Fructueuse récolte de Prix du Québec pour l’Université de Montréal

Nouvelle médaille des Prix du Québec qui sera remise aux lauréats jusqu'en 2021.

Nouvelle médaille des Prix du Québec qui sera remise aux lauréats jusqu'en 2021.

Crédit : Éric Labonté

En 5 secondes

Manon Asselin, Christina Cameron, Lise Gauvin, Anne Bruneau et Gilbert Laporte obtiennent un des Prix du Québec.

Quatre professeures de l’Université de Montréal et un professeur de HEC Montréal remportent un Prix du Québec 2018, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec pour souligner une carrière et une contribution remarquables dans les domaines culturel et scientifique.

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation et ministre responsable de la région de Lanaudière, Pierre Fitzgibbon, ainsi que la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française, Nathalie Roy, ont dévoilé les noms des lauréats des Prix du Québec 2018. La cérémonie de remise des Prix a eu lieu le 21 novembre à l’hôtel du Parlement.

Trois lauréates culturelles

Manon Asselin

Crédit : Pierre Longtin

«Les Prix du Québec culturels témoignent de notre grande reconnaissance envers des femmes et des hommes qui ont contribué de manière exceptionnelle à la culture québécoise par leur audace et leur créativité», a déclaré la ministre Nathalie Roy.

Le prix Ernest-Cormier (architecture et design) est attribué à Manon Asselin, professeure à l’École d’architecture de la Faculté de l’aménagement et cofondatrice de l'Atelier TAG (technique + architecture + graphisme), qu'elle dirige depuis 1997. C’est cette firme qui a été choisie pour piloter la quatrième phase du plan d’aménagement de l’oratoire Saint-Joseph de Montréal, consistant à redessiner l’intérieur du dôme.

Mme Asselin est sans conteste une voix influente dans le discours architectural actuel au Québec. Elle s’est vu confier la responsabilité d’intervenir sur des éléments du patrimoine architectural moderne tels que la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts et le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein du Musée des beaux-arts de Montréal.

L’excellence d’une vingtaine de projets de concours d’architecture, auxquels Manon Asselin a pris part en 20 ans, est confirmée par une cinquantaine de prix et distinctions, dont une médaille du Gouverneur général en architecture et un New York Emerging Voices Award.

Grâce à un engagement pédagogique soutenu et dévoué, Manon Asselin accompagne et forme les nouvelles générations de praticiens à travers le prisme d’une architecture humaniste et novatrice. Par son apport considérable à l’éducation architecturale, la professeure Asselin démontre son attachement à sa discipline et son intérêt manifeste à la soutenir et à la promouvoir. C’est ainsi que, par une constance exemplaire dans la qualité de sa pratique et de son enseignement, Manon Asselin contribue à façonner de beaux lendemains pour l’architecture au Québec.

Christina Cameron

Le prix Gérard-Morisset (patrimoine) est remis à Christina Cameron, professeure à l’École d’architecture de la Faculté de l’aménagement et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti.

Christina Cameron est une spécialiste de renommée internationale de la conservation du patrimoine, hautement considérée pour ses contributions d’exception à la théorie et aux politiques du patrimoine. Depuis 2005, elle mène un programme de recherche sur la problématique de la notion évolutive du patrimoine bâti et sur les conséquences de cette évolution sur les processus de conservation, de mise en valeur, d'appropriation et de gestion. Elle dirige aussi plusieurs projets de recherche, dont celui sur l’histoire de la Convention du patrimoine mondial, des entrevues avec les pionniers de la Convention dans le cadre de l’initiative des archives orales de l’Unesco, une étude sur les valeurs patrimoniales du campus de l’Université de Montréal et une autre sur les approches canadiennes en matière de conservation du patrimoine bâti entre 1950 et 2000. Elle s’intéresse également aux questions de paysages culturels et aux conventions culturelles de l’Unesco.

L’apport intellectuel et la collaboration de Christina Cameron à divers groupes internationaux accélèrent l’avancement des connaissances sur les enjeux du patrimoine mondial. Théoricienne convaincante, source fiable pour les médias nationaux et étrangers, référence pour le remaniement de lois et de politiques, la spécialiste a vu son rayon d’action s’étendre sans cesse.

Lise Gauvin

Professeure émérite du Département des littératures de langue française de la Faculté des arts et des sciences, essayiste, critique littéraire, nouvelliste et plus encore, Lise Gauvin a reçu le prix Georges-Émile-Lapalme (qualité et rayonnement de la langue française).

