«In memoriam»: Gilles Fontaine

L'astrophysicien Gilles Fontaine

L'astrophysicien Gilles Fontaine

Crédit : Amélie Philibert

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L'astrophysicien Gilles Fontaine, chercheur et professeur au Département de physique de l'Université de Montréal, est décédé le 1er novembre dernier.

Dès l’adolescence, Gilles Fontaine s’est passionné pour les étoiles. Au terme d’études en astrophysique qui allaient le projeter dans une brillante carrière de chercheur au Département de physique de l’Université de Montréal, il prend le temps de s’initier à la profession d’astronome. Cet ajout à son parcours aura été, selon ses propres mots, «la meilleure décision de ma carrière». Carrière exceptionnelle qui lui a valu un honneur bien particulier en septembre dernier, alors qu’on a donné son nom à un astéroïde découvert en 2010: 400811 Gillesfontaine. Gilles Fontaine est décédé le 1er novembre 2019.

Astrophysicien de renommée internationale, Gilles Fontaine était un éminent spécialiste des étoiles naines blanches. Il s’est particulièrement démarqué dans le domaine de l'astrosismologie, cette science qui consiste à interpréter les variations d'intensité lumineuse de la structure interne des étoiles dont la luminosité apparente change au fil du temps. Le professeur Fontaine et ses associés sont devenus les pionniers de l'astrosismologie des naines blanches, contribuant à la découverte et au décodage de nombreuses étoiles pulsantes. Au cours des dernières années, ses activités de recherche en astrosismologie et en évolution stellaire l’avaient amené à s’intéresser aux défis posés par la caractérisation des exoplanètes, l’un des grands enjeux de l’astrophysique contemporaine.

Membre du Centre de recherche en astrophysique du Québec, de l’Institut de recherche sur les exoplanètes de l’Université de Montréal et titulaire depuis 2000 de la Chaire de recherche du Canada en astrophysique stellaire, Gilles Fontaine aura signé plus de 200 articles scientifiques d'envergure, dont presque la moitié ont été publiés dans The Astrophysical Journal, la revue la plus réputée dans le domaine de l'astrophysique.

Interrogé quant à la principale réalisation de sa carrière, Gilles Fontaine évoquait la mise sur pied, en 1981, d’une équipe de recherche en astrophysique à l'Université de Montréal avec son collaborateur principal, François Wesemael, ainsi qu’avec l’appui de Pierre Bergeron et Pierre Brassard. Sa notoriété et sa capacité à motiver de jeunes étudiantes et étudiants talentueux ont permis au groupe de recherche sur les naines blanches de devenir une véritable institution internationale.

Gilles Fontaine a remporté de nombreuses distinctions. Parmi la constellation de prix qui lui ont été décernés, mentionnons le prix Marie-Victorin du gouvernement du Québec, le Prix de l’auteur de l’Acfas, la bourse Killam du Conseil des arts du Canada et son entrée à la Société royale du Canada. Deux associations scientifiques canadiennes lui ont décerné des prix pour l’ensemble de sa carrière: la Société canadienne d'astronomie lui a remis le prix Carlyle S. Beals en 2000 et l’Association canadienne des physiciens et physiciennes lui a accordé sa médaille en 2016.

Des étapes marquantes de la carrière scientifique de Gilles Fontaine

  • 1979: le magazine américain Physics Today souligne l’importance des travaux du jeune physicien sur l’équation d’état de la matière dense utilisée dans la construction de modèles numériques d’étoiles évoluées.
  • 1982: avec ses collègues des universités du Texas, de Rochester et du Colorado, il prédit de manière théorique, et il découvre subséquemment, une nouvelle catégorie d’étoiles pulsantes, les naines blanches du type DB, une première dans le domaine de l’astrophysique.
  • 1987: il propose une nouvelle méthode pour déterminer l’âge de l'Univers, basée sur la capacité à mesurer celui des naines blanches les plus évoluées par des calculs de refroidissement.
  • 1996: les travaux de son groupe de recherche établissent les bases en matière d'astrosismologie des étoiles sous-naines, à l’origine d’une fraction des naines blanches, aux instabilités vibratoires jusqu’alors insoupçonnées.
  • 2012: ses travaux font partie du palmarès des 10 découvertes de l’année de la revue Québec Science.
  • 2019: l’astéroïde 2010 GF153, découvert lors d’un sondage profond effectué par le télescope Wide Field Infrared Explorer de la NASA, est baptisé 400811 Gillesfontaine en son honneur.