L’UdeM présente un budget équilibré

L’Université de Montréal sera en surplus budgétaire en 2019-2020 pour la quatrième année de suite.

L’Université de Montréal sera en surplus budgétaire en 2019-2020 pour la quatrième année de suite.

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Pour 2019-2020, l’UdeM présente un surplus qui permettra de poursuivre le remboursement du déficit tout en soutenant les projets liés à la transformation institutionnelle et l’ouverture du campus MIL.

L’Université de Montréal sera en surplus budgétaire en 2019-2020 pour la quatrième année de suite. Elle continuera de rembourser son déficit accumulé et pourra soutenir des projets menés dans le cadre de la transformation institutionnelle de même que l’ouverture prochaine du campus MIL.

Telles sont les principales conclusions qui se dégagent du budget de fonctionnement 2019-2020, adopté par le Conseil de l’UdeM le 24 avril. Ce budget, qui a été présenté aux instances de l’Université par le vice-recteur aux finances et aux infrastructures, Éric Filteau, est le neuvième de l’administration de Guy Breton.

«Ce budget est une excellente nouvelle, et je pense qu’il faut nous féliciter collectivement d’avoir bien géré l’argent qui nous est confié par l’État et par nos étudiants, a commenté le recteur de l’UdeM, M. Breton. Que ce soit en termes nominaux ou en termes relatifs, nous sommes moins endettés qu’avant: c’est un risque qui pèse un peu moins lourd sur notre communauté universitaire.»

Les revenus et dépenses de l’UdeM augmenteront respectivement de 2,5 % et de 2,7 % en 2019-2020. Les revenus totaliseront 828,6 M$, tandis que les dépenses s’élèveront à 824,6 M$. Le surplus, de l’ordre de 4,0 M$, sera entièrement affecté au remboursement du déficit accumulé, qui passera ainsi de 150,2 M$ à 146,2 M$, son plus bas niveau en 10 ans. Rappelons que, en 2010-2011, l’UdeM s’est engagée auprès du gouvernement à rembourser la moitié de son déficit accumulé sur une période de 20 ans.

Du côté des revenus, l’augmentation, qui se chiffre à 20,0 M$, est attribuable à une série de facteurs, dont les plus importants sont le réinvestissement gouvernemental, une subvention pour assurer le fonctionnement du campus MIL et l’indexation des droits de scolarité et des frais d’admission. La subvention du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur représente 68,2 % de tous les revenus de l’UdeM, tandis que les droits de scolarité et les frais d’admission comptent pour 16,0 % de l’ensemble des revenus.

Au chapitre des dépenses, l’année 2019-2020 marquera par ailleurs l’an 3 de la transformation institutionnelle. Ce projet, lancé en 2016, a pour double objectif d’actualiser la mission d’enseignement et de recherche de l’UdeM et de moderniser le fonctionnement général de l’établissement. Au total, 5,0 M$ seront alloués en 2019-2020 au financement d’initiatives liées à la transformation institutionnelle.

Les autres principaux postes de dépenses qui varient par rapport à 2018-2019 sont les bourses de recrutement d’étudiants étrangers, le secteur des relations avec les diplômés, les acquisitions des bibliothèques et les coûts de système ‒ en particulier les salaires, qui représentent 75 % de toutes les dépenses de l’UdeM.

L’UdeM profite par ailleurs des effets de la gestion serrée de ses dépenses ces dernières années. Entre 2016-2017 et 2019-2020, les dépenses, à moins d’imprévus, auront augmenté de 8,9 %, tandis que les revenus devraient connaître une hausse légèrement supérieure, soit de 10,0 %: l’écart, de 1,1 point de pourcentage, explique en bonne partie le comblement du déficit.

Réinvestissement et inscriptions: des hausses à la marge

Comme presque toutes les universités québécoises francophones, l’UdeM subit en ce moment le contrecoup de la baisse démographique observée dans la tranche d’âge des 15 à 30 ans. Depuis 2014, le nombre total d’étudiants inscrits dans les programmes de l’UdeM a diminué de 3,2 %, sur un effectif global d’environ 40 000 étudiants.

Néanmoins, l’Université prévoit l’an prochain, comme c’est d’ailleurs le cas cette année, une légère hausse de l’effectif, de l’ordre de 40 étudiants bruts, ce qui, par le jeu de la pondération disciplinaire, se traduira par une augmentation de revenus de 1,7 M$, subvention gouvernementale et droits de scolarité compris. Cette hausse globale peut cependant cacher des variations à la baisse dans certaines facultés.

