Trois questions à Daniel Normandin, directeur de l’Institut EDDEC

  • Forum
  • Le 16 janvier 2019

  • Catherine Couturier
Daniel Normandin

Daniel Normandin

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Daniel Normandin présente la plateforme Québec circulaire, visant à faire évoluer les connaissances sur l’économie circulaire et regroupant les projets et les acteurs qui les portent.

Cofondé en 2014 par l’Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (EDDEC), l’un des plus importants instituts dans le monde pour ce qui est de la recherche et de la formation dans ce domaine, a lancé, en décembre dernier, la plateforme Québec circulaire. Ce lieu virtuel veut améliorer la compréhension commune de l’économie circulaire, rassembler les initiatives sur ce thème à un même endroit et donner à ceux et celles qui les portent l’accès à l'information, aux outils et formations disponibles.

Pouvez-vous tout d’abord brièvement nous rappeler ce qu’est l’économie circulaire?

On aime définir l’économie circulaire en opposition à l’économie linéaire. Dans l’économie linéaire, le modèle économique dominant depuis l’ère industrielle, on extrait les ressources, on les transforme, on les consomme et on les jette; on agit comme si les ressources étaient illimitées sur la planète. L’économie circulaire essaie plutôt d’optimiser l’usage des ressources qui sont déjà extraites pour réduire la pression sur les ressources vierges et l’environnement. Pour résumer, ce modèle économique repose sur des ensembles de stratégies déployés de manière cohérente: le premier ensemble vise à réduire en amont l’utilisation de ressources (par l’écoconception par exemple); le deuxième, à intensifier l’usage des produits grâce entre autres à l’économie collaborative; par le troisième ensemble, on veut allonger la durée d’usage des objets; finalement, en fin de cycle, il reste le recyclage et la valorisation.

Parlez-nous de la nouvelle plateforme. Quel était le contexte de sa mise en place?

Il y a de plus en plus d’intérêt pour l’économie circulaire à l’échelle internationale, de la part des gouvernements, des entreprises et des individus. En 2015, l’Institut a mis sur pied un groupe de parties prenantes-influenceurs issus des milieux associatif, syndical, environnemental, gouvernemental et industriel pour faciliter la transition du Québec vers une économie circulaire. L’idée d’une plateforme est née des discussions avec ce groupe. Nous avons voulu réunir toutes les connaissances, les compétences, les formations, les outils et l’information à un seul endroit. Nous étions en relation avec des partenaires européens qui travaillent sur l’économie circulaire et qui avaient créé un réseau de plateformes Web collaboratives appelé economiecirculaire.org. Nous avons donc décidé de nous joindre à ce réseau européen, qui comptait déjà 4700 membres et 6 plateformes distinctes et qui facilite la diffusion des contenus de manière plus large et favorise les collaborations internationales. Le soutien financier du gouvernement québécois et de partenaires privés a permis la concrétisation du projet.

Quels sont les objectifs de la plateforme québécoise?

L’important, c’est de s’assurer que tout le monde a une compréhension commune de l’économie circulaire. Comme ce n’est pas un modèle économique solidement établi ‒ on a commencé à discuter de l’économie circulaire dans sa forme moderne vers 2010 ‒, il n’y a pas encore de définition consensuelle de ce qu’est l’économie circulaire et de ces composantes. La plateforme permet aussi d’inscrire en tant qu’organisation, en tant que gouvernement, etc., les initiatives d’économie circulaire qui sont mises en œuvre à l’échelle du Québec.

Il y a 300 membres et plus de 75 initiatives québécoises décrites sur la plateforme. Ça permet de faire évoluer la sensibilisation à ce nouveau modèle économique et sa compréhension. On y trouve des outils sur l’économie circulaire et il y aura également un répertoire des formations; l’Institut travaille en outre sur un cours en ligne ouvert à tous. On veut faire converger les champs d’intérêt, les projets et les ressources vers un endroit unique.

Nous souhaitons par conséquent inspirer, informer pour que les organismes, les gouvernements locaux, les entreprises et les individus passent à l’action et conçoivent des projets contribuant à l’économie circulaire à leur échelle. Cette transition devient absolument essentielle si l’on veut tendre vers un développement durable. On n’a pas d’autre choix que de passer par un modèle économique circulaire, capable de ramener la production et la consommation aux limites d’une seule planète…