Des étudiants créent des campagnes publicitaires comme travail de session

  • Forum
  • Le 9 septembre 2019

  • Mathieu-Robert Sauvé
Le Dr Stanley Vollant est un des Autochtones présentés dans la campagne publicitaire d'Amnistie internationale.

Le Dr Stanley Vollant est un des Autochtones présentés dans la campagne publicitaire d'Amnistie internationale.

Crédit : Amnistie internationale

En 5 secondes

Les étudiants de Richard Leclerc sont amenés à concevoir de véritables campagnes de communication pour des organismes communautaires.

«Faut le croire pour le voir», dit le slogan d’une campagne publicitaire d’Amnistie internationale destinée à lutter contre les préjugés envers les Autochtones. «Parce qu'ils sont trop souvent représentés de manière négative ou stéréotypée, nous avons donné la parole à cinq Autochtones aux parcours inspirants pour les aider à briser les préjugés», peut-on lire sur le site où un chirurgien (Stanley Vollant), un hockeyeur (Mikisiw Awashish), une chanteuse (Elisapie Isaac), un chef cuisinier (Maxime Lizotte) et une politicienne (Marie-Ève Bordeleau) sont interviewés.

Lancée en juin 2019, cette campagne a été réalisée par quatre étudiants de l’Université de Montréal: Dominique Lefebvre, Amy Delafontaine, Camille Godin et Charles-Antoine Thériault, qui suivaient le cours Stratégies de création du certificat de publicité de la Faculté de l’éducation permanente (FEP). «L’équipe a réalisé un travail vraiment exceptionnel, mentionne le chargé de cours Richard Leclerc. Les étudiants ont très bien cerné l’intention du client et ils se sont distingués par leur produit final. Ils ont tout fait de A à Z: vidéo, montage, site Web, documents écrits.»

Les concepteurs de la campagne, toujours en ligne sur le site de l’organisme humanitaire, sont allés plus loin que ce que leur professeur attendait d’eux. «Le travail d’équipe consiste en la rédaction d’un plan de communication. Ici, les étudiants avaient de l’expérience en réalisation vidéo et en graphisme et ils ont voulu livrer un produit fini», poursuit le pédagogue, qui enseigne la publicité à l’UdeM depuis 35 ans.

Une approche pratique

Fondateur de l’agence virtuelle sans but lucratif Publici-Terre, spécialisée en publicité sociétale, Richard Leclerc aime amener ses étudiants et étudiantes à relever des défis semblables à ceux du milieu professionnel. Il a donc proposé à ses groupes d’imaginer des campagnes pour des clients qui ont de réels besoins de visibilité, mais qui n’ont pas toujours les budgets suffisants pour s’offrir des services professionnels. «Je sélectionne des organismes communautaires ou humanitaires sans but lucratif, car j’estime que les entreprises privées peuvent se payer des agences», précise M. Leclerc.

Une centaine d’organismes ont eu recours à ses services depuis le début de sa carrière. Certains, comme Amnistie internationale, sont revenus à plusieurs reprises frapper à sa porte. En juin dernier, c’est l’Association des personnes handicapées physiques de Brome-Missisquoi qui lançait sa campagne sur une application originale consistant à désigner les lieux accessibles aux fauteuils roulants. L’équipe gagnante, composée de Maxime Aubé, Pauline Ajzenberg et Myriam Ingrassia, a mis en valeur le fait que chaque commerçant offrant une meilleure accessibilité «jouit de ce qu’on appelle en marketing une valeur ajoutée», indique M. Leclerc.

L’annonceur vient présenter ses besoins au groupe en début de trimestre et les étudiants travaillent sur leur concept. À la fin du cours, il assiste aux différentes présentations et peut les utiliser sans frais.

Formation utile

Quand M. Leclerc est arrivé sur le marché du travail, il a constaté que l’enseignement qu’il avait reçu avait été très théorique et que la pratique n'avait pas occupé une grande place. Comme enseignant, il n’a pas voulu reproduire cette erreur. «Je reçois plus de demandes que nous sommes capables d’en traiter», déplore-t-il en ajoutant que sa contribution vient tout de même combler des besoins dans le milieu des organismes communautaires.

En plus de ses cours à l’Université de Montréal (Éléments de publicité au Département de communication, Stratégies de création et Publicités sociétales et humanitaires à la FEP), il donne des formations en marketing social à l’Université Senghor d’Alexandrie, en Égypte, et dans plusieurs pays d’Afrique francophones depuis 2005.

Faut le croire pour le voir
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