Dans son plus récent budget, Québec honore l’engagement pris au printemps 2018 par le gouvernement précédent de réinvestir dans le réseau universitaire. L’UdeM continuera ainsi de toucher sa quote-part de cette nouvelle injection d’argent l’an prochain.

En dépit du réinvestissement, il faudra attendre 2021 avant que le réseau des universités québécoises retrouve le niveau de financement public observé neuf ans plus tôt, avant le début des compressions. L’an prochain, il manquera toujours 61,4 M$ pour rétablir l’équivalent des 2,7 G$ (en dollars constants) que Québec allouait aux universités en 2012.

Le recteur déplore la timidité du réinvestissement gouvernemental, au moment où les finances publiques sont en pleine santé. «Depuis que je suis entré en fonction, en juin 2010, la dépense par étudiant a augmenté de 2,6 % à l’Université de Montréal pendant qu’elle croissait de 21 % à l’Université de Toronto et de 27,8 % à l’Université d’Ottawa. Les universités ont entre leurs mains l’avenir professionnel de la génération qui monte et, pourtant, il persiste au Québec une inadéquation tenace entre les ressources qu’on alloue à nos universités et les attentes que la société place en elles.»

Consultez le budget de fonctionnement 2019-2020 de l’UdeM et la présentation du vice-recteur aux finances et aux infrastructures, Éric Filteau.  

De nouvelles règles de financement gouvernemental

Pour toutes leurs activités d’enseignement, les universités québécoises sont financées par l’État en fonction du nombre d’étudiants pondérés, la pondération tenant compte des coûts de formation: une université, par exemple, obtient 8,66 fois plus de subsides du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) pour former un étudiant en médecine dentaire qu’en psychologie.

En 2018-2019, le MEES a introduit une nouvelle grille de pondération des disciplines dans le calcul de la subvention d’enseignement, la plus importante des subventions versées aux universités. Cette refonte vient changer la répartition des crédits alloués aux 18 établissements universitaires du Québec. De façon générale, les poids disciplinaires de la nouvelle grille sont plus élevés que ceux de l’ancienne grille, ce qui a pour effet de hausser significativement le nombre d’étudiants pondérés. Comme elle le faisait avec la grille précédente, l’Université a revu certains facteurs de la pondération ministérielle afin de soutenir financièrement certains secteurs qu’elle estime désavantagés par la méthode de calcul de l’État.

Étudiants étrangers: des droits de scolarité dérèglementés

À compter de l’automne 2019, les droits de scolarité des étudiants étrangers seront dérèglementés à tous les programmes de premier cycle ainsi qu’aux programmes de deuxième cycle autres que les programmes de recherche. Chaque établissement aura la liberté de fixer lui-même le montant des droits totaux qu’il exige de ses étudiants étrangers ‒ les étudiants français et belge exceptés, en raison d’ententes intergouvernementales ‒ et conservera la totalité des sommes perçues auprès de ces étudiants. En contrepartie, le MEES cessera de verser aux universités les subventions d’enseignement, de soutien et de terrains et bâtiments.

Au cours des prochains mois, l’UdeM va procéder à l’analyse de cette nouvelle règle tarifaire pour déterminer précisément la hauteur des droits de scolarité qu’elle exigera des étudiants étrangers. Pour l’exercice 2019-2020, elle se limitera à appliquer aux étudiants étrangers la même hausse des droits de scolarité (3,6 %) que pour les étudiants du Québec.

Au sein des universités de langue française, des inquiétudes ont été exprimées quant à l’introduction de cette règle tarifaire. Plusieurs craignent que la dérèglementation des droits de scolarité des étudiants étrangers soit défavorable aux établissements de langue française, dont le bassin de recrutement n’a rien de comparable avec celui du monde universitaire anglophone. Le MEES a bien prévu une allocation de soutien pour aider les universités francophones à recruter à l’extérieur du pays et accroître ainsi le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans des programmes offerts en français: l’UdeM touchera à cette fin une enveloppe de 1,4 M$ l’an prochain. Mais la mesure est temporaire et il n’est pas dit que les efforts de recrutement se solderont par de nouvelles inscriptions.