui bénéficient eux même des services de la Banque alimentaire – Mme Gutierrez participe chaque semaine à la distribution des vivres. L’opération consiste d’abord à transporter la nourriture du centre de distribution de Moisson Montréal jusqu’à la cafétéria du 3200, rue Jean-Brillant, où l’on a aménagé une aire pour la collecte. Les bénéficiaires, qui auront d’abord obtenu un numéro déterminant leur ordre de passage, reviennent en après-midi remplir leurs sacs à provisions.

Chacun d’eux doit avoir présenté une preuve de son statut d’étudiant et avoir démontré que son revenu annuel se situe sous un certain seuil – 24 328 $ pour une personne vivant seule.

«Nous avons été témoins de plusieurs histoires très touchantes de gens qui ont pu se nourrir et nourrir leur famille grâce aux denrées qu’ils ont obtenues à la banque alimentaire. Des gens qui n’avaient littéralement plus rien dans leur frigo», dit Mme Gutierrez.

Banque itinérante

Depuis 2013, la Banque alimentaire de l'UdeM peut compter sur la participation de nombreux bénévoles.

Crédit : Amélie Philibert

La Banque alimentaire de l’Université de Montréal existe depuis 2013. En 2018, l’équipe était finaliste au concours Forces Avenir dans la catégorie Entraide, paix et justice (universités).

Après avoir été logée au Département d’anthropologie et au café Math-Info, puis à l’entrée du pavillon André-Aisenstadt, la banque alimentaire se trouve aujourd’hui à une extrémité de la salle à manger de la cafétéria du pavillon 3200, rue Jean-Brillant. Éléa Gutierrez tient à remercier Pascal Prouteau, directeur des services de Résidences, hôtellerie et restauration à l’UdeM, qui a permis d’héberger ce service qu’elle qualifie d’essentiel.

La Banque alimentaire de l’Université s’appuie sur la générosité de ses bénévoles, mais ne pourrait fonctionner sans le soutien du Vice-rectorat aux affaires étudiantes et aux études par l’intermédiaire du Fonds d’amélioration de la vie étudiante, de Polytechnique Montréal et de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’UdeM.

La jeune femme souligne aussi que les dons à Centraide, qui finance Moisson Montréal, viennent soutenir la cause de l’aide alimentaire. La campagne de Centraide à l’UdeM est en cours jusqu’au 30 novembre.