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Raymond Lalande, vice-recteur aux relations avec les diplômés, aux partenariats et à la philanthropie

Raymond Lalande, vice-recteur aux relations avec les diplômés, aux partenariats et à la philanthropie

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

La soif de connaissances est une qualité précieuse dans un monde où les nouvelles vont vite, souvent relayées avant même d’être lues. Nous avons le devoir de bien aiguiser notre sens critique.

Dans moins de six mois, les élections fédérales seront dans l’œil du cyclone médiatique, entraînant avec elles leur cortège de prévisions. On entend déjà que les changements climatiques seront au cœur des débats. Mais qui peut prédire ce qui fera ultimement pencher la balance?

C’est justement ce que cherchent à faire les politologues, les chercheurs en sciences sociales et les spécialistes des instituts de sondage rencontrés pour ce numéro consacré à l’opinion publique. On la dit changeante, véloce, influençable et bien souvent imprévisible. Nos chercheurs la voient comme un objet d’étude capable de prédire l’issue d’enjeux majeurs.

Si je me prête volontiers au jeu des pronostics, force est d’avouer que je trouve l’exercice de plus en plus ardu. Les sondages et la fenêtre ouverte par les médias sociaux sur l’opinion publique, censés annoncer le vainqueur du scrutin, finissent-ils de brouiller les cartes? Faut-il pour autant blâmer les firmes de sondage, les fausses nouvelles et les Facebook de ce monde? La professeure Claire Durand, spécialiste de la méthodologie des sondages, nous apporte des réponses et beaucoup de nuances en nous expliquant pourquoi certaines erreurs n’en sont pas et comment les véritables erreurs font avancer la méthodologie des sondages. Les professeurs de science politique nous rappellent aussi que l’opinion publique se construit à partir de nombreux facteurs et que les médias sociaux ou traditionnels n’ont pas le seul mot en la matière.

Ainsi donc, plus qu’un jeu, les pronostics sont devenus un art, un domaine scientifique à part entière et une industrie. Je pense ici à Jean-Marc Léger, ce diplômé en sciences économiques à la tête d’une des plus importantes sociétés de sondage de la province. Son livre Le code Québec, paru l’an dernier, brosse même le tableau du peuple québécois à partir de trois décennies de sondages.

Pour ma part, si je devais écrire un livre sur les diplômés de l’Université, à en croire les résultats des enquêtes que nous menons régulièrement auprès d’eux, je dresserais le portrait d’une communauté curieuse, enthousiaste, prête à recommander chaudement son alma mater à qui souhaite poursuivre des études supérieures et, surtout, une communauté avide de culture et de savoir.

Cette soif de connaissances est une qualité précieuse dans un monde où les nouvelles vont vite, souvent relayées avant même d’être lues. En tant que diplômés et membres de la communauté universitaire, nous avons le devoir de bien aiguiser notre sens critique et de partager les informations que nous avons pris le temps de vérifier, les vraies informations.

 

Raymond Lalande, vice-recteur aux relations avec les diplômés, aux partenariats et à la philanthropie