«De l’avantage d’être né»

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Trois questions à Jacques Godbout (littérature 1954), qui a écrit «De l’avantage d’être né».

Les diplômés: Pourquoi ce récit autobiographique?

Jacques Godbout: Parce que des lecteurs, des collègues et des amis me le demandaient depuis longtemps. Je l’ai fait également pour mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Aussi parce que je tenais à consigner des traces de l’évolution de ma société et de ma génération. J’ai dû faire un inventaire de mes legs à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et j’ai profité de l’occasion pour plonger dans mon passé; j’en ai retenu ce qui m’est apparu le plus significatif et pertinent. Contrairement à ce que j’avais cru au départ, cela n’a pas été un exercice facile.

LD: Vous avez obtenu une maîtrise en littérature en 1954. Quels sont vos souvenirs de l’Université de Montréal?

JG: Je me souviens très clairement du long escalier en bois grimpant vers le Pavillon principal de l’Université de Montréal. J’y rencontre dès le premier jour de la rentrée de 1953 Ghislaine Reiher, qui est comme moi inscrite à la Faculté des lettres. C’est le coup de foudre. En redescendant les marches de cet escalier, j’ai obtenu son numéro de téléphone. Nous nous sommes fréquentés puis mariés au terme de nos études. J’avais 21 ans; j’en ai aujourd’hui 84. Elle n’a pas été que ma partenaire de vie, elle est ma première lectrice.

Jacques Godbout

Sur le plan intellectuel, j’ai d’excellents souvenirs de certains professeurs de l’Université de Montréal, dont le père Ernest Gagnon, qui était une encyclopédie vivante, et le très sérieux Pierre Angers, deux jésuites. Mais je me rappelle aussi la chape de plomb idéologique imposée par l’Église à l’UdeM. On a refusé que j’écrive un mémoire sur Jean-Paul Sartre, même Balzac était à l’index! Je me suis tourné vers Arthur Rimbaud, et nous sommes partis en Éthiopie, où le poète avait fait le commerce des armes.

LD: Vous avez été poète, romancier, éditeur, cinéaste. Quelle dimension de votre œuvre souhaitez-vous qu’on retienne?

JG: Ce n’est pas à moi de le dire. J’ai emprunté diverses voies pour exprimer ma vision des transformations de notre monde. Je ne peux pas affirmer que je suis plus fier de mes écrits que de mes films. Mais j’ai eu un certain succès avec plusieurs projets et j’ai eu beaucoup de chance. J’ai publié une trentaine de livres et tourné autant de films! Pourtant, j’ai l’impression de n’avoir jamais travaillé.

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De l’avantage d’être né
Jacques Godbout
Boréal

288 pages, 27,95 $