Apprendre avec un trouble du déficit de l'attention, c’est possible

  • Forum
  • Le 12 décembre 2018

  • Catherine Couturier
Josée Sabourin, psychologue au CÉSAR; Nicolas Fortin, coordonnateur au Soutien aux étudiants en situation de handicap; Magalie Loiselle, neuropsychologue au CÉSAR; Anne Plisson, orthopédagogue au CÉSAR; Katia Sokoloff, étudiante au doctorat à l’UdeM; et Rosalie Champagne-Hinojosa, étudiante de premier cycle à l’UdeM.

Josée Sabourin, psychologue au CÉSAR; Nicolas Fortin, coordonnateur au Soutien aux étudiants en situation de handicap; Magalie Loiselle, neuropsychologue au CÉSAR; Anne Plisson, orthopédagogue au CÉSAR; Katia Sokoloff, étudiante au doctorat à l’UdeM; et Rosalie Champagne-Hinojosa, étudiante de premier cycle à l’UdeM.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Les étudiants de l’UdeM avec un TDAH ont accès à des ressources pour les soutenir et pour sensibiliser la communauté aux réalités qu’ils vivent.

Alors que de plus en plus d’étudiants d’université présentent un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les Services aux étudiants (SAÉ) de l’Université de Montréal ont invité, le 3 décembre, quatre intervenantes et deux étudiantes à discuter des forces et des défis des étudiants aux prises avec un TDAH. Cette table ronde, tenue à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, s’inscrivait dans la campagne de sensibilisation sur la réalité des étudiants en situation de handicap Ouvrons les yeux.

En apprendre plus sur le TDAH

Près de la moitié des quelque 1800 étudiants en situation de handicap à l’Université de Montréal ont un TDAH. Pour Magalie Loiselle, neuropsychologue au Centre étudiant de soutien à la réussite (CÉSAR), plusieurs mythes doivent tomber. Ainsi, les personnes qui ont un trouble du déficit de l’attention ne sont pas nécessairement hyperactives ou paresseuses, elles ne manquent pas non plus de motivation. Et non, tout le monde n’est pas atteint de ce trouble. «Parfois, on entend des gens dire “Ah, j’ai oublié mes clés, c’est mon petit TDAH”», a-t-elle raconté. Si nous avons tous des moments d’inattention, les difficultés rencontrées par une personne avec un TDAH sont permanentes et constantes, elles se font sentir dans toutes les sphères de sa vie.

Katia Sokoloff, étudiante de troisième cycle, a reçu un diagnostic de TDAH à plus de 40 ans: sans le trait hyperactif, elle serait passée «sous le radar». «Je ne comprenais pas ce qui se passait, j’étudiais très fort, mais j’avais des mauvaises notes, et un 95 % de temps à autre», se souvient-elle.

«Par ailleurs, on parle beaucoup des défis, mais il faut aussi parler des forces», a souligné Josée Sabourin, psychologue au CÉSAR. «Quand on prend plaisir à ce qu’on fait, on excelle et on réussit souvent plus que nos collègues. Mais c’est vrai qu’on peut passer d’un extrême à l’autre. Lorsqu’on ne trouve pas de plaisir, c’est difficile d’ouvrir l’interrupteur», a illustré Katia Sokoloff.

Stratégies d’apprentissage

Même si la médication s’avère une précieuse alliée, Anne Plisson, orthopédagogue au CÉSAR, a expliqué qu’il est important de travailler plus largement en adoptant des stratégies d’études qui aident à surmonter le déficit d’attention. On peut ainsi diviser le travail à accomplir en microtâches et s’assurer que celles-ci sont diversifiées. Afin de gérer les distractions, on suggère par ailleurs de noter ses pensées sur papier. Les étudiants pourront aussi mieux se concentrer s’ils peuvent préparer les cours en repérant d’avance les thèmes et les concepts clés qui y seront abordés.

La préparation en vue du cours inclut la planification des moments d’attention… et d’inattention. En classe, l’étudiant avec un TDAH doit également s’installer à l’endroit qui favorisera son attention et veiller à avoir tout le matériel dont il a besoin.

Le rôle des enseignants

Pour les professeurs et chargés de cours, il peut par ailleurs être difficile de savoir comment soutenir ces étudiants. «On a besoin de flexibilité, de souplesse pour mieux fonctionner», a dit Katia Sokoloff, alors que Rosalie Champagne-Hinojosa, étudiante de premier cycle, a plaidé pour plus d’empathie.

Anne Plisson a mentionné qu’il est «important que les professeurs clarifient leurs attentes et le fonctionnement du cours». Les façons d’aider les étudiants avec un TDAH comprennent l’utilisation de présentations de type PowerPoint, structurées et fournies à l’avance; le rappel, pendant les cours, du lien entre les points abordés et le concept à l’étude; la diversification des méthodes d’enseignement.

Des services à connaître

Pour les étudiants

Les SAÉ de l’Université de Montréal offrent plusieurs services pour les étudiants ayant un TDAH:

  • consultations individuelles par le Soutien aux étudiants en situation de handicap;
  • groupes d’accompagnement qui permettent de s’informer sur le TDAH et sur les stratégies pour mieux travailler, et qui aident à briser l’isolement;
  • programme systématique d’intervention individuelle (d’une durée de 13 semaines);
  • ateliers et webinaires du CÉSAR sur de nombreux thèmes, comme la gestion du temps ou la préparation aux examens;
  • évaluation neuropsychologique;
  • programme de pairs aidants.

Pour les enseignants

Les professeurs qui se posent des questions par exemple sur les accommodements pour les étudiants avec un TDAH peuvent communiquer avec le Soutien aux étudiants en situation de handicap, qui fournit une aide et des formations sur demande*.

Des communautés de pratique existent également et le site des SAÉ offre les outils suivants:

*Les étudiants qui ont besoin de mesures d’accommodement doivent avoir reçu un diagnostic de TDAH et s’inscrire au Soutien aux étudiants en situation de handicap.