Santé mentale à l'UdeM: les étudiants et les employés donnent un coup de pouce

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  • Le 12 novembre 2018

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Les étudiants et les professeurs peuvent aussi donner un coup de pouce important dans l’écoute active de ceux et celles qui traversent une période difficile et, au besoin, les diriger vers de l’aide professionnelle.

Les étudiants et les professeurs peuvent aussi donner un coup de pouce important dans l’écoute active de ceux et celles qui traversent une période difficile et, au besoin, les diriger vers de l’aide professionnelle.

Crédit : Getty

En 5 secondes

En plus de l’aide offerte par le Centre de santé et de consultation psychologique, des étudiants et des employés de l’UdeM sont là pour écouter ceux et celles qui traversent une période difficile.

Les professionnels du Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) des Services aux étudiants à l’Université de Montréal jouent un grand rôle en matière de santé mentale sur le campus, mais ils ne peuvent pas tout faire. Les étudiants et les professeurs peuvent aussi donner un coup de pouce important dans l’écoute active de ceux et celles qui traversent une période difficile et, au besoin, les diriger vers de l’aide professionnelle.

«De façon complètement anonyme, sans avoir peur d’être jugés et sans crainte des conséquences sur leurs amitiés ou leur vie professionnelle, les étudiants viennent nous voir parce nous sommes sur un pied d’égalité et nous parlons le même langage», raconte Bénédicte Vergé-Brian, paire aidante à la Faculté des sciences infirmières de l’UdeM, qui croit beaucoup à cette approche où la communauté se prend en charge elle-même.

Bien sûr, le pair aidant, sélectionné pour sa capacité d’écoute active et sa volonté d’aider son prochain, ne se substitue pas au psychologue.

«Les pairs aidants ont été formés pour repérer les signes de détresse qui indiquent que l’étudiant a besoin de soutien professionnel, afin de l’orienter vers les bonnes ressources», dit Sylvie Corbeil, psychologue au CSCP et coresponsable de ce projet de pairs aidants avec sa collègue Florence Déplanche.

Mais elle est bien consciente que plusieurs personnes sont encore réticentes à l’idée de consulter un psychologue. «Il y a de la stigmatisation et, en même temps, les gens qui vivent une période difficile n’ont pas tous besoin d’une psychothérapie, affirme Mme Corbeil. Parfois, se confier à un étudiant ou une étudiante qui fait preuve d’une écoute attentive est suffisant pour passer à travers la crise. Et puis, on a toujours plus tendance à se confier à ses semblables.»

Engagée depuis le début dans le programme Pairs aidants en sciences infirmières, lancé en janvier, Bénédicte Vergé-Brian constate que cette expérience est également très enrichissante pour elle.

«Je développe mes habiletés en relation d’aide et il y a une réciprocité aussi, parce que les étudiants nous font réfléchir», précise la jeune femme, qui a elle-même bénéficié du soutien de pairs aidants lorsqu’elle a immigré au Québec et qui fait maintenant sa maîtrise sur ce type d’intervention.

Le CSCP a toutefois mis des balises claires aux pairs aidants.

Sylvie Corbeil

Crédit : Amélie Philibert

«Pas question qu’ils soient des aidants 24 h sur 24, déclare Sylvie Corbeil. On doit préserver leur espace de vie comme étudiants à la faculté. Ils donnent de leur temps au local d’écoute et ils sont disponibles à ce moment-là pour les étudiants qui ont besoin de se confier. Il n’y a pas de suivi qui est fait. Les pairs aidants ne sont ni des amis ni des ressources en cas de crise accessibles en tout temps.»

Les programmes de pairs aidants organisent en outre des activités de promotion de la santé dans leur faculté, par exemple sur les saines habitudes de vie.

«Nous voulons que les étudiants se rassemblent, nouent des relations saines et créent un milieu de vie où il y a de l’entraide plutôt que de la compétition», explique Sylvie Corbeil.

Le premier programme de pairs aidants a été mis en œuvre il y a trois ans à la Faculté de droit, à la suite de la demande d’un professeur. D’autres ont depuis été implantés par le CSCP à la Faculté des sciences infirmières, à la Faculté de médecine et à l’École de santé publique. D’autres encore viendront.

Des employés sentinelles

Des professeurs et des membres du personnel de soutien de l’UdeM ont aussi été invités à agir pour favoriser une meilleure santé mentale chez les étudiants à travers le programme Sentinelles. Une centaine de volontaires y prennent part.

Sébastien Côté

Crédit : Amélie Philibert

«Ils sont en première ligne pour déceler les premiers signes de dépression, de détresse psychologique ou d’anxiété des étudiants, alors ils gardent les yeux bien ouverts et se rendent disponibles pour accueillir un étudiant qui sent le besoin de se confier», mentionne Sébastien Côté, psychologue au CSCP et coresponsable de ce programme avec son collègue Philippe Tremblay.

Bien sûr, au besoin, la sentinelle dirige l’étudiant vers un professionnel qui pourra l’aider.

Pour se préparer à jouer ce rôle, les participants du programme ont suivi une formation avec Suicide Action Montréal pour repérer les signes de détresse chez les étudiants. D’autres thèmes seront abordés dans de futurs ateliers.

Ema Ferreira

Crédit : Amélie Philibert

Ema Ferreira, vice-doyenne à la Faculté de pharmacie de l’UdeM, est sensibilisée depuis longtemps aux problèmes de santé mentale dans la population étudiante et elle souhaitait l’arrivée d’un tel programme. Récemment, elle a accroché sur sa porte la petite enseigne de sentinelle qui dit «Je suis là pour toi».

«Si un étudiant passe devant mon bureau, il sait maintenant que je peux l’aider et nous avons également transmis l’information aux associations étudiantes», signale celle qui se réjouit de voir que plusieurs professeurs et membres du personnel de soutien sont maintenant formés pour mieux assumer cette fonction.

Christine Rothmayr Allison

Crédit : Amélie Philibert

Christine Rothmayr Allison, directrice du Département de science politique, s’est aussi spontanément portée volontaire pour devenir sentinelle.

«Lorsqu’on travaille avec les étudiants, on voit souvent des signes de détresse psychologique et, au fil les années, j’ai été confrontée à plusieurs situations plus ou moins graves pour lesquelles je ne me sentais pas toujours bien outillée afin de réagir adéquatement», relate-t-elle.

«Le programme Sentinelles vient donc créer un filet de sécurité pour les étudiants, ajoute Sébastien Côté. Ces gens sur le terrain jouent un rôle de citoyen bienveillant. On leur demande d’écouter, pas de régler les problèmes des étudiants. En cas de besoin, ils passent le relais aux professionnels.»