Tout au long de sa carrière, Lise Gauvin a cherché à comprendre l’évolution parallèle de la langue française et de la littérature en plaçant côte à côte les auteurs de différents espaces francophones. L’interrelation de la langue et de l’écriture, elle l’a examinée dans tous ses rhizomes. Ainsi, elle a fait œuvre de pionnière en proposant un tableau d’ensemble de la situation de l’écrivain de langue française et en s’intéressant à la portée de l’acte d’écrire dans divers contextes.

Son œuvre se démarque tant par son étendue que par son unicité. En effet, tout en maintenant son point de vue comparatiste, elle est parvenue, en les scrutant avec constance et acuité, à jeter un éclairage nouveau sur les rapports de la langue française avec la littérature et la société québécoise. 

Ses publications lui valent les éloges de la critique et une large diffusion internationale. Pour leur pertinence et le caractère inédit de leurs lignes de force, ses travaux et ses concepts – dont celui de «surconscience linguistique» – font autorité.

La fabrique de la langue: de François Rabelais à Réjean Ducharme (2004 et 2010), Écrire, pour qui? L’écrivain francophone et ses publics (2007) et D’un monde l’autre: tracées des littératures francophones (2013); voilà quelques-uns des ouvrages majeurs qui jalonnent son parcours.

Depuis 2018, Lise Gauvin participe au Parlement des écrivaines francophones avec des auteures des cinq continents.

Deux lauréats scientifiques

Anne Bruneau

«Les lauréats des Prix du Québec scientifiques incarnent la détermination, la rigueur, le savoir-faire et le sens de l’innovation qui permettent au Québec de s’illustrer à l’échelle internationale», a souligné le ministre Pierre Fitzgibbon.

Le prix Armand-Frappier (développement d’une institution de recherche ou administration et promotion de la recherche) est décerné à Anne Bruneau, professeure de sciences biologiques, fondatrice et directrice scientifique du Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal.

La biologiste est reconnue pour avoir proposé une nouvelle classification des légumineuses. Animée par sa soif de découvertes, Anne Bruneau suit les traces du frère Marie-Victorin, qui a fondé l’Institut botanique, l’ancêtre de l’Institut de recherche en biologie végétale, et travaille à enrichir les connaissances sur la biodiversité.

En collaboration avec 97 collègues d’un peu partout sur la planète, elle a réuni les données de différents laboratoires pour soumettre une classification des légumineuses comportant six sous-familles plutôt que trois. Elle a ainsi contribué à renouveler une taxinomie vieille de 300 ans.

Mme Bruneau demeure très active en recherche, ayant publié plus de 80 articles dans des revues avec comité de lecture. Cette pionnière a aussi mis sur pied le Consortium des universités canadiennes sur la biodiversité ainsi que le projet Canadensys. Ce réseau regroupe les collections de plusieurs universités, jardins botaniques et musées canadiens qui hébergent des dizaines de millions de spécimens.

En 2016, Anne Bruneau a reçu le prix Acfas Michel-Jurdant pour ses travaux et ses actions dans le domaine des sciences de l’environnement.

En plus de contribuer activement à l’évolution de sa discipline, elle porte une attention particulière à la transmission des savoirs traditionnels. Elle se fait un devoir de renforcer cette base, essentielle à la compréhension de la biodiversité.

Gilbert Laporte

Crédit : Jean Martin

Notons également que le prix Marie-Victorin (sciences naturelles et génie) est attribué à Gilbert Laporte, professeur au Département de sciences de la décision de HEC Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en distributique. Au cours de sa carrière, il s’est vu décerner plus de 70 prix et distinctions pour la résolution de problèmes complexes de gestion qui ont des répercussions scientifiques, pratiques et sociales importantes.

Deux finalistes pour le prix Relève scientifique du Québec

Notons également que les candidatures d’Étienne Laliberté et de Vincent Larivière, professeurs à l’Université de Montréal, ont été retenues parmi les finalistes du prix Relève scientifique 2018. Ce prix est accordé à un chercheur québécois en début de carrière, reconnu pour l’excellence de ses travaux et démontrant des aptitudes à établir et à maintenir des liens constructifs avec les milieux de la recherche.

Étienne Laliberté est professeur au Département de sciences biologiques et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité fonctionnelle végétale.

Vincent Larivière est professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante, directeur scientifique de la plateforme Érudit et directeur scientifique adjoint de l’Observatoire des sciences et des technologies.