La légalisation du cannabis, un an plus tard

Une conférence sur les politiques relatives au cannabis a réuni deux spécialistes du sujet: Peter Reuter, de l’Université du Maryland, et Serge Brochu, de l'UdeM.

Une conférence sur les politiques relatives au cannabis a réuni deux spécialistes du sujet: Peter Reuter, de l’Université du Maryland, et Serge Brochu, de l'UdeM.

Crédit : Getty

En 5 secondes

Le 17 octobre, date anniversaire de la légalisation du cannabis au Canada, l’UdeM a été l’hôte d’une conférence sur la législation des drogues et l’application des lois en matière de stupéfiants.

Étudiants, professeurs, chercheurs et grand public ont pu assister le 17 octobre à l’Université de Montréal à une conférence réunissant deux spécialistes des politiques relatives au cannabis: les professeurs Peter Reuter, de l’Université du Maryland, et Serge Brochu, de l'UdeM.

Point de vue américain

Peter Reuter est professeur spécialisé en politique publique et criminologie à l’Université du Maryland et lauréat du 2019 Stockholm Prize in Criminology. Le professeur Reuter a parlé des apprentissages américains des dernières années, indiquant que le prix du cannabis avait considérablement baissé, mais que la consommation avait peu augmenté chez les jeunes, et ce, même après la légalisation dans certains États. Cependant, il a souligné que la consommation de cannabis s’est accentuée substantiellement et progressivement chez les utilisateurs d'âge moyen et plus âgés.

Le professeur Reuter a également évoqué l’émergence de nouveaux types de produits du cannabis et leurs différents taux de THC. Il estime aussi que le prix des produits pourrait varier en fonction de leur puissance, comme dans le cas de l’alcool.

Une question de santé publique

Pour sa part, Serge Brochu, professeur émérite de l'École de criminologie de l'Université de Montréal et chercheur au Centre international de criminologie comparée (CICC), juge que les questions liées aux drogues sont du ressort de la santé publique et qu’une réponse pénale n’est pas la solution. En revenant sur la première année de la légalisation du cannabis, il a noté que la loi n’a pas empêché les moins de 18 ans de consommer cette drogue ni empêché les profits du marché illicite du cannabis de se maintenir, voire de s’accroître.

En effet, il a indiqué qu’en 2019 seulement 21 % des parts de marché de tout le cannabis consommé au Canada proviennent du marché légal.

M. Brochu a rappelé que les prix dans les points de vente officiels ne sont pas concurrentiels pour le moment en raison du contexte de production, du contrôle de qualité et de l’infrastructure de distribution. Selon le professeur émérite, les objectifs de cette légalisation pourront être atteints à plus long terme. Il souhaite que le Canada fasse davantage la promotion d’une consommation responsable et des saines habitudes de vie.

Le 50e anniversaire du CICC

Ce colloque a été organisé par le Centre international de criminologie comparée à l’occasion de son 50e anniversaire. Les recherches effectuées dans ce centre interuniversitaire, rattaché à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Trois-Rivières, traitent notamment de corruption, du système carcéral, de terrorisme, de profilage, des victimes d’actes criminels, de la science judiciaire, de cybercriminalité, de crime organisé et de réinsertion.

Le CICC est le seul centre au Québec à s’intéresser de façon globale aux phénomènes criminels, à leur contrôle et à la sécurité. La mission du CICC consiste à rassembler des chercheurs qui travaillent dans une perspective multidisciplinaire afin de comprendre les processus susceptibles de freiner les comportements criminels ainsi que les différentes modalités d'intervention des organisations publiques, privées et communautaires pour y faire face.