Une soirée spéciale célèbre les réussites autochtones

La 1re Cérémonie des réussites étudiantes autochtones a eu lieu le 12 septembre, à l’occasion de la 5e Semaine autochtone Mitig.

La 1re Cérémonie des réussites étudiantes autochtones a eu lieu le 12 septembre, à l’occasion de la 5e Semaine autochtone Mitig.

Crédit : Mélanie Dusseault

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Les réussites autochtones au pluriel ont été célébrées à l’UdeM dans le cadre de la Semaine autochtone Mitig.

Crédit : Mélanie Dusseault

La 1re Cérémonie des réussites étudiantes autochtones a eu lieu le 12 septembre, à l’occasion de la 5e Semaine autochtone Mitig. «C’est un moment important pour l’Université de Montréal, pour les étudiants et étudiantes. Je sais ce que ça représente, entrer à l’université, et devoir trouver sa place non seulement en tant qu’individu, mais aussi en tant qu’Autochtone», a dit Samuel Rainville, agent de liaison en soutien à la communauté étudiante autochtone aux Services aux étudiants (SAÉ) et l’un des organisateurs de la soirée.

Alors que par les années passées on procédait à des remises de bourses pour les Autochtones, l’activité cette année s’est élargie: «On tente quelque chose de nouveau. Nous voulons célébrer les réussites, et le pluriel est important. Chez les Premiers Peuples, la réussite n’est pas nécessairement un diplôme ou une bourse. Ça peut aussi être le début de l’année scolaire, la poursuite des études…», a indiqué M. Rainville.

La Cérémonie des réussites, organisée par les SAÉ en partenariat avec la Faculté de médecine de l’UdeM, s’est voulue un moment rassembleur: l’ensemble des étudiants autochtones de l’Université y avaient été invités. «C’est particulièrement réjouissant de voir le spectre des domaines d’études où se trouvent les étudiants autochtones», a d’ailleurs déclaré le recteur Guy Breton dans son allocution d’ouverture.

En présence de professeurs, de l’aîné mohawk Charles Otsi'tsaken:ra‎ Patton, de parents, d’amis et de membres de diverses communautés autochtones, 14 étudiants autochtones (en large majorité des étudiantes) sur les 55 étudiants autodéclarés y ont participé. Après l’ouverture officielle de la cérémonie par M. Patton, les nouvelles étudiantes ont été accueillies en s’inspirant du rite d’accueil des nouveau-nés dans la maison longue, sous la conduite d’Yves Sioui, coordonnateur du Programme des facultés de médecine pour les Premières Nations et les Inuits au Québec.

Tous les étudiants ont ensuite reçu une tresse de foin d’odeur pour marquer les étapes importantes de leur formation: «Pour chaque passage, un ruban est noué sur la tresse», a expliqué M. Sioui. La soirée a également permis de souligner la remise de la Bourse de la Famille Ricci pour les étudiants autochtones à Nicolas Masse-Savard, étudiant en études internationales et membre de l’équipe de natation des Carabins.

Les défis de l’entrée à l’université peuvent être nombreux pour les jeunes Autochtones, qu’ils soient financiers, sociaux ou identitaires. «On sent toutefois la volonté de l’UdeM de nous accepter, et cette soirée en est la preuve», a mentionné Mélanie Alice Napartuk, étudiante à la maîtrise.

Moira-Uashteskun Bacon

Moira-Uashteskun Bacon

Crédit : Melanie Dusseault

Moira-Uashteskun Bacon vient de la communauté innue de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. Elle commence sa deuxième année au baccalauréat en droit: «Mes parents sont tous deux allés à l’université; j’ai donc eu la chance d’être encouragée à poursuivre mes études universitaires», a raconté la jeune femme. Malgré les défis inhérents à la première année en droit, l’étudiante s’est jointe aux membres du Comité droit autochtone, qui propose entre autres des midis-conférences et des 4 à 7 avec des invités: «On essaie de sensibiliser le corps étudiant et la Faculté de droit aux questions et aux réalités autochtones», a-t-elle signalé.

Mélanie Alice Napartuk

Mélanie Alice Napartuk

Crédit : Melanie Dusseault

Originaire de Puvirnituq, au Nunavik, Mélanie Alice Napartuk a quitté La Tuque, où elle vivait, pour retourner aux études à 28 ans. «L’adaptation à la vie en métropole est difficile lorsqu’on arrive d’une petite ville, a confié la lauréate d’un prix Forces Avenir en 2017. L’Université est tellement grande et l’on est peu d’étudiants autochtones, donc on se croise rarement. Cette soirée est une belle occasion pour se saluer et s’encourager, et pour recevoir de l’énergie pour la suite.» En effet, celle qui a terminé son baccalauréat en nutrition en décembre dernier entame une maîtrise au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine en oncologie pédiatrique.

Carling Sioui

Carling Sioui

Crédit : Melanie Dusseault

Originaire de Wendake, près de Québec, Carling Sioui a été la seule dans la soirée à voir sa tresse de foin d’odeur nouée en cercle pour signifier la fin de son parcours. Elle a ainsi terminé son baccalauréat en architecture de paysage et entreprendra une maîtrise à Munich. «Nous avons des parcours et des enjeux qui nous sont propres et c’est important de le souligner. J’ai moi-même grandi en milieu urbain, donc j’ai moins vécu de bouleversements, mais plusieurs viennent de très loin», a-t-elle relaté. C’est pourquoi elle a été très présente au salon Uatik des SAÉ, qui se veut un espace culturellement sécuritaire pour se rassembler et parler des réussites comme des défis. «C’est important de se recréer une communauté», a-t-elle rappelé.

  • Sur la photo, de gauche à droite, rangée du haut: Yves Sioui, Julie Cotton, Carling Sioui, Daphnée Cardinal, Isadora Dumont-Harel, Guy Breton, Moira-Uashteskun Bacon, Meygan Tolley, Mélanie Alice Napartuk et Charles Otsi'tsaken:ra Patton; rangée du bas: Nicolas Masse-Savard, Gabrielle Paul, Sandrine Filiatrault, Cloé-Éloïse Morisset-Vollant et Catherine St-Louis.

    Crédit : Mélanie Dusseault