Simon Harel s’inspire de la respiration de l’écrivain Thomas Bernhard

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  • Le 10 mai 2019

  • Mathieu-Robert Sauvé
Simon Harel s'est inspiré des problèmes de santé de Thomas Bernhard pour écrire son essai.

Simon Harel s'est inspiré des problèmes de santé de Thomas Bernhard pour écrire son essai.

Crédit : Amélie Philibert

En 5 secondes

Simon Harel présente à «Entre guillemets» son dernier livre, un «essai-dictée» intitulé «La respiration de Thomas Bernhard».

«Je parle sans effort, mais je ménage mes efforts, me disant que l’œuvre de Thomas Bernhard le requiert, car, quand on la lit longtemps, on finit par avoir peur de s’essouffler, de mourir asphyxié avant d’avoir pu vider son sac.»

C’est ce qu’écrit Simon Harel dans son dernier livre, La respiration de Thomas Bernhard. Le professeur du Département de littératures et de langues du monde s’intéresse à l’écrivain autrichien (1931-1989) et particulièrement à ses problèmes respiratoires. «Thomas Bernhard est un écrivain qui, toute sa vie, par le fait d’une maladie respiratoire chronique, va recourir à la littérature comme une forme de thérapie», explique à notre caméra l’auteur de cet «essai-dictée» de 250 pages. Qu’est-ce qu’un «essai-dictée»? C’est un genre propre à Simon Harel, qui narre ses textes de façon, badine-t-il, à éviter les bursites et tendinites associées à l’écriture manuscrite. Les enregistrements sont ensuite transcrits dans un fichier et retravaillés.

L’œuvre littéraire de Thomas Bernhard met en valeur «sa mauvaise santé comme une façon d’exacerber son désir de vivre et de faire en sorte que, par l’écriture, il puisse raconter le monde dans lequel il vivait», poursuit Simon Harel. Et l’écrivain a eu une vie tumultueuse, marqué par la montée du nazisme et par la guerre. Il apprend la mort de son grand-père maternel en lisant un journal. Empêtré dans divers scandales, il est maintes fois récompensé pour ses livres, mais il a la fâcheuse habitude de cracher dans la soupe…

Simon Harel affirme avoir écrit cet ouvrage «pour tous les gens qui aiment la littérature». Il ne s’agit surtout pas d’un essai académique. L’intention de l’auteur était «de faire en sorte que, par l’histoire d’un écrivain, Thomas Bernhard, on puisse “tomber en amour” avec la littérature».

Simon Harel, La respiration de Thomas Bernhard, Montréal, Groupe Nota bene, 2019, 250 p.

Simon Harel présente son dernier livre.
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