Le chasseur d’exoplanètes SPIRou est prêt

Le système optique du spectrographe de SPIRou

Le système optique du spectrographe de SPIRou

Crédit : Sébastien Chastanet - CNRS/UPS/OMP

En 5 secondes

L'instrument scientifique SPIRou a reçu le feu vert pour commencer ses observations scientifiques au télescope Canada-France-Hawaii, situé en haut du Mauna Kea.

Livré au télescope Canada-France-Hawaii en janvier 2018, le spectropolarimètre infrarouge, SPIRou, a été soumis à des tests rigoureux pour mesurer sa performance et sa précision. Il peut maintenant commencer son exploration des systèmes planétaires autour d'étoiles naines rouges. Il permettra notamment d’observer le système TRAPPIST-1, situé à 39 années-lumière du Soleil et qui comprend sept planètes rocheuses de la taille de la Terre.

L'idée derrière SPIRou

L'idée de construire un spectropolarimètre est née en 2010, au moment où le nouveau télescope spatial Kepler mettait au jour quantité d'exoplanètes. Kepler ne permettait toutefois pas de connaître certains de leurs éléments comme leur masse. Des chercheurs de France, du Canada, du Brésil, de Taiwan, de Suisse et du Portugal ont donc entrepris de construire SPIRou, un spectropolarimètre infrarouge à haute résolution et un vélocimètre de haute précision. Le projet a été dirigé par Jean-François Donati, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Université de Toulouse III-Paul Sabatier, et René Doyon, directeur de l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) et professeur à l'Université de Montréal.

SPIRou portera une attention particulière aux exoplanètes semblables à la Terre qui orbitent autour des naines rouges, des étoiles plus froides et moins massives que le Soleil qui sont très nombreuses dans notre voisinage solaire. «Avec SPIRou s’ouvre une nouvelle ère dans la recherche de planètes analogues à la Terre et potentiellement habitables au-delà du système solaire», a souligné René Doyon.

Une équipe québécoise forte en instrumentation

Forts de leur expertise en instrumentation, le groupe de recherche en astronomie de l'Université de Montréal et celui en ingénierie optique de l'Université Laval étaient prêts pour collaborer à la construction de SPIRou. Les deux établissements ont un bagage considérable en élaboration d'instruments astronomiques qui a mené à la création du Laboratoire d'astrophysique expérimentale à l'Observatoire du Mont-Mégantic.

Le début des observations

Pour les quatre prochaines années, 300 nuits observation ont été allouées aux responsables du programme SPIRou Legacy Survey, dont 50 nuits d’observation dans les six prochains mois. En plus de l’analyse des systèmes découverts grâce au télescope Kepler, SPIRou deviendra un incontournable pour mesurer la masse de nouvelles exoplanètes qui seront révélées par TESS, le satellite de recensement des exoplanètes en transit, lancé par la NASA en avril dernier.

Les exoplanètes étudiées par SPIRou seront aussi des candidates idéales pour la mission du télescope spatial James-Webb – dont le lancement est prévu en 2021 –, qui permettra d’analyser les atmosphères des exoplanètes afin de déterminer si elles peuvent abriter des formes de vie.

Pour plus d'information

SPIRou a été conçu, financé et construit grâce à un consortium mondial d'instituts: IRAP/OMP/Université de Toulouse III-Paul Sabatier; Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble/Observatoire des sciences de l’Univers de Grenoble/Université Grenoble Alpes; Laboratoire d’astrophysique de Marseille/OHP/Institut Pythéas/Aix-Marseille Université; Institut d’astrophysique de Paris/Observatoire de Paris; et CNRS/Institut national des sciences de l’Univers en France; CNRC et OMM/Université de Montréal au Canada; l’Academia Sinica Institute of Astronomy and Astrophysics à Taiwan; l’Observatoire de Genève en Suisse; le Laboratoire national d’astrophysique au Brésil; le Centre for Astrophysics of the University of Porto au Portugal; et, bien sûr, le télescope Canada-France-Hawaii.