Objectif: Station spatiale internationale

Suzanna Randall

Suzanna Randall

Crédit : ESO/Astronautin

En 5 secondes

Diplômée en astrophysique, Suzanna Randall rêve de devenir la première Allemande à s'envoler pour l'espace.

Suzanna Randall, 39 ans, pourrait devenir la première femme de nationalité allemande à voyager dans l’espace. Titulaire depuis 2006 d’un doctorat en astrophysique de l’Université de Montréal, elle a été sélectionnée pour suivre un programme dont l’objectif est de former la première astronaute d’Allemagne et de l’envoyer, en 2020, en mission dans la Station spatiale internationale. On souhaite notamment étudier les effets de l’apesanteur sur le corps féminin. 

Retenue par la fondation européenne Astronautin (astronaute au féminin en allemand), Mme Randall se soumet à un entraînement où elle expérimente la microgravité et diverses situations de survie. Elle apprend aussi à maîtriser les bases du système de la Station spatiale internationale et acquiert des connaissances en robotique... «Elle est formidable et je suis très fier d’elle», dit le professeur Gilles Fontaine, qui l’a dirigée dans ses études doctorales sur les vibrations d’étoiles, l’astrosismologie. Il la décrit comme une surdouée qui parle le français parfaitement en plus de l’allemand, de l’anglais et de l’espagnol – elle a même suivi des cours de mandarin durant son séjour à l’Université de Montréal! 

L’astrophysicienne, qui occupe un poste permanent à l’European Southern Observatory (ESO), près de Munich, a répondu aux questions des Diplômés.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que vous étiez retenue pour suivre le programme Astronautin?

J’étais très contente. C’est mon rêve d’enfance de devenir astronaute! En réalité, je ne croyais plus à mes chances d’être sélectionnée par Astronautin, car, à l’issue du concours, deux femmes avaient été choisies et je n’étais pas du nombre. Mais l’une d’elles a quitté le programme à la fin de l’année 2017, libérant une place. J’ai su à ce moment-là que j’étais troisième sur la liste! Plus de 400 candidates s’étaient présentées à ce concours. Je n’ai donc pas hésité une seconde avant d’accepter. 

Comment se déroulera votre entraînement? Quelles sont vos chances d’aller dans l’espace et de devenir la première astronaute allemande?

Pour l’instant, je suis mon programme d’entraînement à temps partiel. J’effectue encore environ 70 % de ma tâche d’astronome à l’ESO. Alors ça avance lentement ! Le moment le plus intense, jusqu’à maintenant, a été de prendre part à des vols paraboliques. Cela consiste à expérimenter la microgravité pendant quelques secondes dans un avion spécialement aménagé qui monte et descend en piqué. 

Sur le plan théorique, je révise actuellement l’histoire de l’exploration spatiale. Je replonge dans des notions de physique et je découvre le fonctionnement des vaisseaux spatiaux, en particulier de la Station spatiale internationale. Je suis également une formation afin d’obtenir ma licence de pilote. 

L’année prochaine, d’autres modules d’entraînement seront à l’horaire. Il y aura des simulations en piscine où l’on trouvera des répliques de l’intérieur de la Station spatiale. 

À cette étape-ci du processus, je ne peux pas évaluer mes chances d’aller dans l’espace. De nombreux détails sont encore à préciser, notamment en matière de financement. Comme le programme Astronautin est une initiative privée, on a besoin des commanditaires pour que le projet se réalise. De plus, une seule des deux candidates sera choisie au terme de l’entraînement. 

Que gardez-vous de votre passage à l’Université de Montréal?

De merveilleux souvenirs. Mon doctorat m’a ouvert des portes, incluant celles d’Astronautin. Je garde en mémoire ma belle collaboration avec mon directeur de recherche, Gilles Fontaine. Nous sommes restés amis et collaborateurs. J’ai conservé des liens avec d’autres anciens étudiants et collègues. Et je garde aussi un petit accent québécois!