La cyberintimidation et l’identité de genre vues par la troupe Théâtre Université de Montréal

Léo Domingue, Yardley Alexis et Gabrielle Desmeules

Léo Domingue, Yardley Alexis et Gabrielle Desmeules

Crédit : David Fogel

En 5 secondes

La 60e saison de la troupe Théâtre Université de Montréal se poursuit avec le drame «Les sentinelles», présenté les 24 et 25 janvier.

La troupe Théâtre Université de Montréal (TUM) accueille pour la troisième fois le diplômé Oliver Sylvestre, qui propose une mise en scène de son propre texte, une œuvre théâtrale inédite bien ancrée dans la réalité.

«Le temps passe pis au bout d’un moment on arrive plus à décoller les yeux de son écran: c’est magique»

Des adolescents seuls devant des écrans. Ils décident de créer un forum: un nouveau monde à eux. La cyberintimidation, l’identité de genre et la dépendance aux jeux vidéos sont des thèmes au cœur de l’œuvre d’Olivier Sylvestre. En écrivant Les sentinelles, il voulait «créer un monde virtuel qui est plus inclusif et bienveillant que le monde réel». Pourtant, bien que chacun y trouve son havre, ce monde ne sera jamais une utopie à l’abri de l’envahisseur.

Camille Rioux, étudiante à la maîtrise en ergothérapie et interprète du personnage d’Eurydice, explique que le forum créé par les adolescents est un refuge nécessaire pour les personnages, car le monde extérieur est trop pourri. Toutefois, la laideur laissée à l’extérieur parviendra à s’infiltrer dans le forum tôt ou tard. On assiste effectivement à la décente aux enfers, littéralement, de son personnage inspiré des mythes d’Orphée et d’Eurydice. D’autres personnages familiers peuplent cette plateforme, notamment Achille, le roi des hackers, et la jeune Alice, otage de son cauchemar webcam.

Les huit autres étudiantes et étudiants de la distribution (Yardley Alexis, Rachel Bédard, Gabrielle Desmeules, Léo Domingue, Ysé Gobert Waterlot, Anna Hornung, Maxime Monrat et Dominique Langlois) verront aussi leur personnage établir des connexions d’amitié sur ce forum, mais Camille Rioux précise «qu’ils ne se connaissent au fond que par le filtre du système. Ils peuvent ne montrer que ce qu’ils veulent montrer». Et la question se pose: est-ce qu’on peut avoir une meilleure amie ou un meilleur ami qu’on n’a jamais rencontré en personne?

Pour évoquer le cyberespace, des projections sur les murs et le plancher serviront de seul décor. 

À propos de l’auteur et metteur en scène

En 2011, Olivier Sylvestre a terminé sa formation en écriture dramatique à l’École nationale de théâtre du Canada. Il a remporté le prix Gratien-Gélinas pour son texte La beauté du monde. Il a également attiré l’attention grâce à ses pièces de théâtre jeunesse: La loi de la gravité a gagné plusieurs prix en France et en Allemagne tandis que son Guide d’éducation sexuelle pour le nouveau millénaire sera monté au théâtre Denise-Pelletier dans le courant de l’année. Le diplômé du baccalauréat en criminologie de l’Université de Montréal a également déjà joué au TUM dans une dizaine de productions pendant ses études et a codirigé les pièces L’aquarium en 2014 et Tu peux faire tout ce que tu veux en 2017. Les sentinelles sont sa troisième mise en scène au TUM.

Discussion avec Lorraine Pintal

Pour célébrer ses 60 ans, le TUM reçoit Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde. Elle participera à une discussion avec l’équipe du spectacle le vendredi 24 janvier après la représentation.

Diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 1972, Lorraine Pintal a commencé sa carrière de metteuse en scène au sein de la troupe Théâtre Université de Montréal, le Centre d’essai ayant présenté ses trois mises en scène de 1973 à 1976.

Les représentations

La représentation du vendredi 24 janvier à 20 h sera suivie d’une discussion avec Lorraine Pintal et l’équipe du spectacle.

La représentation du samedi 25 janvier à 20 h sera suivie d’une discussion avec le metteur en scène et les interprètes. Il y aura une autre représentation le samedi à 15 h.

Les représentations auront lieu au Centre d'essai de l'Université de Montréal, pavillon J.-A.-DeSève, 2332, boulevard Édouard-Montpetit (station de métro Édouard-Montpetit ou autobus 51).